‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 149 sur 224 · Cet alinéa tout entier manque aux éditions · texte numérisé non relu

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19. Pour l'abbaye de Savigny, que l'abbé Bossuet possédait depuis 1691, à 25 kilomètres à l'ouest de Lyon (cf. t. IV, p. 383).

nov. 1698] DE BOSSUET. 289

i8o4- — A l'Abbé Bossuet.

A Germigny, 16 novembre 1698.

Quoique l'ordinaire de Rome ne soit pas venu, ]e vous écris au hasard, sans pourtant rien ajouter <ie considérable à mes précédentes lettres.

J'ai reçu deux lettres françaises1 de M. de Chambrai] sur les in lato. J'ai bien envie d'y répondre sous ce titre : Le dernier livre, où l'on montre à M. de Cambrai qu'il n'a répondu à rien2, et de relever seulement les difficultés faites, où il ne dit mot. Cela le ferait paraître bien ridicule, et montrerait que. comme bon chef de parti, il n'a d'autre vue que d'entretenir la réputation de répondre à tout.

Je vois par diverses lettres qu'on pense toujours à Rome à faire une exposition doctrinale : cela sera fort difficile ; néanmoins on en voit un crayon dans les trente-six propositions de Schola in tuto, quaest. I, art. 1 .

Si on ne condamne le pur amour de M. de Cambrai3, qui est celui du cinquième degré, on laissera renaître le mal. Vous en trouverez la preuve en divers endroits marqués par mes lettres précédentes, et surtout dans le Quietisnws redivivus, sect, IV,

Lettre 1804. — L. a. n. s. Collection II. de Rothschild.

1 . Lettre de M. l'archevêque dur de Cambray à M. l'évêque de Meaax pour répondre à son traité latin intitulé : Mystici in tuto, sur

l'oraison passive, s. 1. n. d., in-8. — Lettre pour répondre à son

traité latin intitulé : Scholastici in tuto, sur la charité, s. I. n. d., in-8.

2. Bossuet n'a pas donné suite à ce projet. 0. Voir plus haut, p. 278.

2qo CORRESPONDANCE [nov. 169S

cap. v, n. 1, 2, 3, !\- Cela n'est nulle part plus nettement.

Je4 retourne bientôt à Paris. Mme de Maisons est morte d'apoplexie fort soudainement5. M. de Canaples6 âgé de soixante-douze ans épouse Mlle de Vivonne, à qui le Roi a donné l\ 000 livres de pension.

Depuis mes lettres précédentes, j'ai reçu une lettre très honnête de M. l'archevêque de Séville', avec un exemplaire de sa Lettre pastorale. Il ne faudra pas laisser de lui envoyer par son agent le double de ma lettre, que j'ai adressée à M. Phelipeaux.

l\. Cet alinéa manque aux éditions.

5. Le i4 novembre 1698. Louise de Fieubet, fille de Guillaume de Fieubet, président à mortier au Parlement de Toulouse, et de Claude Ardier. Elle avait épousé Jean de Longueil, marquis de Maisons, président à mortier au Parlement de Paris, chancelier de la reine* Anne d'Autriche, gouverneur des châteaux de Versailles et Saint- Germain, et de la ville de Poissy.

6. Alphonse de Créquy, comte de Canaples, duc de Lesdiguières par l'extinction des branches aînées de sa maison, gouverneur de Lyon, épousa seulement le 12 septembre 1702, à soixante-quinze ans, Gabrielle-Victoire de Rochechouart, fille de Louis, duc de Vivonne et de Mortemar, pair et maréchal de France, et d'Antoinette de Mesmes. Par son père, Mlle de Vivonne était nièce de Mme de Montespan, qui l'avait retirée chez elle. Elle « n'était plus jeune, dit Saint- Simon, et n'avait que beaucoup d'esprit, de vertu et de naissance, et pas un denier vaillant » (Tome X, p. 266).

