‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 202 sur 224 · Voir cependant p. 63, 78, 97, 385, 3g · texte numérisé non relu

Voir cependant p. 63, 78, 97, 385, 3g

56° — I. La mort du duc d'Estrées. Voir p. 189.

hlk APPENDICE II.

me l'avait communiqué ; et ceux qui l'ont exigé de vous, vous ont obligé en le demandant. Ce que j'ai fait sur votre sujet n'est point un mérite à votre égard; c'est un simple témoignage que j'ai rendu à la vérité, et que d'ordinaire en ordinaire toutes mes lettres me confirmaient. J'avoue que je l'ai l'ait, irrité contre les impostures2 qui, grâces à Dieu, ont été pleinement connues.

Un homme de votre talent et neveu de M. de Meaux doit être persuadé que, non seulement je ferai justice à ce qu'il mérite, mais que je serai toujours avec passion, Monsieur, votre très affectionné serviteur.

Le Cardinal d'EsTRÉES.

570 Antoine de Noailles à l'Abbé Bossuel.

Le 6e octobre 1698.

Le retour du Roi de Compiègne et son départ pour Fontainebleau m'ont tellement accablé d'affaires, que je n'ai pu, Monsieur, vous écrire les deux derniers ordinaires : je vous en fais mes excuses et vous prie de croire que j'en suis très fâché.

Je vois par votre lettre du iG que nous en avons jusqu'au mois de novembre, les cardinaux ayant pris ce mois-ci pour leur villégiature: je n'en suis pas surpris, et n'en serai point fâché, si Dieu nous conserve le Pape et si dans ce temps-là nous avons une bonne qualification. Il est certain que ce nouveau retardement est une nouvelle raison pour la faire ; car il serait bien honteux qu'après avoir tenu en suspens si longtemps toute l'Église, il parût qu'on n'ose prononcer sur la doctrine, et qu'on ne fit qu'une simple prohibition. Représentez-le bien, s'il vous plaît, aux cardinaux et au Pape même, quand vous aurez audience.

Les cambrésiens répandent partout que vous avez prié

2. Allusion à l'aventure de l'abbé, dont il a été souvent parlé. 57° — L. a. n. s. Bibliothèque de l'Université de Genève.

LETTRES SI Et LE Ql IÉTISME. ^25

S. S. de différer le jugement : M. de Cambrai le dira encore plus haut ; mais il faut leur laisser dire et écrire ce qu'ils voudront, et aller son chemin. Il est bon pour cela d'attendre en patience le mois de novembre, de vous tenir clos et couvert jusque-là, de ne guère parlera ceux dont vous n'êtes pas entièrement sur, et surtout de vous défier du cardinal de Bouillon. 11 est certain qu'il fera rage, tant qu'il pourra, le reste de ce mois : voici le coup de partie. L'amitié, aussi bien que le dépit de l'ambassadeur ', lui fera tout faire pour sauver son ami ; ainsi ne vous ouvrez à lui que le moins que vous pourrez.

Vous avez bien fait de rendre compte de l'affaire à M. de Monaco. On l'attend à Fontainebleau : je l'entretiendrai à fond sur cette affaire ; mais j'espère, quoiqu'on soit résolu de le faire partir le plus tôt qu'on pourra, qu'il la trouvera Unie.

Ne vous fiez pas non plus à ce M. Zeccadoro - : les gens qui changent si facilement ne sont pas sûrs.

Je me recommande à l'honneur de vos bonnes grâces, et suis toujours à vous, Monsieur, comme vous savez.

Je dirai ce qu'il faudra sur le retardement dont on vous accuse.

58° L'Abbé Bossuet à Antoine de Noailles.

Rome, ce 7 octobre i6y8.

J'ai reçu, Monseigneur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du i5 septembre. Vous aurez depuis reçu des nouvelles de ce pavs-ci, qui vous auront fait connaître les dernières dispositions et résolutions des cardinaux, aussi bien que les intentions du cardinal de Bouillon. Je ne

1. C'est-à-dire le dépit de voir un ambassadeur (M. de Monaco) à Rome.

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