I. La lettre précédente
35° — L. a. s. Affaires étrangères, Rome, t. 3g6, f° i3. Inédite.
LETTRES SUR LE Ql [ÉTISME. 373
n'est point à moi à les convaincre ni môme à leur parler avec une franchise trop dure. D'un autre côté, je ne puis me payer d'une mauvaise monnaie, ni convenir qu'elle soit bonne; je n'ose ne leur point répondre, et tout cela me l'ait conclure qu'il vaut mieux attendre du temps un plus grand éclaircissement.
Vous savez. Monsieur, avec quels sentiments je suis votre très humble et très obéissante servante.
Maintenon.
36° L'Archevêque de Reims à VA bbé Bossuet.
A Reims, ce 22 juin 1698.
J'arrivai en cetle ville jeudi, 19 de ce mois. On m'a assuré dans le pays d'où je viens1 que M. de Cambrai veut répondre aux réponses que M. de Paris et M. votre oncle lui ont faites. Je ne comprends pas comment il s'y prendra ; il sera encore bien plus embarrassé, lorsqu'il verra la Relation de M. de Meaux sur le quiétisme, qui va paraître. Je ne doute pas que M. votre oncle ne vous l'ait envoyée d'avance manuscrite. Je prie Dieu de tout mon cœur qu'il augmente votre courage contre la cabale, et qu'il vous fortifie de plus -en plus par sa sainte grâce pour défendre la vérité.
Je suis entièrement à vous.
L'Arch. duc de Reims.
370 Antoine de Noailles à l'Abbé Bossuet.
Paris, ce 24 juin 1698.
Vous n'aurez qu'un mot de moi aujourd'hui, Monsieur, car je viens de faire une course de visites. J'en arrivai hier au soir, et n'ai pu écrire que dans ce moment où le courrier va partir. J'ai reçu votre lettre1 du 3; j'y vois la continua-
36° — 1. On a vu, t. IX, p. 465, que le prélat venait de Flandre. 37° — 1. Cette lettre n'a pas été conservée.
tion de vos soins et des efforts de la cabale: j'espère qu'elle succombera à la fin.
J'ai bien de la joie que vous soyez content de ma réponse à M. de Cambrai 2 : elle a parfaitement bien réussi en ce pays. Vous en avez eu plus promptement que je ne croyais des exemplaires imprimés: les imprimeurs ont cru avec raison y gagner, et se sont pressés d'y travailler. Je vous l'enverrai en latin 3 le plus tôt que je pourrai.
Vous aurez dans peu la Relation de M. de Meaux et l'ouvrage de M. de Chartres4 : on y verra des faits importants, qui feront connaître la vérité à tous ceux qui ne seront pas ou ne voudront pas être aveugles. Une autre fois, je vous en dirai davantage: je ne veux pas perdre ce courrier; ainsi je ne puis que vous assurer, Monsieur, que je suis toujours à vous avec les sentiments que vous savez.
38° L'Abbé Bossuet à Antoine de Nouilles.
A Rome, ce i er juillet 1G98.
Vous aurez vu, Monseigneur, par mes précédentes, les longueurs qu'il y avait à craindre dans l'affaire de question 1, si l'on ne changeait la manière de procéder qu'on avait prise, et si l'on ne trouvait le moyen d'abréger les relations des qualificateurs. Vous avez reçu le projet que j'ai fait donner au Pape. M. le cardinal de Bouillon m'avait paru l'approuver ; mais depuis j'ai su qu'il ne jugeait pas à propos de faire aucune instance pour le faire suivre. Je ne sais si c'est par la raison qu'il vient de ma part. Il croit apparemment en avoir un meilleur : ceux qu'on a proposés jusqu'à présent, je ne sais par quel malheur, n'ont plu à personne, et ont été inutiles. Mais on espère que cela fera toujours voir au Roi le