Il a été parlé de Noblet au tome VIII, p. 3i/j
6. A la date du 27 octobre, Phelipeaux (t. II, p. 167) écrit : « Granelli me dit que nous avions trois choses à craindre : i° l'intérêt de chaque cardinal, aucun d'eux ne voulant se brouiller avec le ministre du Roi à l'approche d'un conclave; 2° la jalousie contre le clergé de France : la cour de Rome n'a pas oublié l'assemblée de 1682, et sera bien aise d'abaisser et de mortifier les évêquesj 3° la
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I798, Au R. P. GOUIN DE L'AnGELIÈRE.
A Meaux, 2 novembre 1698.
Nous n'avons point accoutumé, mon Révérend Père, de faire faire les inventaires des meubles d'église par devant notaires ni par devant d'autres que les marguilliers, et l'inventaire signé d'eux et du curé fait foi.
Ainsi vous n'aurez qu'à faire voir ce billet à M. de Jully1, qui ne voudra point innover. Quant
politique, qui est de fomenter des troubles dans un royaume dont on appréhende la trop grande puissance. »
Lettre 1198. — L. a. s. Collection de M. Marc Giron, duPuy-en- Velay. Publiée dans le journal des Débats du g novembre 1912 par M. Ulysse Rouchon, correspondant du ministère, secrétaire général de la Société scientifique et agricole de la Haute-Loire. Le destinataire de cette lettre est le supérieur du collège de l'Oratoire à Juilly, le P. Gouin de L'Angelière. Né à Angers en i663, Michel Gouin entra à l'Oratoire en 1682, et, après avoir pendant dix ans enseigné les humanités et la philosophie, fut choisi le 25 juin 1693 pour diriger le collège de Juilly. Il garda cet emploi jusqu'au 12 juin 16995 puis, après diverses missions, il se retira à la maison de la rue Saint- Honoré, où il mourut le 17 juin 1733. Avant d'être cédée aux oratoriens, en i63g, l'abbaye de Juilly appartenait depuis 1182 à des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Un prieuré-cure en dépendait, et depuis que les oratoriens en eurent pris possession, ce bénéfice eut pour titulaire le supérieur ou, sous son autorité, l'un des Pères du collège. Celui qui remplissait ces fonctions curiales (du 18 octobre 1697 au 9 février 1699) était Alexandre de Louvigny de Boisney, du diocèse de Lisieux, entré à l'Oratoire le Ier juin 1689 à l'âge de 34 ans. En quittant Juilly, il devint supérieur de la maison de Joyeuse jusqu'en 1702. Il se retira à la Trappe de Casamari, au diocèse de Veroli en Italie, et y mourut le 29 juin 17^, âgé de 90 ans (Bibl. Nationale, f. fr. 8622; Arch. Nation., MM 586 et 609).
1. Jean François Joisel, seigneur de Juilly, maître en la Chambre
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aux sommes que M. de Jully prétend données par Mme sa mère ou par lui, je ne crois pas qu'on doive douter de la vérité de leur parole ; mais, pour faire les choses dans l'ordre, il faudrait à la rigueur montrer des quittances des ouvriers ; mais, à ce défaut, vous pouvez en croire quelques-uns des principaux habitants qui le sauront, et en tout cas, si l'on ne peut convenir, laisser ces sommes en blanc sous promesse de les faire remplir, à quoi aussi je m'oblige, et cependant rendre incessamment les ornements, dont les marguilliers et le maître d'école sous eux demeureront chargés.
