‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 120 sur 224 · Voir p. 80, ao4, a3o et 23g · texte numérisé non relu

Voir p. 80, ao4, a3o et 23g

11. Le Roi écrivit en ce sens au cardinal de Bouillon (Affaires étrangères, Rome, t. 38g, f°s i56 et i5g, \!\ novembre i6g8. Cf. plus haut, p. igG et 218).

Vous aurez vu l'argument que veut tirer M. de Cambrai du thème que vous avez donné à Monseigneur12. On tâche de le faire ici bien valoir, surtout M. le cardinal de Bouillon; mais cela est pitoyable. 11 faut pourtant que vous disiez un mot là-dessus; cela regarde les faits. Il me semble qu'il n'a jamais dit plus nettement que dans cette troisième lettre, qu'il faut exclure le motif de la béatitude pour faire des actes de charité parfaite, etc.

J'envoie à M. de Paris la défense de Sfondrate par le P. Gabriclli. Je sais qu'on en envoie un exemplaire aujourd'hui à M. de Reims. Je veux faire ce plaisir à M. de Paris, pour lui faire voir qu'on le18 compte pour quelque chose: je le prie de vous la communiquer. Cette défense n'est fondée que sur l'autorité d'auteurs inconnus, comme la défense qu'on emploie pour M. de Cambrai n'est appuyée que suides mystiques ignorants.

Le Pape se porte à merveille. Il dit l'autre jour à deux cardinaux qu'il fallait décider les points de doctrine par l'autorité des Écritures et des Pères, et non par celle de quelques mystiques. On m'a assuré qu'un défenseur de M. de Cambrai l'étant venu trouver, il lui avait dit qu'il fallait prouver par un texte exprès de l'Écriture l'opinion de M. de Cambrai14; ce qui embarrassa fort cet habile homme. Il paraît qu'il s'est souvenu de ce que je pris la liberté de lui dire là-dessus dans ma dernière audience, et ce qu'on lui a depuis répété.

M. le cardinal de Bouillon est à Frescati depuis trois jours.

L'Inquisition générale d'Espagne a condamné le mémorial

13. L'anecdote, tirée de Joinville (Histoire de saint Louis, LXXXV1I), de la bonne femme d'Acre qui eût voulu détruire le paradis et l'enfer afin que Dieu ne fût pas servi par crainte du châtiment ni par amour de la récompense (Troisième lettre pour servir de réponse à celle de M. de Meaux.XlU, p. &9; cf. Bossuet, Remarques sur la Réponse, conclus.^ III, 30 et 21 et Correspondance de Fénelon, t. IX, p. 4a5 et 5s5. Voir aussi H. Bremond, Histoire du sentiment religieux, t. I, p. i83).

l3. Ici finit l'autographe conservé à Melun.

ï4. L'Écriture est remplie de textes sur l'amour de Dieu: le Pape mettait au défi d'en trouver un seul qui exclût l'espérance.

•oct. 1698] DE BOSSUET. 225

présenté15 au roi d'Espagne sur les affaires de Flandre, par les jésuites au nom de leur général. On m'a assuré que la Congrégation des cardinaux du Saint Office avait fait remercier l'Inquisiteur général. Cela fait enrager les jésuites, qui se rendent tous les jours plus odieux et plus méprisables. Que fera-t-on à la Cour du P. Valois?

M. Poussin ne pense plus à l'agence16. Il a bien de la reconnaissance de votre bonne volonté. Il parait très ferme sur l'affaire de M. de Cambrai.

J'ai à vous prier de vouloir bien écrire à M. le Grand duc en faveur d'un gentilhomme17 qui est ici, afin qu'il lui donne de l'emploi dans ses troupes. Je ne vous demande cette recommandation, qu'après que vous aurez appris de ceux qui sont marqués dans ce mémoire que je vous envoie, que vous recommandez un homme de mérite et qui sait son métier. Du reste, je puis vous assurer que c'est un fort honnête homme, qui a beaucoup d'esprit, et qui me fait ici tous les jours mille plaisirs. Il sera recommandé de ce côté-ci fortement à M. le Grand duc ; mais il est persuadé que le témoignage que vous rendrez de lui sur les informations que vous aurez prises sera d'un grand poids et lui fera faire sa condition meilleure. Ce pauvre gentilhomme est dans le même cas que M. de Pluvaux18. Vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir que de le servir; c'est un fort bon sujet. J'écris en sa faveur à M. le cardinal de Janson. Je vous prie de vous concerter là-dessus avec lui, si vous vous rencontrez. Com-

i5. Par les jésuites, contre Hennebel et les théologiens de Lou- ▼ain, accusés de jansénisme.

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