De question, dont il est question. Cf. t. III, p
soin qu'on apporte à mettre fin à cette affaire, et que cela ne dépend pas du cardinal de Bouillon. Le cardinal de Bouillon a par rapport au Roi une attention extrême, et va ici priant tout le monde et surtout le cardinal Spada et le Pape même de bien rendre témoignage des instances qu'il fait à ce sujet, dans les lettres qu'ils écrivent au nonce. M. le prince Vaïni ne s'oublie pas au sujet du cardinal de Bouillon, dans les lettres qu'il écrit au nonce tous les ordinaires. Si M. le cardinal de Bouillon le voulait, le projet que je vous ai envoyé serait suivi en tout ou en partie ; car c'est celui qui plaît le plus à toute la Congrégation.
Deux ou trois personnes depuis buit jours ont sondé le Pape là-dessus, et il n'a fait que leur parler de réduire les propositions sous des cbefs principaux. Jeudi, dans la congrégation qui se tint devant le Pape, il exhorta fortement MM. les cardinaux à chercher efficacement le moyen de finir, leur témoigna qu'on ne pouvait lui faire un plus grand plaisir et rendre un plus grand service à l'Église dans les circonstances présentes. M. le cardinal Casanate proposa d'exécuter le projet que je lui avais donné, à la réserve de prescrire une demi-heure pour parler, mais disant qu'on se contenterait de faire savoir aux qualificateurs qu'ils feraient plaisir à la Congrégation d'être courts. On ne résolut rien.
Je fus averti aussitôt de ce qui s'était passé, et je crus que je ne pouvais mieux faire que d'aller aux pieds du Pape pour le remercier du zèle qu'il avait témoigné sur ce sujet à MM. les cardinaux, et prendre de là occasion de lui marquer la nécessité de prescrire quelque règle aux qualificateurs, sans quoi on ne pouvait espérer aucune fin. J'y allai avant-hier. Je me doutais bien que je lui ferais plaisir de lui parler de ce qui s'était passé à la congrégation ; après quoi, j'entrai en matière, et fis mon possible pour lui faire comprendre la situation de la congrégation, l'indolence des cardinaux, leurs vues politiques, et pour lui faire entendre qu'il n'y avait rien de bon à espérer que des saintes intentions de S. S. ; mais qu'il fallait qu'elles fussent efficaces, et qu'il déterminât et fit exécuter l'expédient
qu'il croirait être le plus prompt et le plus convenable. Une des choses que je sais qui fait le moins de peine au Pape, c'est d'entendre parler comme je lui parlai. Il m'assura avoir une attention extrême sur cela, et qu'il allait chercher des moyens efficaces pour me contenter. Il comprit bien l'inutilité des grands discours des examinateurs, et que l'essentiel est qu'ils laissent, après avoir peu parlé, leur vœu par écrit. Je finis par lui dire2 qu'on attendait tout le bien de lui, et de lui seul.
Je trouvai aisément l'occasion de lui parler de ce que le Roi avait jugé à propos de faire en France, en éloignant d'auprès des princes des personnes aussi suspectes. Il ne me dit rien là-dessus qui me pût faire connaître que cela lui eût fait la moindre peine, quelques efforts que Fabroni ait faits pour l'animer là-dessus.
J'ai appris depuis que S. S., en attendant qu'on eût pris une résolution plus précise, avait ordonné que les qualificateurs eussent à parler sur trois propositions à la fois, et laisser leur vœu par écrit. Mais cela ne suffit pas, et il faut qu'on en vienne à parler sur chaque chapitre principal, qu'on peut réduire facilement à six. J'espère que jeudi il pourra y avoir quelque résolution là-dessus. Le nouvel assesseur et le commissaire du Saint Office me paraissent approuver fort cette vue, et doivent demain en parler fortement au Pape.
Le mal de cette affaire vient de M. le cardinal de Bouillon, qui me fuit depuis quinze jours avec affectation, et ne veut entrer dans rien avec moi 3. S'il le voulait pour le bien de l'affaire, ce qui nous coûte tant de peines se ferait en un clin d'œil, pour ainsi parler ; et il me semble qu'il le pourrait, et même le devrait dans tout ce qui va à une prompte décision. Je n'ai pas à me reprocher de n'avoir pas fait toutes les avances imaginables, telles que je le devais sur tout cela ; et je le ferai toujours avec fort peu d'espérance d'y réussir.
De nos amis, craignant de grandes longueurs dans cette