‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 175 sur 224 · Phelipeaux, t. II, p. i · texte numérisé non relu

Phelipeaux, t. II, p. i

Jéc. 1698] DE BOSSUET. 3^7

Carpogna parla, et le cardinal Ncrli ; le cardinal Casanate, qui se trouva un peu malade, ne voulut pas que rien pût arrêter, et me dit avoir envoyé son vœu par écrit, qu'on lut apparemment. M. le cardinal de Bouillon avait été trop long, pour que d'autres pussent parler.

II arriva samedi au soir, 6e de ce mois, un courrier extraordinaire, qui apporta les paquets de la Cour. M. le cardinal de Bouillon était à Frescati, seul avec le P. Charonier : il revint le lendemain. M. le cardinal de Bouillon parut plus consterné qu'on ne l'a jamais vu. Il a laissé le P. Charonier à Frescati. J'ai quelque raison de croire qu'il n'a pas reçu des ordres agréables sur M. de Cambrai3. Si M. le cardinal

3. Louis XIV avait écrit à Bouillon : « Ce n'est pas sans ressentir une vive colère que j'apprends que le P. Charonier, avec qui vous êtes très lié, tient des propos contre moi et fait tout ce qu'il peut pour arrêter la décision du Pape concernant le livre des Maximes des saints. Pourquoi agir ainsi, lorsqu'il connaît mon vif ressentiment contre la doctrine de ce prélat? » (Lettre du i!\ nov. 1698, édit. Verlaque, dans la collection des Documents inédits, Mélanges historiques. Paris, i883, in-4, t. IV, p. ^3^ ; Affaires étrangères, Rome, t. 38g, f° i5g). Le cardinal prit la défense de son confident. « A In réserve du P. Alfaro, auquel il n'a même parlé que longtemps après que ce jésuite s'était déclaré dans les assemblées des qualificateurs en faveur du livre de M. de Cambrai, et à la réserve du P. général des carmes, auquel même il n'a pas parlé depuis quatre mois et lequel il n'a jamais vu que deux ou trois fois par occasion en allant voir son secrétaire qu'il a connu à Lyon, lequel a deux frères jésuites dans cette province, il n'a jamais été voir ni parlé à aucun qualificateur ni cardinal du Saint Office, et je sais qu'en parlant à l'abbé de Chantérac, il lui dit en propres termes qu'il ne pouvait comprendre comment M. de Cambrai avait pu estimer Mme Guyon après avoir lu ses livres et ses manuscrits, qui sont évidemment mauvais et remplis de fanatisme, lui ajoutant qu'il était persuadé que le livre de M. de Cambrai, quoiqu'il ne parût pas mauvais à plusieurs de ses Pères, ne serait jamais une lecture qu'un Père maître des jésuites voulût permettre à ses novices... » Tout d'abord, ajoute Bouillon, j'avais voulu le tenir jusqu'à la fin de l'affaire dans une petite maison que les jésuites ont à Frescati, « mais l'infidélité de Poussin l'ayant porté à faire connaître à de certaines personnes ce que le Roi me mandait du P. Charonier, j'ai cru que je ne devais pas permettre que sa retraite de Rome servît de preuve à une accusation faite

348 CORRESPONDANCE [déc. 169»

<le Bouillon s'est enfin résolu avant-hier dans la congrégation à laisser quelque vœu, je suis persuadé que le contenu des dépêches n'y auront pas peu contribué.

Je le vis lundi au soir, au sortir de cette congrégation : il battit extrêmement la campagne sur M. de Cambrai, me dil qu'il voudrait que le secret du Saint Office lui permit de me dire ce qu'il venait de dire. Je suis assuré qu'il ne m'aurait rien dit qui vaille : il croit endormir tout le monde avec ses beaux discours, mais il n'y réussit guère.

