‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 104 sur 224 · Correspondance de Fénelon. t. IX, p. 33i · texte numérisé non relu

Correspondance de Fénelon. t. IX, p. 33i

5. C'est ainsi qu'au xvne siècle, on désignait le célèbre Jean-Pierre Camus, évèque de Belley, ami de saint François de Sales (Voir notre 1. VII, p. 3a8). Dans sa Première lettre en réponse à celle de M. l 'évèque de Meaax, t. VI de ses Œuvres, p. 261, et dans Les principales propositions du livre des Maximes justijiée$,{. VIII, p. 3ao, Fénelon rapporte que l'évèque de Belley, disciple de saint François de Sales et son ami, fut accusé, de i63g à 16/42, d'enseigner l'illusion sous le nom du pur amour, dans ses livres de Caritée et dans son Apologie du pur amour. Bossuet écarte cet auteur comme étant confus et sans précision clans sa théologie. Cf. plus loin, p. 23o.

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dit ici effrontément aux cardinaux que la Faculté de Paris, en 1692. avait approuvé la doctrine de l'amour pur de M. de Cambrai in lerminis*. Le cardinal Nerli et le cardinal Casanate m'ont demandé des éclaircissements sur ce fait : je les ai assurés que cela était faux, et pour preuve j'ai allégué le silence de toutes les parties.

Il n'v a plus de temps à perdre pour nous envoyer tout ce qui nous est nécessaire. Vous avez oublié le reste du vœu7, dont vous ne m'avez envoyé qu'un cabier. Au reste, il faut qu'on soit ici pleinement informé des intentions du Roi 8 ; qu'on fasse connaître que, plus on voudra ménager à Rome M. de Cambrai, moins on le fera en France; qu'il convient que par le décret on rende justice sans acception de personne, sans ménager les erreurs, pour éviter toutes les difficultés et donner la paix à la France. J'espère bien du jugement, si le nonce et le Roi continuent de parler.

C'est jeudi 25 que se tiendra devant le Pape la dernière congrégation pour entendre les qualificateurs. Apparemment on y prendra la résolution de donner quelque temps aux cardinaux pour former leur vœu ; après quoi ce sera à eux à parler. M. le cardinal de Bouillon partira vraisemblablement vendredi pour Frescati. On rendrait un grand service à la bonne cause, si l'on pouvait l'empêcher de voter.

J'ai vu le cardinal Carpegna, et j'ai eu une longue conférence avec lui. Je suis comme assuré de ses sentiments : il comprend bien que son intérêt s'accorde en cette occasion

6. Dans les mêmes termes. On ne trouve rien de tel dans les registres de la Faculté, pour cette année.

7. Du projet de censure qualifiée dont Bossuet avait envoyé le commencement le 20 juillet précédent, et qui, dans la pensée de l'abbé, servirait de modèle aux examinateurs du livre. Voirp. 80, 223, 23o et 23g.

8. La police, alors, semblait se relàcber de sa rigueur contre les écrits de Fénelon. « Il n'y a rien à faire à l'égard de ceux qui distribuent les lettres de M. de Cambrai ; continuez seulement de veiller à tout ce qui se passera sur ce sujet, afin de m'en tenir informé » (Pontchartrain à d'Argenson, dans la Correspondance administrative, édit. Depping, t. II, p. 727). Voir cependant la Correspondance de Fénelon, t. IX, p. 5i5 et 571. Cf. plus haut, p. !\o.

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avec sa conscience. Celui avec lequel il travaille m'a promis un entretien avant de rédiger son vœu. Je puis vous dire la même chose du cardinal Ottoboni.

Le cardinal Nerli continue à me parler très bien, depuis qu'on est déterminé à examiner la doctrine. Il est vrai que ce cardinal a perdu un œil à lire les livres de M. de Cambrai.

M. de Monaco va à la Cour prendre ses instructions; ne m'oubliez pas auprès de lui. J'ai reçu de lui une réponse très honnête au premier compliment que je lui ai fait ; je n'en ai point encore à la seconde lettre que je lui ai écrite sur l'affaire. Peut-être ne jugera-t-il pas à propos de me répondre avant d'avoir connu par lui-même les dispositions de la Cour.

Je n'ai pu encore voir le cardinal Noris pour lui rendre ce que vous m'avez chargé de lui dire. Je crois que le cardinal Ferrari est bien décidé contre les erreurs de M. de Cambrai. Je lui ai donné vos ouvrages sur les psaumes et les livres de Salomon, qu'il a reçus avec beaucoup de satisfaction. Je n'ai pas fait semblant d'être instruit de ce que lui avait écrit le P. Alexandre9.

M. de Reims m'a écrit une lettre, du ierde ce mois10, sur le fait du religieux de distinction dont vous parlez dans votre Relation, qu'il dit être le P. de La Chaise, ajoutant que ce fait lui a été raconté par le R. P. confesseur lui-même : cela fait bien voir la hardiesse de M. de Cambrai et son impudence. M. le cardinal de Bouillon a voulu voir la lettre de M. de Reims : je l'ai montrée au cardinal de Spada et à d'autres ; je crois que M. de Reims ne le trouvera pas mauvais. Cette lettre lui fait honneur, car elle est très bien écrite, et en peu de mots il dit tout ce qu'on peut dire sur cet écrit de M. de Cambrai.

Ce que vous ferez sur les actes imperati de la charité, sera ici très à propos et très bien reçu : je ferai bien valoir ce que vous m'en écrirez.

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