7. C'est sans doute à propos du quiétisme, que l'archevêque de Séville s'était mis en rapport avec Rossuet et qu'il avait donné une lettre pastorale. D'après les Mémoires de littérature du P. Léonard, en novembre 1698 on remit à Rossuet un gros paquet de la part d'un prélat espagnol, qu'on disait être celui de Salamanque (Archives Nat., M 767 ; cF. Phelipeaux, Relation, t. II, p. 178). Quesnel écrit le i3 décembre: a M. de Meaux a tant d'affaires sur les bras, que je doute qu'il songe fort à satisfaire l'archevêque de Séville. Il faut une occasion pour cela, et on n'en trouve pas si souvent de cette nature » (Tome II, P. 3i).

bov. 1698] DE BOSSUET. 291

i8o3. — Le P. Mauduit a Bossuet.

16 novembre i6()8.

Je ne sais si Votre Grandeur se souvient qu'un jour, étant allé vous rendre de très humbles remerciments du livre latin des trois Traités', dont vous aviez eu la bonté de me faire présent, il m'échappa de vous dire qu'il m'était venu dans l'esprit quelques pensées sur cette dispute; que vous eûtes la complaisance de m' exciter à les écrire et que vous ajoutâtes avec une extrême humilité que vous en profiteriez. Cette parole fut un poids violent pour me déterminer à m'en décharger sur le papier. Je l'ai fait, et je vous les envoie, Monseigneur, comme un compte que je vous rends de la lecture de vos excellents ouvrages et du profit que j'ai tâché d'en faire. Elles ne tenaient pas, ce me semble, tant de place en mon esprit : la matière s'est, je ne sais comment, développée jusqu'à faire à peu près un juste volume, et l'ouvrage a crû et s'est grossi insensiblement sous la plume. Vous êtes, Monseigneur, le maître absolu de son sort, pour le faire paraître au jour ou pour le supprimer. Si Votre Grandeur y trouve quelque chose d'utile, comme je crois qu'il y a des endroits capables de faire quelque impression sur les esprits, vous le pourrez traiter comme un enfant trouvé, qu'on élève sans connaître ou sans découvrir ses parents. Que si vous n'y trouvez rien qui mérite d'entretenir le public, vous aurez toujours la bonté de le garder dans votre cabinet2, comme un acte de ma déclaration pour votre sentiment dans cette

Lettre 1805. — Sur le P. Michel Mauduit, de l'Oratoire, voyez notre t. IV, p. 182.

1. De nova qaœstione Iractatus 1res: i° Mystici in tulo ; 20 Schola in tuto ; 3° Quietiamus redivivus, dont l'achevé d'imprimer était du 3o août précédent.

3. Cet ouvrage n'a point vu le jour. On lit dans l'article Bossuet de la Biographie Michaud qu'il se trouvait parmi les manuscrits de l'évêque de Meaux. En 1788, Deforis lavait retrouvé dans les papiers de Bossuet, mais depuis on en a perdu la trace.

292 CORRESPONDANCE [nov. 1698

controverse, ou plutôt, si je l'ose dire, comme une profession de foi que je fais par avance en attendant la décision du Saint Siège.

Mais, Monseigneur, de quelque manière que Votre Grandeur en use, toute la grâce que je lui demande pour des raisons qu'il lui est aisé de pénétrer, est de laisser l'auteur jouir de ses ténèbres, et de ne marquer en aucune manière ni son nom, ni celui de sa communauté. Il n'a fait confidence à personne de son dessein, il lui suffit d'être connu de vous; et il se croira trop payé de sa peine, si vous jugez à cette marque qu'il est plus qu'aucun autre, Monseigneur, de Votre Grandeur le très humble et très obéissant serviteur.

M. Mauduit, prêtre de l'Oratoire.

A Germigny, 17 novembre 1698.

Depuis ma lettre d'hier, j'ai reçu la vôtre du 28 octobre, dont j'ai rendu compte où il fallait.

M. de Paris a eu quelques accès assez légers de fièvre tierce ; il en a été quitte, Dieu merci, pour quelques prises de quinquina.