Hier, après m'ètre assuré du cardinal Carpegna et du cardinal Casanate par moi-même, et du cardinal Albani par par le P. Roslet, de l'état des choses, et que toutes les longueurs venaient par l'embarras, la malice et la longueur affectée du cardinal de Bouillon, j'allai chez le cardinal Spada'*, que je savais avoir reçu par le même courrier extraordinaire des lettres pressantes du nonce, pour le supplier de vouloir bien faire entrer le Pape dans la résolution de parler fortement demain à MM. les cardinaux pour les presser, leur ordonner de parler très peu, de donner leur vœu par écrit sur les propositions des matières qu'ils auront à traiter. Il me dit que c'était bien son sentiment, qu'il le faisait ainsi, et presque tous les cardinaux ; mais qu'on ne pouvait pas imposer silence à ceux qui ne voulaient pas finir; que le Pape, tout Pape qu'il est, aurait même de la peine à y réussir; qu'il espérait néanmoins qu'on y viendrait ; et que ceux (voulant me parler de M. le cardinal de Bouillon) qui n'avaient rien conclu pendant trois congrégations, avaient commencé la veille à le faire, et qu'il fallait espérer que cela continuerait. Je le fis souvenir des paroles qu'on m'avait comme données. que vers Noël on aurait fini. Il me dit que naturellement

contre lui, que je crois 1res fausse, et ainsi je le fis revenir hier de Frescati, où je le laissai, il y a dix jours, qu'il a employés à y faire sa retraite... » (17 décembre 1698, ibid., f° 298).

4. M. l'abbé Bossuet « paraît assez inquiet depuis quelques jours, et ce matin, il était deux heures après midi, qu'il n'avait pas dîné el qu'il attendait l'audience de M. le cardinal Spada » (Cliantérac à LangeroQ, 9 décembre 1698, Correspondance de Fénelon, t. X, p. i3i).

àêo. 1698] DE BOSSUET. 3^9

cela pouvait être ; mais que cela ne dépendait ni du Pape, ni de lui, mais de MM. les cardinaux.

11 voit bien où est l'enclouure; mais il est très modéré, très sage, et a beaucoup de retenue : il n'en voit pas moins les manèges du cardinal de Bouillon. Je lui parlai fortement sur les deux sens qu'on voulait donner aux propositions. Il convint avec moi des mêmes choses que le cardinal Casanate sur cela, et me parla fort bien là-dessus. Il m'assura que, quoi qu'on pût faire pour allonger, que cela ne pourrait pas être si long que je craignais, et que sûrement dans le mois de janvier les cardinaux auront fini. Je pris la liberté de lui dire que, si certaines gens continuaient, je ne le croyais pas, et que c'était au Pape à y donner ordre ; que pour le Roi, il n'y oubliait rien.

J'ai su par un cardinal qui n'est pas du Saint Office le sujet de la dernière dépêche, et du nonce au Pape, et du Roi à M. le cardinal de Bouillon. C'est sur la crainte que le Roi dit avoir avec fondement, que. dans la bulle qu'on suppose qui se fera contre M. de Cambrai, ceux qui ont intérêt de brouiller ne fassent insinuer quelques paroles en faveur des prétentions d'infaillibilité, qui seraient cause que cette bulle ne pourrait être reçue dans le royaume, et que le Roi ne pourrait exécuter la parole qu'il a donnée au nonce sur cela. Sur quoi il ordonne à M. le cardinal de Bouillon de veiller, et d'en parler fortement au Pape. Je sais que M. le cardinal de Bouillon trouve fort hors de propos cette démarche. Mais pour moi, quoique, j'avoue, je n'aie pas entendu parler qu'on eût un pareil dessein, je trouve cette précaution excellente, et même qu'on l'ait fait de bonne heure, afin découper court là-dessus, et qu'il n'en soit pas question quand on travaillera à la bulle, et que cela ne fasse pas de nouvelle difficulté et de nouveau retardement, ce qui pourrait fort bien arriver.

