I. Danimarlin-en-(joelle
a. La si|rnature seule est autographe.
5° Affaire du Chapitre de Meaux.
Vu par Nous, évêque de Meaux, les actes et délibérations du chapitre de l'Eglise cathédrale de Meaux et des sieurs de Lusancy, Delpy et Le Taillandier ' , par lesquels ils se seraient rapportés à Nous pour régler les différends survenus entre eux au sujet de la vente des maisons canoniales, application et distribution du prix, circonstances et dépendances, des cinq et septième de mai et dix-huitième de juin dernier ; opposition desdits sieurs de Lusancy, Delpy et Le Taillandier
5» — Archives Nationales, E 1924, 10 juillet 1703. Inédit. Il est parlé à plusieurs reprises de cette affaire dans le Journal de Ledieu (t. II, p. 45 1 à 456). On y voit que Bossuei avait agi de concert avec le chancelier Pontchartrain, et qu'à l'effet d'être autorisé à régler ce différend, il avait adressé au Roi un placet, que nous n'avons pu retrouver.
I. Le sieur de Lusancy, qui figure dans cette affaire, est plus connu sous le nom de l'abbé de Goraer. L'abbé de Lusancy, son frère, n'était plus chanoine de Meaux en i^oS : il avait obtenu en 1694 l'autorisation de percevoir une pension de deux cent trente livres sur sa prébende, qu'il avait résignée, et dont il avait été pourvu en 1676 (Archives Nationales, X'B^iSgi, lo février 1694 ; cf. notre tome VII, p. 125). — Jacques Saturnin Delpy, que Ledieu qualifie de « fiérot, hautain et méprisant », était Toulousain. Il était entré au Séminaire Saint-Sulpice le 20 juin 1695. Dès le mois de mai de 1697, il était résidant à Meaux comme chanoine. On voit alors M. Leschassier lui écrire une lettre sur l'attitude de Saint-Sulpice dans la querelle du quiétisme (Corresp. de Fénelon, t. VII, p. 422). Il était encore de ce monde en 1725, et c'est lui qui, le 3 septembre 1708, se rendit adjudicataire de la maison canoniale de Jean Phelipeaux (T. Duplessis, Histoire de l'Eglise de Meaux, t. II, p. 446 ; Ledieu, t. IV, p. i8i et 189 ; cf. p. 186, 187 et 276). — Guillaume Le Taillandier, avant d'être chanoine de Meaux, avait été curé de La Ferté-sous-Jouarre jusqu'au mois de septembre 1702. Il devait mourir d'apoplexie à soixante-trois ans, le 9 juillet 1707. « Il fait, dit Ledieu, des legs pieux à la cathédrale, à tous les couvents d'hommes de Meaux, à tous les pauvres et à tous les hôpitaux, même à l'église et aux pauvres de La Ferté-sous-Jouarre, où il a été curé, et donne cent livres de rente à sa servante sa vie durant, avec son ameublement » (Ledieu, t. III, p. 197, 198 ; t. IV, p. 79 et 119 ; cf. notre tome IV, p. 16.)
