‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 126 sur 224 · II. De 1692. Voir p. 20A · texte numérisé non relu

II. De 1692. Voir p. 20A

oct. 1698J DE BOSSUET. q3i

peu précise qu'il n'y a point à s'inquiéter de ce qu'il dit.

Je ne répète point ce que j'ai mandé par mes précédentes de mon voyage à Fontainebleau pour, le 29, revenir faire la Toussaint, et le lendemain y retourner, pour ne plus quitter la Cour que tout ne soit fait.

Suscription : A Monsieur, Monsieur l'Abbé Bossuet, à Rome.

1788. — Fraxçois Campioni a Bossuet.

Illaslme ac Revme Dne Dne Colend™.

Opus Illustrissime vestrae Dominationis de Statibus oradonis italice redditum1, in manus amplissimi clarissimique nepotis tradidi, seu verius restitui. Clamât enim res pro domino, omnibusque sseculis pro vestra Illustrissima Dominatione clamabit opus illud aureum ; quia semper, etiamsi in fronte non gereret nomen auctoris, proderet pro auctore virum orbis miraculum, emporium theologica? disciplinas veritatumque revelatarum encyclopsediam, scilicet Illustrissimam vestram Dominationem. Restitui, ut inquiebam, sed et cui multum ornamenti, multum energia? detraxi : nec enim pura defluit aqua, si deferatur canali cœnosa. Verumtamen quasi suum redoleret auctorem, opus excepit inclytus vir, in hoc, ut et in caeteris, generosam patrui benignitatem semulatus; qui sciret, ubi res bona fide possidetur, non qualis fuit ab initio acquisita, sed qualem habet, cum reddere cogitur possessor, reddendam. Ita est, Prsesul amplissime : opus decoloratum reddidi; et non me puduit, et vos

Lettre 1188. — L. a. s. Collection E. Levesque. 1. Campioni avait entrepris de traduire l'ouvrage de Bossuet sur les Etats d'oraison (Voir p. 53).

2 3 a C 0 II B E S lJ 0 N D A N C E [oct. 1 6g -,

non otl-ndi . Quid enim me pudeaf aliéna redderer quid vos.

. *ç J in eo -tatu quo reddi non recipi non p ssuntS EU I

. : in transferendia .1 c', qaietismi structioni nunc allaboro. Equidem optarem imposuisse uJtimam mannm : çra .'- librum tracto,

sarium œnseo nostryj Italie; sod alia complura pro mea tenuitate oegotia, pneserti n pro nonnullia Romanis

gatîonibns, ralamnm retardant, imo et quandoque pet diea abstrahunt Nihilominua jam a : crediderim qnam âto complendum, omnino iane anteqnam feratni d lostrnm stylum, al>

examiiiatoribus de| dd tacari Palatii

apostolici rna^istrurn.

Quando antem Qlustrissima restra Domi satîm-

prirni poase, iri eam sententiam ■ ut addainr

altéra Pra (atio ta I latur de

»ria dignitate, zelo, doctrina Librisque impres- - l at enim restrae [Hustrissima Dominationii ceL etiam in : ien apud riroa insigi

remotâorilnu regionibus, d ; .'. transmittendnm

extingnendo quietismo, adhnc rulgua ignorât pretium

liam pei manna mlgi tractandua erit liber. Proptcrea si erit imprimendus de ordine restrae Dominationia, patîatur

u adnlari ■■ ra .■ easit et gerit, non

sibi offérri, - mo nepoti, qnem al patrui

imaginu

Jam rit restra Qlnstrissima Dominatio meam

dissertatîonem de necessitate amoris2, atiqne non con mon Galliarnm. Islic enim optant plerique mon, baace contrôler-: a- a^-itari v.lo potin», ut aiunf. positive qnam m . oec aliam ego methodnm ambirem. At in

talia delectantni pluie-. scholaaticia illationibus; et plane decebat opinioni neganti aecessitatem amoria detrahi icho-

. quo; pleno otc bnecinabant, et etiam num I

j. Qa déji été parlé r'e cette d ; 177.

oct. 1698] DE BOSSUET. 233

riant. Contra quorum scnsa ego scripscrim libellum, propediem sanclœ Inquisitionis tribunali propterea dcferendum. Et illud perbelle accidit, quod necdum natum ut suffocarent, corruperunt arte operarium impressoris; cujus fraude contigit ut ante me libri exemplar habuerint, exaratisque ad quinque folia animadversionibus institerint apud sacri Palatii apostolici magistrum, ne permitteret evulgari. His incassum tentatis, alii, qui nec in limine dissertationem salutarunt, minantur nunc acriorem sancti Oiïicii censuram : cujus ego judicium prsevertam, et opusculum litabo flammis, si luce illud indignum dixerit Illuslrissima vestra Dominalio, qui et pro dignitate, et pro doctrina, fuit mihi semper eritque legitimus judex.