Tous les jours il se présente de nouveaux docteurs pour signer après les soixante, et le nombre passe la centaine ; mais on n'a pas voulu multiplier les signatures.

C'est M. Pirot qui a dressé le fond de l'acte et les qualifications : ainsi, s'il n'a pas signé', c'est seulement à cause qu'il avait déjà trop témoigné son sentiment en travaillant avec nous.

Lettre 1806. — L. a. n. s. Collection Morrison. I. Pirot signa plus tard.

nov. 169SJ DE BOSSUET. 293

Il n'y a rien à souhaiter du Roi et de M. le nonce, qui font tout ce qu'il faut, et aussi bien qu'il se peut.

J'ai fait à merveille la cour de M. Poussin auprès de MM. de Pomponne et de Torcy, et je continuerai, sans l'oublier dans l'occasion auprès de M. Ncblct.

Il y a longtemps que je n'ai vu M. le cardinal de Janson, qui, depuis le départ de Compiègne et durant tout Fontainebleau, a travaillé à Beauvais aux affaires de son diocèse.

Vous avez bien fait cl avoir supprimé les remarques de M. de Paris", qui donnaient à M. de Cambrai ce qu'il demande.

1807. — Jean Piielipeaux a Bossuet.

A Rome, mardi 18 novembre 1698.

Vos Remarques sur la Réponse à la [/?e/a//o/i1] sont fort estimées et goûtées ici. Elles sont accablantes, et elles étaient nécessaires pour faire connaître les souplesses et les calomnies de M. de Cambrai; il ne cesse pas cependant d'écrire. On vient de m'avertir qu'il était arrivé ce soir deux lettres en réponse à Mystici in tuto et à Schola in tuto ; mais cela ne fera point d'clîet, et ne retardera pas le jugement.

Vous savez que, l'abbé de Chantérac ayant demandé du délai pour répondre à vos Remarques, le Pape le refusa, et deux jours après intima les congrégations pour la décision de l'affaire.

Hier se tint la première congrégation extraordinaire, où

a. Voir la lettre du 21 octobre, p. 202.

Lettre 1801. — L. a. Bibliothèque de l'Université de Genève. I. Les éditeurs ont corrigé avec raison l'autographe : Phelipeaux, par distraction, a écrit : déclaration.

294 CORRESPONDANCE [nov. 169»

parla M. le cardinal de Bouillon; du moins il me dit qu'il avait beaucoup parlé et qu'il était fatigué2. Mercredi, on continuera, et jeudi se fera devant le Pape le rapport de ce qui aura été fait ou résolu dans les deux congrégations précédentes ; ce qui continuera jusqu'à la fin.

L'affaire paraît en bon état : les cardinaux sont instruits et bien intentionnés. Je crois qu'on suivra dans la discussion des propositions le projet de réduction à sept chefs principaux : chacun contient plusieurs propositions, qu'ils pourront réduire selon qu'ils le trouveront à propos.

Le vœu des docteurs de Paris aura son effet. On a voulu exciter la jalousie de cette cour; mais les cardinaux les plus sensés ont vu que ce jugement n'était que préparatoire3, et que la Faculté de Paris s'était expliquée dans presque toutes les affaires importantes avant que Rome décidât. On a instruit le Pape, et les lettres de M. le nonce feront impression. Gela cependant les rassurera contre les faux bruits qu'on avait répandus que les docteurs de Paris favorisaient le livre, et leur fera voir la nécessité de qualifier les propositions. Il aurait été à souhaiter qu'ils eussent eu vos qualifications, qui sont plus fortes et plus pressées. Ils n'ont point mis la qualification d'hérétique : il est vrai qu'il y a des termes équivalents ; mais les équivalents ne sont pas de saison en ces sortes d'affaires, et ils devaient qualifier les propositions extraites qui ont été discutées : autrement on embrouille tout, et on fatigue les cardinaux par la diversité des propositions.

L'archevêque de Chieti voudrait bien pouvoir changer son vœu, voyant qu'il a été surpris : il en devait conférer avec Mgr Giori. Le sacriste dit qu'il voudrait que le livre n'eût

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