‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 141 sur 224 · Voir p. 181 et · texte numérisé non relu

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Jinal do Bouillon; beaucoup disent qu'ils n'oscnl parler: à la fin, on saura tout; on n'en sait déjà que trop. Je suis bien fâché que, du côté de la Cour, on ne puisse pas empêcher le cardinal de Bouillon de voter. Le P. Roslet a eu ce matin une assez longue audience du Pape : je ne sais pas encore ce qui s'y est passé; il en rendra apparemment compte à M. de Paris7.

Les cardinaux étudient en vérité fortement. Tout le salut de l'affaire a été de ne les avoir pas pressés pendant le mois d'octobre, l'épée dans les reins.

La traduction de M. l'abbé Régnier est ici applaudie et admirée par les connaisseurs : vous l'en pouvez assurer. On a ses livres à Florence.

Je crois que vous trouverez bon que, dans huit ou quinze jours, je tire deux mille francs sur vous. Il y a deux mois que je me passe d'argent, espérant que le change diminuerait; mais il n'y a plus moyen de vivre sans argent. Je prends sur moi, je l'ose dire, plus que je ne puis. J'avoue que quelque remise d'argent un peu considérable me serait bien nécessaire à la fin de cette année, dans lequel temps à peu près j'ai lieu d'espérer de n'être pas éloigné de mon départ. Cette année que j'ai passée ici, sur quoi je ne pouvais compter, est cause que je suis obligé, dans l'impossibilité, de vous incommoder peut-être en m'adressant à vous ; mais enfin il m'est impossible ici de subsister sans argent, même d'en trouver par moi-même. Je vous supplie de vous mettre un moment en ma place, et vous rne trouverez très embarrassé. Je me

7. Roslet (ms. de Saint-Sulpice, p. 187) rendit le même jour compte de cette audience à Noailles. Après avoir remercié le Pape d'avoir accordé l'évêché de Brescia au nonce et récompensé ainsi les efforts qu'il faisait de concert avec l'arclievêque de Paris, Roslet avait dispose le Saint Père à bien recevoir le nouvel écrit de Bossuet, rendu nécessaire par celui de Fénelon. Au cours de cet entretien, le minime a fait l'éloge de Louis XIV et insisté sur les services rendus par ce prince à la religion en combattant les hérésies. Après ce compte rendu, Roslet ajoute : « Poussin mécontent du cardinal de Bouillon nous sert bien. Je m'en défiais d'abord; mais j'ai reconnu qu'il agissait de bonne foi, que son mécontentement était juste... »

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confie en vos bontés. J'avoue que j'ai autant de honte de demander à mon père qu'à vous.

Je me porte bien, Dieu merci, et espère aller jusqu'au bout. Le Pape se porte mieux que moi.

M. l'abbé Régnier se ferait un grand honneur en achevant son ouvrage, c'est-à-dire en traduisant cette nouvelle pièce.

Le sacriste ne presse pas; il n'a pas tout donné8. Les cardinaux qui voient ce qu'il a donné ne doutent pas que ce qu'ont fait les autres ne lui ait été communiqué : c'est une mauvaise réfutation. On ne doute pas de l'intelligence avec M. le cardinal de Bouillon; elle est certaine.

i8ot. — A l'Abbé Bossuet.

A Fontainebleau, 10 novembre 1698.

J'ai reçu ici votre lettre du 21 du passé. Hier M. le nonce me montra chez le Roi deux lettres de même date, de M. le cardinal Spada, dont la première portait que vous l'aviez prié de lui écrire que vous n'aviez jamais demandé de délai, et en effet il déclarait dans les termes les plus clairs et les plus précis que, bien loin d'en demander, vous n'aviez pas cessé de presser une décision ; ce que ce cardinal déclarait à ce ministre, afin qu'il se servît de la connaissance qu'il lui en donnait.

L'autre lettre de M. le cardinal Spada portait une espèce de reconnaissance envers le Roi, de l'assurance que S. M. avait donnée au même nonce, de

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