Hoc unum scio, me tempérasse calamum, ne quid excideret quod ansam pra'beret obtrectandi ; nunquam vel acriori verbo castigavi opinionem opposilam ; nunquam memini amoris Dei super omnia. Fateor, si quid valent rationes adductse, valere pro boc amore super omnia et eflicaci. Efficaciter et super omnia débet inlendi inhabitantia Spiritus sancti, vel explicite ut lalis, vel confuse sub vocabulo justificationis ; efficaciter et super omnia débet desiderari ; efficaciter et prae omnibus débet eligi ; efficaciter et prae omnibus amore justificationis odio habenda sunt peccata ; efficaciter et super omnia proponenda est nova vita in Cbrislo. Elicitis his actibus, sine quibus justificatio nullatenus posset sperari, nondum peccator justiticabitur ordinarie loquendo, nisi in vi illorum omnium efficaciter ponat quœ Cbristus ponenda prœcepit ut actu justilicemur, nempe confessionem sacramentalem cum suis omnibus partibus essentialibus. An haec vera sint, sana sint, ortbodoxa sint judicet Illustrissimus Praesul, cujus ajque judicio ac definitioni me subjicio, utpote Illustrissimae et Keverendissimœ vestra) Dominationishumillimus, obsequentissimus et addictissimus famulus

Franciscus Maria Gampionus, Apostolicus in Urbe cleri examinator.

Roinse, \{\ octobris 1698.

234 CORRESPONDANCE [oct. 1698

1789. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.

Rome, ce i4 octobre 1698.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 21, deCompiègne. Je vois avec beaucoup de satisfaction qu'on approuve l'exposé du mémoire que j'avais remis à M. le cardinal de Bouillon : je n'ai garde d'en rien témoigner ici. Vous croyez bien que j'ai été aussi fort aise qu'on ait agréé ma conduite et la manière dont j'ai parlé à S. S., qui est conforme à l'écrit que j'ai envoyé. Quoique le Roi ne vous ait rien dit de l'écrit, il est certain qu'il l'avait reçu quand vous lui avez parlé, car M. le cardinal de Bouillon le lui a sûrement envoyé1. Au reste, je n'ai de ma vie parlé de prolonger; au contraire, j'ai toujours dit que, si l'on pouvait finir bien par une bonne décision formée en vingt-quatre heures, on ne pouvait trop se hâter de la donner; mais la chose était visiblement impossible, et la précipitation avec laquelle on désirait conduire l'affaire avait pour but d'empêcher un jugement décisif. M. le cardinal Spada me le dit encore avant-hier, et me confirma qu'il avait assuré M. le cardinal de Bouillon que je n'avais jamais demandé de délai, mais bien une prompte et bonne décision, faite sans précipiter. Il me dit en même temps qu'il croyait l'avoir écrit à M. le nonce, mais qu'à tout hasard il le lui marquerait aujourd'hui. Je ne sais si M. de Paris a bien entendu tout ce que je lui ai écrit là-dessus : j'ai tâché de m'expliquer très nettement partout. M. le cardinal de Bouillon et les jésuites sont désespérés que l'affaire soit au terme où elle est, et que le Pape se porte si bien.

Une personne qui sait ici ce qui se passe de plus secret, m'a dit qu'elle croyait savoir de bonne part que le Pape avait fait assurer depuis peu le Roi que l'affaire se terminerait à son

Lettre 1189. — 1. L'abbé, en cela, ne se trompe pas (Affaires étrangères, Rome, t. 38g, f°8 20 et 85).

oct. 1698] DE BOSSLET. 235

contentement; mais qu'il fallait un peu de temps pour faire le tout comme il faut, et pour qu'il ne parût pas de précipitation : vous saurez mieux que moi ce qui en est. Cela se rapporte assez à la manière dont on prend la chose et à la disposition du Pape, qui est aussi bonne que jamais.

J'ai reçu par le dernier courrier vingt-cinq exemplaires de la traduction italienne de votre Relation, un exemplaire relié pour le Pape, un pour le cardinal Spada et les deux autres pour le Grand duc et pour le comte Magalotti2. J'attends le premier ordinaire pour en envoyer à Florence à ceux que M. l'abbé Régnier me désigne. J'adresserai celui du Grand duc à M. l'abbé de Gondi, à qui j'écrirai en même temps;