Je vous dirai qu'il y a un mois qu'à peu près cette pensée me vint dans la tête. Je la communiquai au cardinal Casanate, qui me dit que ce ne pourrait être que des fous qui pussent avoir cette idée; qu'il n'était pas question ici d'infaillibilité du Pape; qu'il fallait que le Pape songeât à faire un décret conforme à la tradition, à l'Écriture sainte, aux décrets

35o CORRESPONDANCE

unti [n 6à& ■ u i, 1 1 '|'i il m i pei iodim ne lui dû patei lit qu'en ce a il m fut infaillible : et que, iani aU< i plusl iin, il n j avait pas leus jour* que, parlant ia Pape rai ûtes, '[ni m I 'ni raloti aupi - de lai comme les défen- •■'111 .i la ooor de Home, il loi avait tenu

le mena dise i avait ajouté pi l'aflàûn

de Cambrai, que ri v v ne luirait pai la règlei de la tri liti on et de l'Ecriture dani ion décret, asaurément elle ne serait pai inl tiUible. le ne i lie i imment j ni an >

atea lettrei de roua m irqui i que je roua le dis. l'aTOue que je leraii aases curietu d qui .1 pu donner cet avis a la Gour II but qu'il ait été donné

[ue M . le de Bouillon pa celé est rené :

m m luvau i-:!"1 I * -l i est d autant meilleur, qu que M. le cai . il pens ûtpeut-él il en 1 1

P ir tous dire I miment se

liel tlbani . j j roii nn peu de doufc ■al md, je pense qu il 1 1 bien : m vu \\ i i pas été ri i ondi ment que loi eutres: i est m man leP R nd. Poui moi, je crain nn j" d

1 Se wra nn ai an I efl ai pour lui, s'il rompt en vu nal de Bouillon. Pom croit qu'il va bien ; mi narcra

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5 PI I pei t(p. I ■ théologien ■ I* l'rnf urenr

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l'ai m S. S , après avoir su par le P, Roslet son audience de qb matin. S. S, est talonnée de tout; o 11 o est indignée

contre M. lo cardinal de Bouillon. M m'a promis de parler fortement. Elle veut absolument que les cardinaux donnent

10 voeu ot la qualification par écrit. le n'ai rion oublio do oo qui lui pont faire connaître l'importance do finit tôt 11 ost certain, quelque bonne intention qu'elle ait, qu'il n\ a que le Roi et le nonce qui la puisse remuer efficacement ot résoudre

contre les impressions conti-melles et les continuels a-sauts que les protecteurs de M. de Cambrai lui donnent. Il le tant soutenir jusqu'à la fin et presser plus que jamais, ot coup sur coup. Il m'a fort demandé dos nouvelles do votre saute 11 sait la petite maladie de M. de Paris et M guérison. 11 ma

dit qu'enfin certaines gêna avaient* commence* donner par

écrit quelque chose. Il n'aime point lo cardinal de bouillon. mais il le craint. Qui no le craindrait?

J'ai vu encore l'assesseur, qui m'a confirmé que M le CSX

dînai de Bouillon avait conclu. 11 m'a assuré qu'on ne s'arrêterait point aux prétendus sons caches du livre, mais qu'on

qualifierait les propositions ai sonant, et qu'on voulait les

condamner in SCftSa 90VM et naturali. C'est aussi ce que j'ai tâche de faire comprendre au Tape. Je n'ai rien DU apprendre

sur les qualifications que M le cardinal de Bouillon pouvait

avoir données aux propositions. Je suis bien assure qu'il n 'a pas condamné les propositions dans le sons de son ami, ni dans le sens oJ M : l .-'.' ruiturali. Il aura apparemment distingué

doux sons, comme s'agissent de propositions, équivoques, qu'il est de l'équité d'expliquer suivant la déclaration de l'auteur.

11 aura condamne le doctrine do cinquième état, qui exclu

rait l'espérance; mais il aura soutenu que les propositions ne

l'excluent pas dans le sens qu'v donne Ri. de t'ambrai 11 est

difficile qu'il dise quelque chose de hou ; mais, par ce qu il m'a avancé lui-même, par ce que m'ont rapporte les autres,

M Buis presque assure que son VOHI >a là. Au moins est-il bien certain que, tel qu'il BSt, il ne l'a donne qu'à l'extrémité

Q l 'autographe incomplet l'arrêta ici.

