Foucher de Careil : le temps de ces matières
oct. 1698] DE BOSSUET. 2^3
qu'une charité conforme à la sagesse, j'avais touché ce beau problème : « Comment nous, qui faisons tout pour notre bien, pouvons-nous aimer sans intérêt », dans la préface de mon Code diplomatique du droit des gens*, et j'ai cru que la définition de l'amour servait à le résoudre. Car aimer n'est autre chose que trouver son plaisir (je dis plaisir, et non pas utilité ou intérêt) dans le bien, perfection, bonheur d'autrui, et qu'ainsi, quoique l'amour puisse être désintéressé, il ne saurait pourtant être détaché de notre propre bien, le plaisir y entrant essentiellement.
Mais, comme vous avez approfondi ces matières, ce serait noetuas Alhenas* que de vous en parler davantage. Ceci n'a été que pour vous marquer qu'étant informés de vos grands travaux, nous avons été moins disposés à vous importuner. Aussi, par celle-ci, je ne pense qu'à me conserver au moins l'honneur de vos bonnes grâces, étant avec ardeur, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Leibniz.
Hanover, — d'octobre û8.
Suscription : A Monsieur l'Évêque de Meaux.
1 79 1 . — A l'Abbé Bossuet.
A Menux, 18 octobre 1698.
Je viens de recevoir votre lettre du 3o. Le courrier ' que nous dépêchons exprès pour porter ma
k- Codex juris gentium diplomalicus, Hanovre, 1693, in-fol., Proefatio ad lectorem.
5. Noetuas Athenas mittere, locution proverbiale, comme porter de l'eau à la mer. Cicéron la cite aussi sous sa forme grecque : yXocux' Et« 'A8ifvats (Ad Quintum, 1. II, xvi; Ad Famil., 1. VI, m).
Lettre 1191. — 1. Ce courrier, nommé Maurisseran, était chargé de cent exemplaires, sans parler de ceux que devait emporter de Lvou l'ordinaire suivant. Antoine Bossuet met son fils en garde contre les exigences du sieur Maurisseran, qui a touché de diverses mains pour
llxfx CORRESPONDANCE [oct. 1698
réponse à celle de M. de Cambrai sur la Relation, doit être parti ce matin. J'avais fait le mémoire ci-joint2 pour l'accompagner : le passage de Mme la duchesse de Lorraine3 m'a fait perdre le temps de l'envoyer.
Je serai lundi* à Fontainebleau, où je ferai bon usage de vos lettres, et surtout de la dernière.
Faites voir mon mémoire latin à tous les cardinaux auxquels vous croirez devoir le montrer.
Il n'y a qu'à dire que nos écrits ne font rien au jugement du livre accusé, et que nous les publions uniquement pour l'instruction du peuple5.
J'ai su ce qui s'était passé sur la lettre de MalavalGv par vous ou par M. Phelipeaux.
son voyage 1 45o livres, au lieu de I OOO ou 1 100 qu'on donnait d'habitude, et qui néanmoins ne fit pas diligence (E. Griselle, Fénelon, p. 212 et 218 à 220).