2. Laurent Magalotti, gentilhomme de la chambre et conseiller d'État du Grand duc. De famille florentine, il était né à Rome le l3 décembre i63-, de Françoise Venturia et d'Horace Magalotti. Celui-ci avait une charge à la cour d'Urbain VIII, dont le frère, Charles Barberini, avait épousé Constance, fille de Vincent Magalotti. Laurent Magalotti était en relations avec un grand nombre de lettrés en Europe ; il était lui-même versé dans les sciences et possédait les langues savantes. Il fit partie des académies de la Crusca et des Arcades, et aussi de la Société royale de Londres, et fut secrétaire de l'Académie del Cimento. Il mourut le 2 mars 1712. Parmi ses nombreux ouvrages, on cite surtout Saggi di naturali esperienze faite nell' Academia del Cimento, Florence, 1666, in-fol. ; une introduction à la concorde des Évangiles de Jansénius de Gand : Specchio délia vita di G. Cristo, Florence, 1680, in-8 ; Relazione délia China, eavata da un ragionamento tenuto col gesuita Grueber, Florence, 1697, in-12 ; Lettere famigliari (contre les athées), Venise, 1719, 2 in-4 (Quirini, Commentarius, t. I, p. 21, !\2 et 112; Negri, Istoria degli scrittori fwrentini, Ferrare, 1772, in-fol.; Aug. Fabroni, Vitae Italorum doctrina excellentium, Decas II, Rome, 1769, in-8, p. 161 ; Tiraboschi, Storia délia lelleraluraltaliana, Milan, 182/i, in-8, t. VIII, p. 35g et 689). — Il y avait alors en France un autre comte Magalotti (Bardode' Bardi, i63o- 1705), qui avait été sur le point d'épouser une sœur de Bossuet. Il était neveu par sa mère du comte Magalotti, favori de Mazarin, tué au siège de La Mothe-en-Bassigny, en i645 (Cf. notre tome I, p. 4î5; J.-B. L'Hermite de Soliers, La Toscane française. Paris, 1661, in-4, p. 448 ; Saint-Simon, t. I, p 258 et t. XII, p. 4Ô2 ; Sourches, passim ; Le Pippre deNœufville, Abrégé de la maison du Roi, t. III, p. 66-6y ; Pinard, Chronologie historique militaire, t. IV, p. 264-260 et t. V, p. 27 et 28 ; Dictionnaire des bienfaits du Roi, Bibliothèque Nationale, fr. 7667, f° 63).

a36 CORRESPONDANCE [oct. 1698

et je me servirai de cette occasion pour l'engager à faire renouveler les instances de son maître auprès de cette cour, où il a beaucoup de crédit et où il a Tort bien fait jusqu'à présent.

Tous les cardinaux et les prélats du Saint Office ont déjà la traduction de votre livre. On la trouve très bien faite, d'un pur toscan et digne de son auteur. On a peine à s'imaginer qu'un Français puisse posséder une langue étrangère avec toutes ses délicatesses, dans une aussi grande perfection que M. l'abbé Régnier fait l'italien. Son Anacréon3 est ici connu et estimé de tout le monde, et cette dernière traduction ne lui fera pas moins d'honneur ;. On ne saurait nous en trop envoyer : il faut en remplir toute l'Italie5. M. l'abbé Régnier ne voudra-t-il pas encore traduire la réponse à laquelle vous travaillez?

Je portai dimanche à S. S. l'exemplaire pour elle; mais, par malheur pour moi, le Pape venait dans le moment d'apprendre que l'Empereur voulait, à quelque prix que ce fût, conclure sa paix avec le Turc, môme sans la Pologne et les Vénitiens. Celle nouvelle l'avait mis de très mauvaise humeur. Je m'en aperçus d'abord : je n'eus garde de demeurer longtemps et d'entrer dans le fond de l'affaire. Je me contentai de lui présenter le livre, que je lui dis avoir été traduit par M. l'abbé Régnier exprès pour lui. Je le louai et le remerciai de l'application qu'il témoignait dans notre affaire. Je me plaignis de M. le saciïste, qui n'avait pas encore donné son vœu, et qui par là paraissait vouloir retarder, tous les autres vœux étant entre les mains des cardinaux. S. S. m'assura qu'elle y mettrait ordre; M. le cardinal Spada m'a promis la

3. Le Poésie d'Anacreonte tradotte in verso toscano, Paris, l6g3, in-8, et Florence, i6g5, in-12.

II. « Le traducteur a affecté beaucoup de termes du vieux toscan, qui ne plaisent pas trop ici » (Chantérac, 18 octobre 1G98, Correspondance de Fénelon, t. IX, p. 5 12).

5. On ne comprend pas cette nécessité, si Bossuet et les prélats ses alliés se proposaient seulement d'écrire pour désabuser les fidèles induits en erreur par les écrits français ou latins de Fénelon. Cf. la lettre du iS octobre, p. a44-

oct. 1698] DE BOSSL'ET. 23;

même chose. Ce prélat 6 mériterait quelque mortification de la part de la France; mais M. le cardinal de Bouillon le traite mieux qu'aucun, et il est public qu'il ne peut souffrir ceux qui sont contraires à M. de Cambrai.

Je sais depuis trois jours que le P. Damascène a eu par la scala sécréta' plus de huit ou dix conférences avec M. le cardinal de Bouillon depuis un mois. Il en est de même d'Alfaro et du sacriste. La cabale, de la part de ceux qui approchent le plus la personne du Pape, est grande et se remue beaucoup pour M. de Cambrai : elle fera tout son possible pour adoucir les coups.

On médite un projet dont j'ai été averti depuis quelques jours. Ce prélat dont je vous ai parlé dans mes dernières lettres % confident de M. le cardinal de Bouillon, et qui nous a abandonnés, il y a un an, si vilainement, est chargé de l'exécution. Il veut y faire entrer le cardinal Ferrari, et depuis quinze jours il a de grandes conférences avec lui9. Je n'ai pu encore rien découvrir du particulier de ce projet, et je n'ai pas été sans inquiétude à cet égard. Pour tâcher de

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