352 CORRESPONDANCE [déc. 1698

et qu'après avoir voulu voir s'il ne pourrait pas former quelque parti. Ce serait vouloir se tromper trop visiblement, que de croire qu'il ne se conduira pas jusqu'à la fin dans le même esprit, au péril de tout, même d'encourir la digràce du Roi, à qui il croit toujours pouvoir en imposer1. Il agira toujours de mauvaise foi.

Mais quel remède à un si grand scandale? J'avoue que je n'en connais point. Après tout ce que ce cardinal voit, tout ce qu'il sait, que peut-on faire de plus que d'aller à des extrémités qu'on ne saurait conseiller? Je puis vous dire seulement que tout le monde, les cardinaux et le Pape s'étonnent de la patience du Roi et de l'insolence de M. le cardinal de Bouillon.

L'état des choses, que je n'ai pu éclaircir qu'aujourd'hui, m'a déterminé à dépêcher un courrier, et cela pour plusieursraisons: la première est l'ordre que vous m'avez donné de le faire dans des conjonctures aussi essentielles ; la seconde, afin que l'on voie à la Cour les mesures qu'on peut prendre, sans perdre un moment de temps, par rapport au Pape et à M. le cardinal de Bouillon, et qu'on sache à quoi s'en tenir sur la conduite de ce ministre; la troisième est que M. Poussin m'a averti que M. le cardinal de Bouillon était très inquiet et se défiait de ses propres domestiques8, qu'il avait ouvert leurs lettres, et qu'il craignait, cet ordinaire, qu'il ne s'avisât peutêtre d'envoyer ouvrir celles qu'on porterait à la poste ; quatrièmement, parce que M. le cardinal de Bouillon retarde de huit jours à renvoyer le courrier extraordinaire dépêché de la Cour, et cela afin qu'on ne soit pas informé si tôt de ce qui se passe ici. Enfin je me suis déterminé à prendre cette voie,

7. Bouillon ayant proposé à Louis XIV de ne plus mettre les pieds au Saint Office jusqu'à la décision de l'affaire, le Roi laissa le cardinal libre de voter selon sa conscience (Affaires étrangères, Rome, t. 389, f° 3i6).

8. La maison du cardinal de Bouillon était presque entièrement composée de personnes hostiles à M. de Cambrai : les lettres écrites à son aumônier, l'abbé Bertet, ne laissent aucun doute à cet égard (Bibliothèque d'Avignon, ms. i435).

«léc. 1698J DE BOSSUET. 353

prévovant qu'au niovcn du courrier extraordinaire que je dépèche aujourd'hui et de celui que M. le cardinal de Bouillon renverra dans huit jours, j'aurai la faculté d'instruire promptenient de tout ce qui se fait dans un commencement aussi essentiel que celui-ci.

Le Sieur Feydé, agent du Grand duc, me donne un homme sûr qui porte mon paquet à Florence, qu'il adresse à M. le Grand duc; et M. le Grand duc fera repartir sur-le-champ un courrier, qui sera adressé à M. le marquis de Salviati, qui vous fera tenir ma dépèche. Vous verrez avec M. le marquis Salviati à pourvoir aux frais du courrier, et à le renvoyer si vous le jugez à propos : c'est ce dont je suis convenu avec le Sieur Feydé. Je ne pouvais prendre de voie plus sûre, plus prompte et plus secrète. Par là, nous ne serons pas à la merci de quelque fripon, ou qui reste quinze jours en chemin, ou qui ne puisse courir.

Je vous ai mandé plus d'une fois combien l'agent de M. le Grand duc fait bien ici; je vous prie d'en parler dans l'occasion.

M. Poussin continue à faire tout ce qu'il peut pour nous seconder. M. le cardinal de Bouillon le hait à la mort, et fait tous ses efforts pour que M. le prince de Monaco ne le prenne pas à son service. Cela seul devrait opérer un effet contraire. Je vous prie de ne pas négliger dans cette occasion les intérêts do M. Poussin, d'en parler en particulier à Mme de Maintenon, qui est déjà très bien disposée en sa faveur, aussi bien que tous les ministres9. M. le prince de Monaco, que M. le cardinal de Bouillon a prié de ne le point continuer dans son emploi, sera embarrassé; mais, quand il dira que le Roi et et les ministres l'ont souhaité, que pourra répondre M. le cardinal de Bouillon? J'en écris autant à M. de Paris.

