Epist. cxxx, ad Probain [P. L., t. XXXLII, col. b
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suite. Je n'oublierai pas les autres saints, sans mépriser les mystiques, que je mettrai en leur rang, qui sera bien bas, non par mes paroles, mais par lui-même, comme il convient à des auteurs sans exactitude. Je ferai pourtant valoir ce qu'ils ont de bon, afin que ceux qui les aiment ne se croient pas méprisés.
Pour revenir à notre affaire, je suis ravi que les signatures des docteurs de cette Faculté tournent à bien. Je n'y trouve en effet qu'une chose à reprendre, qui est la faiblesse des qualifications. M. de Paris en convient, mais le tour de modestie que vous y donnez sauvera tout.
Est-il possible que l'erreur sur le trouble involontaire de Jésus-Christ échappe, sous prétexte du passage de saint Thomas7, dont j'ai donné une si claire solution en trois mots, dans mon avertissement sur les Cinq écrits, n. vu? Il serait honteux qu'une proposition que l'auteur a abandonnée et puis reprise à la fin, quand il a vu qu'il avait trouvé des flatteurs, évite la censure du Saint Siège. Repassez ce que j'ai dit dans la Réponse aux quatre lettres, sect. xx.
Dans le fond, M. de Chartres est de môme avis que moi sur les motifs seconds de la charité. Il en a approuvé, et la doctrine, et les principes établis dans les Etats d'oraison; mais, occupé d'autres affaires, il est vrai qu'il n'a pas pris autant de soin que moi de montrer par principes l'inséparabilité des deux motifs, comme je l'ai fait dans le Sumnia doctrinœ et dans les In tuto*.
7. Sum. th.. III, q. xv, art. 6, ad 4 (Cf. Lâchât, t. XIX, p. i64)
8. Bossuet reviendra sur ce point le 19 janvier et le 2 mars 1699.
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J'ai clairement démontré que ces deux motifs pouvaient bien être séparés per mentem et par abstraction, à l'égard de l'intention explicite, dans des actes passagers ; et c'est le dernier point où l'on peut aller, en remarquant seulement que l'amour de la béatitude, subordonné toutefois à la gloire de Dieu, se trouve, du moins implicitement et virtuellement, dans tout acte raisonnable. Il n'y a que moi proprement qui ait expliqué ceci par principes, Schola in tuto, quaest. I, n. l\, prop. 6, 25, 26, 27, 28, 29, 3o, 33 ; et n. 18, jusqu'au n. 22 et n. 33 ; ce qui est prouvé par saint Augustin, n. 228 et suiv. ; par saint Thomas, q. II et III, n. 8, 34, 35 et suivants; Réponse aux quatre lettres, sect. ix et xv, etc.
Si je vous marque ces endroits, ce n'est pas que je ne sente que vous avez pris tout cela parfaitement bien.
J'ai vu dans une lettre du P. Estiennot à M. de Reims, que le maître du sacré Palais l'ayant été voir, l'avait beaucoup questionné sur l'aigreur que les Gambrésiens m'imputent. Il a répondu que M. de Cambrai me devait tout ; qu'il ne faut pas s'étonner
Voir plus haut, p. 3o3. La raison donnée par Bossuet n'est pas péremptoire. L'évèque de Chartres a bien pu approuver l'ouvrage de Bossuet sans faire siennes les vues de ce prélat sur la nature de la charité ou amour de Dieu, qui étaient laissées à la libre discussion. L'évèque de Meaux, sur ce point, s'écartait de l'opinion plus commune dans l'Ecole, qui était celle de l'évèque de Chartres, et Fénelon, clans sa polémique avec Bossuet, a tiré parti de cette divergence de vues de ses adversaires (Cf. Histoire littéraire de Fénelon, p. 222 ; Bossuet, Réponse aux Préjugés décisifs, III ; H. Bremond, Apologie, p. 282 à 28^; Ledieu, t. II, p. 23i et 232; Fénelon, Lettre sur la réponse aux Préjugés décisifs, dans les OEuvres, t. VIII, p. 485; Lettre sur la charité, ibid., t. IX, p. 1 et suiv.).