à la vente de la maison du défunt sieur Hannier '^, chanoine de ladite église, du troisième de mars dernier ; appel comme d'abus desdits trois opposants, du vingt-quatrième de mars mil sept cent trois, des conclusions capitulaires du dix-neuf de mars et sixième d'août mil six cent trente-six ; mémoires du chapitre et desdits de Lusancy, Delpy et Le Taillandier ; tout vu et considéré, Nous sommes d'avis que, sans s'arrêter aux conclusions capitulaires des dix-neuf de mars et sixième d'août mil six cent trente-six, arrivant le décès des chanoines possédant actuellement des maisons canoniales, elles soient vendues, louées ou données à rente en chapitre à un chanoine, après trois publications et affîches, pour en jouir sa vie durant, et les deniers provenant de la vente, location ou rente, affectés au fonds du réfectoire ^ de l'église, et néanmoins du consentement des parties et pour le bien de la paix, que le prix de la première vente soit délivré en entier à leurs héritiers pour celte fois seulement, eu égard aux améliorations, embellissements et augmentations qu'ils y ont pu faire ; pourront même lesdits chanoines actuellement possesseurs des maisons, en disposer par donation, vente, résignation et testament en faveur d'un des chanoines de lad* église pour cette fois seulement ; et après eux, les chanoines acquéreurs ou possesseurs ne pourront plus en disposer, mais
a. Le chanoine Pierre Hannier, mort en i684, avait laissé pour héritier son frère Jacques Hannier, chef de la paneterie de la Reine, assesseur de la ville de Meaux et administrateur de l'Hôtel-Dieu, substituant aux enfants de celui-ci les biens dont il avait lui-m^me hérité de son cousin germain, le chanoine Jean Dantan. Les neveux du chanoine Hannier étaient Pierre Hannier, qui fut avocat du Roi au bailliage et prévôt de Meaux, et François Hannier, aussi avocat du Roi en 1701 ; leur sœur Madeleine épousa Jean-Baptiste Terrier, lieutenant civil et criminel au présidialde Meaux. Jacques Hannier ayant négligé d'acquitter la fondation faite par le chanoine Dantan en faveur du village de Moreuil, y fut contraint par un arrêt du Parlement (Archives Nationales, X'B 8898, la mai 1710). Le chanoine Hannier avait eu pour successeur dans sa prébende François Ledieu, secrétaire de Bossuet.
3. Hcfrcloirc, réparations. Ce sens ne se trouve pas dans les dictionnaires.
arrivant la vacance de la prébende, après la première mutation, quelle qu'elle soit, elles seront adjugées en chapitre en la manière ci-devant prescrite ; pourront néanmoins les chanoines honoraires jouir de leurs maisons et les conserver leur vie durant, à la charge d'y demeurer. Fait et donné au château royal de Versailles, ce dixième jour de juillet, l'an mil sept cent trois. Jacques Bénigne, é. de Meaux*.
Sur ce qui a été représenté au Roi étant en son Conseil par les doyen, chanoines, et chapitre de l'église cathédrale de Meaux que les S" de Lusancy, Delpy et Le Taillandier, chanoines de lad^ église, ayant interjeté appel comme d'abus des conclusions capitulaires des 19 mars et 6 août i636 qui rendaient les maisons canoniales héréditaires, ils étaient prêts d'entrer dans un procès dont les longueurs et les difficultés troubleraient la charité qui doit être entre eux, qu'ayant réfléchi à leurs obligations et à la sainteté de leur devoir, dont rien ne les éloignerait davantage que ce procès, et s'étant assemblés plusieurs fois pour chercher les moyens de le terminer à l'amiable, tout le chapitre et lesd. trois appelants comme d'abus seraient convenus de se soumettre au jugement de leur évêque, lequel, approuvant leurs bonnes intentions et les raisons qu'ils avaient d'éviter un procès, avait donné son jugement en forme d'avis, par lequel il a réglé leurs difficultés, qu'ils suppliaient très humblement Sa Majesté, que son zèle et sa piété rendent toujours attentive au bien de la religion, d'assurer et d'en ordonner l'exécution afin de maintenir par là l'union dans leur chapitre. Vu lad. requête dud. chapitre et desd. de Lusancy, Delpy et Le Taillandier, l'opposition desd. de Lusancy, Delpy et Le Taillandier à l'adjudication faite en chapitre d'une maison pour le prix de quinze cents livres qui seraient délivrées aux héritiers du chanoine à qui elle appartenait, du 3 mars dernier, ledit appel comme d'abus, actes et délibérations dud. chapitre et desd. appelants par lesquels ils se sont soumis au jugement dud. évêque de Meaux, des 5 et 7 mai et 18 juin derniers, lesd. conclusions