‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 172 sur 224 · Cf. t. IX, p · texte numérisé non relu

Cf. t. IX, p

2. Il s'agissait sans doute pour M. de Mirepoix de faire partie de la délégation des États de Languedoc. Cf. p. i58.

déc. 1698] DE BOSSUET. 33g

1820. — A l'Abbé Bossuet.

Paris, 7 décembre 1698.

J'ai reçu votre lettre du 18 novembre. J'ai vu M. de Paris: nous nous sommes naturellement communiqué ce que vous nous écriviez. Dieu préside à ce qui se passe. On a donné avis au Roi que M. le cardinal de Bouillon, ne sachant plus où se tourner pour sauver M. de Cambrai, pourrait faire mettre dans la préface d'une bulle quelque clause qui blesserait les droits du royaume, et en empêcherait l'exécution. Le Roi fut touché de cet avis, et je crois être assuré qu'il est parti un courrier exprès pour lui porter des ordres bien précis sur cela1. C'est aussi principalement à quoi vous avez à prendre garde. On veut faire un bien solide. Il ne faut donc rien qui déroge à une fin si sainte et si grande. C'est M. de Cambrai qui a porté l'affaire au Pape, en lui soumettant son livre. Nous, qui étions appelés en témoignage, nous l'avons rendu à toute l'Eglise : nous n'avons rien demandé au Pape5; nous ne sommes ni dénonciateurs ni accusateurs. Le Roi a parlé, et je ne vois rien qui empêche de faire mention de ses instances réitérées3. Moyennant cela,

Lettre 1820. — 1. Les instructions en ce sens avaient été données dans la dépèche du 27 novembre (Affaires étrangères, Rome, t. 38g, f° 188).

2. Ceci doit s'entendre du commencement de l'affaire, et ne s'applique évidemment pas aux sollicitations incessantes de l'abbé Bossuet.

3. La bulle, ou plutôt le bref, de condamnation n'en fait aucune mention.

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tout ira bien, et l'autorité du Saint Siège mettra fin à une hérésie dont les suites seraient funestes au christianisme, si l'on n'y pourvoyait bientôt.

Je n'écrirai plus du tout4. Quand la décision sera venue, je pourrai, sans plus disputer, faire mon second traité sur les états d'oraison, où j'en donnerai les principes, et je comprendrai dans un seul volume les cinq traités que j'ai promis. Cela ne peut être qu'utile, puisque je suivrai les principes que la bulle du Pape donnera. Il sera même nécessaire d'en donner sur ce sujet-là, à cause de l'ignorance et du galimatias de la plupart des spirituels et de l'abus qu'on fait de l'autorité de l'Ecole. Vous pourrez même, après que l'affaire sera terminée, insinuer que, si on l'a pour agréable, je dédierai mon ouvrage au Pape. Il n'y a rien à ajouter aux principes que j'ai posés dans le Summa, ensuite dans les In tuto et dans la Réponse aux quatre lettres. Il n'y aura que l'ordre à changer et à procéder par principes, en laissant le polémique. Le livre est presque tout fait5. Je réduis toute l'oraison à l'exercice de la foi, de l'espérance et de la charité, après saint Augustin dans sa lettre à Probe6. J'expliquerai en détail ce que la foi met dans la prière, ce qu'y met l'espérance, ce qu'y met la charité et le vrai amour. Saint Augustin ira partout à la tête, et saint Thomas sera le premier à sa

(\. Déjà Bossuet avait parlé clans ce sens au mois de juillet. « J'ai vu M. de Meaux et entendu de sa bouche qu'il ne veut plus écrire » (Mme de Maintenon, 28 juillet 1698, t. IV, p. 2/j3).

5. Ce traité, qui n'a pas été achevé, a été publié seulement en 1897 par les soins de M. E. Levesque.

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