L'anonyme ne paraît pas avoir répondu
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résolution qu'il avait prise3 : on consentait volontiers en ce paya au séjour qu'il voulait faire à la campagne.
Continuez à combattre la cabale, et à soutenir la bonne cause; j'espère que Dieu vous y aidera; nous le ferons de notre mieux en ce pays. M. de Meaux arrive demain : nous conférerons d'abord, et nous agirons toujours avec le zèle que nous devons. Croyez-moi, je vous conjure, Monsieur, à vous très sincèrement.
48° L'Abbé Bossuet à Antoine de .\oaillcs.
A Rome, le 26 août 1698.
J'ai reçu, Monseigneur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du l\ de ce mois. J'attends avec impatience de vos nouvelles sur mes dépèches du commencement de ce mois.
Le mystère sur la réponse à votre lettre augmente tous les jours; il est impossible d'en avoir d'exemplaire imprimé, même il a fallu des manèges pour l'avoir encore une demijournée et la faire copier. M. le prince Vaïni s'est employé pour cela et y a réussi : sans lui, il m'était impossible de l'avoir à ma disposition. J'ai cru qu'il était à propos de vous en envoyer une copie authentique, et nous l'avons fait collationner par devant un notaire et légaliser : elle peut faire foi comme l'original. On dit qu'ils la veulent supprimer ici et en mettre une autre à la place sous les prétextes de modération que je vous ai mandés ; mais néanmoins les émissaires de M. de Cambrai, qui sont en grand nombre, la font lire à tout le monde en grand secret, et répandent des bruits sur le Roi à propos de cela très insolents. On commence à montrer de même en confidence la réponse à la Relation du quiétisme. Je ne sache pas qu'ils l'aient encore donnée en propre à personne. C'est un mystère d'iniquité.
3. De se retirer à Frascati afin de ne pas prend rt- part au jugement de l'affaire, comme on l'a vu, p. g5 et 3go. 48° — Inédite. Mss. de Saint-Sulpice.
J'ai été obligé d'aller aux pieds du Pape pour me plaindre d'un pareil procédé, et pour l'empêcher de précipiter une décision qui ne pourrait être honorable au Saint Siège, si on n'entrait dans le fond de la doctrine et si on ne qualifiait. Avant que d'aller au Pape, j'ai vu les cardinaux Spada et Albani, qui m'ont dit qu'on pressait tellement le Pape de faire une décision telle qu'elle fût1, pourvu qu'elle fût prompte, qu'il était à craindre qu'on ne fît rien qui vaille ; qu'il était à propos que je lui déclarasse là-dessus les vrais sentiments des évèques et de la France. C'est ce que je lis avant-hier avec succès. Je fis tomber les instances qui se faisaient du côté de la France sur le désir qu'on avait de voir finir les relations des qualiticateurs, qui ne faisaient que faire durer un scandale public en faisant durer leur division2; qu'une fois ce scandale fini, les évèques attendraient avec patience le jugement, et que S. S. et les cardinaux prissent le temps convenable pour former leur vœu et faire une décision honorable et forte, et une qualification ; que c'était ce que les évèques souhaitaient le plus ardemment ; qu'un mois plus tôt ou plus tard n'était rien pourvu qu'on en vînt à une qualification; qu'au reste, S. S. voyait l'importance et la nécessité de ne pas perdre de temps et de faire quelque chose de décisif qui apaisera de si grands troubles. Le Pape reçut fort bien ce que je lui dis. Il me dit qu'il était ravi de savoir ce que je lui disais ; que c'était son intention, et qu'il voulait par une bonne décision donner le repos à la France et contenter le Roi et les évèques.
Je lui parlai fortement sur le procédé inouï de M. de Cambrai et de ses agents par rapport aux réponses à votre lettre et à M. de Meaux ; je lui en fis voir l'injustice. Il en fut étonné. Cela fit impression sur son esprit. Je le priai de n'ajouter aucune foi à de pareils libelles, qu'on cachait aux
1. Telle qu'elle fût, quelle qu'elle fût. Cf. t. VII, p. 157; t. IX, p. 352.
3. Le ms. porte : décision. C'est une faute du copiste, comme le prouve le passage correspondant de la lettre du même jour adressée à Bossuet; plus haut, p. i5o.
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parties quoique adressés à eux. Je lui 6s faire attention sur le parjure de M. de Cambrai à la face de toute la terre, qui prenait Dieu à témoin dans son Instruction pastorale que, par intérêt propre, il n'avait jamais entendu l'objet de l'espérance surnaturelle; (pie cependant M. de Chartres produisait un écrit de lui ou il assurait tout le contraire ; que je le suppliais là-dessus de juger de la bonne foi du prélat dans tout le reste. Il me témoigna une grande douleur de l'entêtement de cet archevêque, et m'assura qu'on serait content pourvu qu'on eût patience.
Le cardinal Albani me dit hier que S. S. lui avait témoigné de la joie de voir que j'étais content de la manière de procéder à présent et de ce que je comprenais la nécessité de prendre3 un peu de temps pour en faire les choses mieux. Je répétai au cardinal Spada que, quoiqu'il ne fallût pas précipiter, néanmoins il ne fallait pas perdre de temps. Il me dit que S. S. n'approuvait pas la conduite des agents de M. de Cambrai. Il est certain que les cardinaux en sont scandalisés, aussi bien que de la hauteur avec laquelle ce prélat continue à traiter M. de Meaux et vous.
M. le cardinal de Bouillon a donné part au Pape de l'ambassadeur que le Roi a résolu d'envoyer à Rome. Il a publié de plus en même temps que c'était à sa sollicitation pressante depuis six mois, que même c'était lui qui avait demandé en particulier M. de Monaco. Tout le monde n'est pas làdessus si crédule que moi, qui crois tout ce que M. le cardinal de Bouillon dit, quand je ne sais pas le contraire. M. le cardinal de Bouillon assure ici qu'il va être le protecteur de la France, ce que tout le monde a bien de la peine à croire. Le cardinal va résolument à Frescati et dit qu'il en reviendra pour assister aux congrégations du lundi et du jeudi ; mais on est persuadé qu'il trouvera quelque prétexte pour ne pas rester. 11 sent le coup : tout le monde le voit manifestement.
Je crois, Monseigneur, que vous aurez la bonté de prévenir M. de Monaco ; surtout il est de la dernière conséquence