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que, sur l'accusation formée contre moi d'avoir révélé sa confession et sur d'autres imputations extrêmement odieuses, j'avais répondu sérieusement; que, pour me bien connaître, il ne fallait que lire les Variations, où l'on voit autant de modération que de force. Je pense qu'il faut insister sur cela auprès des amis particuliers, et notamment auprès du maître du Sacré Palais. Voyez ce que j'ai dit sur ce sujet, Réponse aux quatre lettres, sect. xxiv.
182 1. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.
Mercredi, 10 décembre 1698.
J'ai reçu les deux lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Germigny, le 16 et le 17 novembre: vous verrez, par la suite de cette lettre, ce qui m'a déterminé à dépêcher le courrier qui vous porte ce paquet, et un semblable à M. de Paris.
Vous aurez vu par ma dernière lettre, du 2 de ce mois, que vous recevrez plus tôt ou en même temps que la présente, que je commençais à craindre quelques longueurs, et à soupçonner quelques difficultés depuis la troisième congrégation, qui s'était tenue la veille, et dont je n'avais pu savoir le succès quand j'écrivis le lendemain. J'avais néanmoins bien senti qu'il y avait du nouveau, par les discours du cardinal Casanate et de quelques autres, qui ne parlaient pas avec la même certitude de la décision de cette affaire, par l'espèce de joie que je vis sur le visage de M. le cardinal de Bouillon au retour de la congrégation, et par ce qu'il lui était échappé de dire qu'il ne fallait pas s'en tenir à un respective, mais aller plus avant; ce qui, selon moi, ne pouvait être dit à bonne intention par le personnage. Je sentis donc
Lettre 1821. — L. a. n. s. Incomplète aux Archives départementales, à Melun.
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dès ce moment quelque mauvais dessein et quelque changement. J'ai cru ne devoir rien oublier pour approfondir ce qui en pouvait être, pour savoir, s'il était possible, le vrai état des congrégations, et ce que faisait le. cardinal de Bouillon, afin de remédier au mal qu'on pourrait avoir causé, et vous donner des instructions sûres. Voici ce que j'ai découvert.
Premièrement, tout ce que je vous ai marque par mes précédentes de ce qui s'était passé dans les deux premières congrégations, est vrai au pied de la lettre. Excepté M. le cardinal de Bouillon, tous ceux qui avaient parlé avaient fait des merveilles. Ils s'étaient expliqués en peu de paroles, avaient donné leurs vœux et des qualifications précises aux propositions qui concernent l'amour pur, établissant le vrai sens des propositions, qu'ils faisaient voir être mauvaises, et dans l'intention de l'auteur, et dans tout le contexte du livre. M. le cardinal de Bouillon revint désolé de ces congrégations. Il ne restait plus à parler sur cette matière que le cardinal Ottoboni et le cardinal Albani. Je voyais dans les yeux et dans les discours de tous nos amis une joie bien marquée : ils me disaient qu'il n'y avait qu'à les laisser faire, que tout irait bien et finirait promptement. L'assesseur m'avait assuré, il n'y avait pas quinze jours, qu'à Noël1, MM. les cardinaux auraient fini leurs vœux, et qu'il ne resterait plus qu'à dresser la bulle. Le Pape et tous les cardinaux le faisaient assez entendre et le croyaient.
Arriva le jour de la troisième congrégation. Le cardinal Ottoboni parla et le cardinal Albani ; c'était les derniers, après lesquels recommençait le tour de M. le cardinal de Bouillon, qui parla très longuement, et la congrégation finit. Depuis cette congrégation, il m'est revenu de tous côtés que l'affaire tirerait en longueur, qu'on faisait des difficultés. Toutes les personnes qui s'intéressent véritablement à la bonne cause en ont été alarmés. Je savais que le Pape avait dit que le tout consistait à bien s'expliquer, parlant de M. de Cambrai . Le commissaire disait que cette affaire ne finirait