A la tèle de la Congrégation
depuis le commencement de l'affaire, paraît toute changée. Il arriva effectivement hier ce que j'avais prévu. Les uns s'étant préparés sur une matière, les autres sur une autre, il fallut voter sur les propositions qui regardent le propre effort, parce que le jésuite 2, qui s'est trouvé le premier, commença par là ; la plupart des qualificateurs croyaient qu'on voterait sur l'indifférence. Ce qui fut de mieux, ce fut qu'il parla très brièvement, et les sept premiers votèrent, en sorte que mercredi et jeudi devant S. S. ce chapitre sera terminé.
Les cardinaux qui virent la confusion résolurent d'y mettre l'ordre. Le hasard a produit un tel effet, car je crois que si les qualificateurs avaient été préparés, ils auraient été plus longs.
On loua fort les qualificateurs d'avoir été courts ; on les exhorta à continuer. Comme il faut donner ici tout digéré, j'ai donné à l'assesseur, au commissaire et à quelques cardinaux, entre autres au cardinal de Bouillon, le mémoire où sont les trente-huit propositions réduites sous leurs principaux chefs. C'a été le travail d'une demi-heure, qui aurait peut-être arrêté longtemps. En vérité, cela fait pitié, et avec tout cela, si l'examen continue sur le pied qu'on vient de déterminer, il sera fini au mois de septembre assurément, et ce sera aux cardinaux à parler.
L'archevêque de Chieti a fini déparier sur tout. Il a dit en peu de paroles que son avis n'était pas qu'on put qualifier les propositions en particulier, parce que l'auteur corrigeait par des propositions catholiques à chaque page les propositions ambiguës qui pouvaient faire de la peine (selon cette règle, ce serait assez difficile de condamner la plupart des hérétiques, ctMolinos en particulier) ; mais néanmoins qu'on défendit la lecture du livre à cause des circonstances. Voilà comme le bon homme s'est cru tirer d'affaire, et c'est tout ce qu'on en a pu tirer3.
J'espère faire en sorte auprès du Pape et de la Congrégation, qu'on demandera à la fin à chaque examinateur favorable