M. le cardinal de Bouillon croit ne pouvoir être convaincu

9. Le Roi donna à Bouillon la faculté de renvoyer Poussin, dont la fidélité lui était suspecte, pourvu que ce fût sans éclat, à cause des secrets qui étaient eu la possession de cet homme (Affaires étrangères, Rome, t. 389, fos 3iu et suiv.).

354 CORRESPONDANCE [déc. 1698

à cause du secret du Saint Office, et il niera tout ; mais les actions et les faits parlent.

M. Madot voulait vous écrire : je me suis chargé de vous faire ses très humbles remerciements. C'est un gentilhomme qui a de l'esprit et du mérite, et qui est très fort de mes amis.

M. l'abbé de La Trémouille a enfin parlé au Pape, à peu près comme j'aurais souhaité qu'il le fît il y a un an ; mais il m'a assuré avoir bien parlé, et je l'en remercierai de votre part.

Le Pape m'a déclaré ce soir, ainsi qu'au P. Roslet ce matin, qu'il était bien éloigné d'improuver la censure de la Sorbonne et le procédé de M. de Paris à ce sujet.

Les jésuites ont fait tous leurs efforts auprès du Grand ducr mais inutilement. Ils ne s'oublient pas ici, et le P. Charonier surtout.

Le quiétisme s'est découvert dans le royaume de Naples.

Si le prince de Monaco arrive ici avant la décision de l'affaire de M. de Cambrai, qu'il n'ait pas confiance en moi, et ne témoigne point de vigueur par rapport au succès de cette affaire, il nous fera plus de mal que de bien. La seule apparence qu'il aurait de vouloir ménager là-dessus M. le cardinal de Bouillon serait pernicieuse.

On ne publie pas encore ici la réponse aux Mysiici in tuto, qu'on dit arrivée. L'ouvrage que vous projetez me paraît bon: tout ce qui viendra de vous sera bien reçu des honnêtes gens.

J'oubliais de vous dire que la rage des Cambrésiens sur la censure des docteurs a été au point qu'ils ont distribué aux cardinaux des lettres anonymes, en italien et en français, excessivement insolentes contre M. de Paris, qu'ils accusent d'avoir forcé les docteurs à signer : mais les déclamations indécentes n'ont fait ici aucune impression. Les jésuites sont les seuls qui les aient approuvées, parce qu'ils ont publié les mêmes choses.

Documents sur les Réunis.

i° Pierre de La Broue à M. de Basville.

J'ai reçu, Monsieur, la réponse de M. l'évêque de Meaux4,bien différente de celle que j'attendais : la voici dans les mômes termes ; afin que vous jugiez mieux des fondements de son sentiment, qui me paraissent aisés à détruire.

« Je suis fâché de me trouver d'un avis », etc. 3.

"Vous voyez bien, Monsieur, qu'il n'est pas malaisé de répondre à toutes ces raisons. Premièrement, les obliger à la messe, n'est nullement un engagement à les obliger à faire leurs pâques ; à quoi on ne saurait penser sans horreur. Secondement, quand il dit que les nouveaux convertis doivent plutôt être empêchés que contraints d'assister aux mystères, il regarde l'assistance de même que la participation aux mystères, selon l'ancienne discipline de l'Eglise, qui n'y mettait pas en effet une grande différence. Mais il est certain que la discipline est changée à cet égard, et l'Église n'excommunie pas aujourd'hui tous les pécheurs à qui ses pasteurs refusent l'absolution : elle les oblige au contraire, aussi bien que les fidèles qui sont en état de grâce, à assister aux exer-

i° — Cette lettre avait été communiquée à Deforis par le président de Montrevaux, fils de M. de Basville.

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