‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 191 sur 224 · Cf. p. 73 et 38g · texte numérisé non relu

Cf. p. 73 et 38g

LETTRES SUR LE QUIÉTISME. 3g5

Je ne vous dis plus, Monsieur, combien je suis à vous : je vous en crois bien persuadé; vous me feriez tort si vous en cloutiez.

46° Antoine de Noailles à F Abbé Bossuet.

Comme je me disposais, Monsieur, à répondre à votre lettre du 22, j'ai reçu celle du 29 et du 3o par le courrier extraordinaire. Elle m'a été rendue très sûrement et promptement : n'en soyez pas en peine. Je le suis des dispositions où vous avez trouvé le cardinal Nerli : la seconde partie de votre conversation me déplaît fort; je chercherai le moyen de le faire changer. Mais travaillez à soutenir ceux que vous croyez mieux disposés; car il est à craindre qu'on ne les affaiblisse par les raisonnements que le cardinal Nerli vous a faits, qui sont spécieux pour des politiques et des gens qui aiment leur repos.

Le procédé du cardinal de Bouillon est toujours très singulier1. L'esprit lui manque : il faut bien qu'il croie la cause désespérée. Son absence ne peut être que bonne; ainsi je ne m'y opposerai pas : je presserai même qu'on y consente, si on a besoin de l'être.

Le discours que ce cardinal vous a fait et à ceux qu'il avait appelés avec vous2, est fort extraordinaire: vous avez très bien fait de n'y rien répondre.

Grondez toujours de la longueur des examinateurs et de l'opiniâtreté qu'ils ont de ne vouloir point abréger, malgré les ordres du Pape et de la Congrégation.

Je sais bien qu'il ne faut pas aigrir les gens du pays où vous êtes, mais il est bon de les tenir en crainte3; et il est certain que, si on ne fait qu'une condamnation générale ou une simple prohibition, on ne pourra éviter d'en faire davan-

46° — I. Voir plus haut, p. g5 et 3go, les lettres du 29 juillet.

2. Les abbés de Chantérac et de La Trémoille. Cf. p. g5 et 3go.

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