J'espère qu'à mon retour de Fontainebleau, je mettrai fin au surplus des difficultés, et que j'apprendrai au premier jour que cet article de l'inven-
des comptes depuis le 3 février i684, époux de N. Guigou, fille d& Jean Guigou, secrétaire du Roi. Il mourut le 12 octobre 1709. Il était fils de Jean Joisel, secrétaire du Roi, banquier expéditionnaire en cour de Rome, qui, en 167^, avait acquis les biens de l'ancien seigneur de Juilly, Robert Aubry, mort criblé de dettes en 1673. Comme avec Robert Aubry, les Pères de l'Oratoire eurent de fréquentes contestations avec Jean Joisel et avec son fils (Archives nationales, MM 583 et 5gg). Le P. Gouin dut refuser au seigneur le droit de chasse sur les terres de l'abbaye, que Jean Joisel s'arrogeait sans aucun titre. Ce seigneur mourut en 1688. Le supérieur de l'Oratoire eut même à défendre ses droits à la cure de la paroisse, que les habitants de Juilly, poussés par Jean François Joisel, prétendirent lui contester le 26 décembre 1697, sous prétexte que, par suite de l'union de la cure à la congrégation de l'Oratoire (consentie par eux cependant le Ier décembre précédent), ils n'auraient plus de curé fixe et permanent, ce qui pourrait préjudicier au bien spirituel de la paroisse (Arch. nat., MM 5gg, 623). François Joisel, docteur en théologie, oncle de Jean François Joisel, fut doyen de la Faculté, et mourut le 26 mai 1708, à quatre-vingt-neuf ans (Bibl. nationale, pièces originales et dossiers bleus ; Mémoires du P. Rapin et de Godefroi Hermant).
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taire aura été accompli. Vous me faites plaisir de traiter tout ceci à l'amiable.
Je suis, mon Révérend Père, très sincèrement à vous.
J. Bénigne, é. de Meaux.
1799. — A l'Abbé Bossuet.
A Meaux, 2 novembre 1G98.
J'ai reçu ici, en y arrivant vendredi pour la Toussaint, votre lettre du \!\ octobre. Je retourne demain à Fontainebleau, d'où je ne partirai qu'avec le Roi. Je repasserai par ici, et ne tarderai pas d'aller à Paris.
Il me tarde que j'aie nouvelle de l'arrivée de ma réponse. Si le courrier1 a tenu parole, vous avez dû l'avoir il y a quinze jours. Je puis vous assurer qu'elle fait ici un prodigieux effet pour la bonne cause et contre M. de Cambrai. M. l'abbé Régnier achève sa version5 à la campagne. Je lui ai envoyé copie de l'article de votre lettre qui le regarde ; cela lui donnera courage. Je lui ai mandé que, quand la décision précéderait sa version, elle n'en serait que plus utile et plus recherchée.
Vous mettez la chose au vrai point de la question, quand vous la faites consister dans le pur amour du
Lettre 1199. — L. a. n. s. Archives départementales, à Melun.
1. Antoine Bossuet revient à plusieurs reprises sur la mauvaise volonté du courrier (E. Griselle, Fénelon, p. 212 à 225).
2. Il ne paraît pas que cette version des Remarques ait été imprimée.
266 CORRESPONDANCE [nov. 1698
cinquième degré, au-dessus du pur amour de l'Ecole. Je me suis fort attaché à cette idée dès le Summa, dans la Préface, dans le second des cinq Ecrits, et surtout dans la dernière Réponse, sur la fin3. Il n'y a qu'à joindre à cela le sacrifice absolu et ses dépendances.
Vous aurez reçu la manière de censure signée de beaucoup de docteurs. Le P. Zacharie4 a ordre de vous la communiquer pour la rendre5 si vous le jugez à propos : pour moi, je n'y fais nulle difficulté. J'étais dans mon diocèse, quand on l'a dressée et signée. M. de Paris me l'a envoyée: elle est très bien, et donnée pour ce qu'elle est, c'est-àdire pour l'avis de beaucoup de particuliers seulement, sans autorité du corps ; elle rembarrera les cambrésistes, qui se vantent d'avoir l'Ecole pour eux. et fera voir l'uniformité de nos sentiments. Tout est dans l'esprit de la Déclaration, du Summa, des In tuto, etc. Néanmoins voyez sur les lieux avec le P. Zacharie ce que porte la disposition des esprits. J'ai vu une lettre de ce Père, qui rend bonne raison de l'état des choses. Faites-lui bien des honnêtetés de ma part.
Je vous indique une bulle de Jean XXII contre les erreurs d'un nommé Ekard6, dominicain de