‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 212 sur 224 · Le bruit qu'ils étaient favorables à M. de Cambrai · texte numérisé non relu

Le bruit qu'ils étaient favorables à M. de Cambrai

Ixkk APPENDICE If.

une leçon qu'on leur voulait faire; mais ils n'ont rien eu à dire aux raisons. Tous les autres l'ont bien pris. Le cardinal Casanata m'a avoué que cela leur avait fait quelque peine, non à lui ; car il en a été fort aise et l'a fort approuvé. Le cardinal Carpegna a dit qu'on avait fort bien fait, le cardinal Albano de même, et le cardinal Panciatici. Le cardinal Noris a dit seulement que cela n'était pas nécessaire. Tout compté, tout rabattu, on a fort bien fait, et cela ne peut faire qu'un très bon effet. Les jésuites et le cardinal de Bouillon, sous main, ont eu beau faire, on ne s'en est pas trop alarmé. Nous avons bien fait valoir les efforts que nous savons que M. de Cambrai a faits nouvellement à Louvain, mais en vain, son chanoine ayant été renvoyé avec des réponses peu favorables. On prétend que Salamanque a refusé de môme et qu'il n'a pu trouver que quatre pauvres docteurs d'Alcala qui, sur l'amour pur, ont parlé avec ambiguïté, entre autres un jésuite qui, à ce qu'on dit, a signé que cet état n'était pas absolument impossible, mais qu'il n'était pas nécessaire. Ses amis n'ont pas jugé à propos de produire cette belle pièce, supposé qu'elle existe. Pour le Pape, il n'a pas été alarmé et il a dit, à ce que m'a assuré le cardinal Albano : « Voyezvous, cela nous doit presser davantage de finir, car ils pourraient se passer de nous. »

M. de Chantérac a débité ici que la signature avait été forcée, mais on ne l'a pas cru.

La censure est faite de main de maître ; il n'y manque que la qualification d'hérétique à deux ou trois propositions ; mais on voit qu'on l'a évitée par modération et on a mis presque l'équivalente.

On tint mercredi la congrégation sur le modo agendi. On en rendit le lendemain compte à S. S., et l'assesseur eut ordre de S. S. d'avertir MM. les cardinaux pour le lundi qui était hier, et il est exprimé dans le billet que c'est par ordre de S. S. pour la décision de l'affaire. Le Pape n'a pas voulu souffrir de délai : il me l'avait bien dit la dernière fois que j'eus l'honneur d'aller à ses pieds.

MM. les cardinaux ont résolu de voler et de qualifier toutes les propositions en particulier. On les a rangées par matières. Chaque semaine, le lundi et le mercredi sont destinés à cela; le jeudi, on parle devant S. S. Les premières propositions tiendront plus que les autres; on les regarde, au grand regret des partisans du livre, comme les fondements du système (ce sont les propositions favorites, qu'on voudrait bien qu'on voulût épargner; mais j'avoue que je n'ai pas eu un moment de repos que je n'aie été comme assuré que l'amour pur ne sera pas plus épargné que l'indifférence du salut) ou qui n'en sont que des conséquences. On commença donc hier. Comme, dans ces congrégations, outre les cardinaux, il n'y entre que l'assesseur et le commissaire, le secret en est comme impénétrable : ainsi il faut deviner à demi-mot. Le cardinal Casanata n'a rien voulu me dire de ce qui s'était passé ; mais son air dégagé et gai m'en ont dit assez. J'ai tant tourné le P. Cloche, que je suis comme assuré et puis vous le dire, que tout va fort bien, que la doctrine des évêques sur le prétendu [pur] amour sera approuvée, et la contraire rejetée. Tous les cardinaux ne purent parler hier : ils achèveront apparemment cette matière demain ; le reste ira plus vite. M. le cardinal de Bouillon parla le premier et parla fort longtemps. Je suis persuadé qu'il aura voulu nager entre deux eaux. Que n'aurais-je pas donné pour être sous la table! Le P. Cloche, qui est bien intentionné, avait la joie peinte sur le visage. Il m'a assuré que tout allait à merveille, ce qu'il ne m'aurait pas dit si les choses lui eussent paru douteuses. Il a une bonté pour moi toute particulière, et nous a servis plus que personne.

Le cardinal de Bouillon revint hier très fatigué et très abattu d'avoir, dit-il, parlé très longtemps. Depuis huit jours, il ne sait où il en est; il veut faire entendre qu'il fera bien. Il me dit, il y a quatre jours, qu'il avait à faire un personnage très difficile : comme ministre, qu'il ne pouvait douter des intentions du Roi, qu'il louait; comme cardinal, qu'il avait sa conscience, et qu'il était bien malheureux de ne

pouvoir pas être spectateur comme tant d'autres. Jamais il n'a tant tortillé ; il ne sait où il en est. Au reste, quand j'ai parlé d'empêcher de voter, je n'ai pas prétendu qu'on le lui défendît précisément, mais qu'on lui expliquât si nettement les intentions du Roi, qu'il fût obligé de ne pas voter s'il voulait le faire en faveur de M. de Cambrai, comme il s'en était presque déclaré.

A présent, tous les efforts de la cabale iront à adoucir les coups; mais, quoi qu'elle fasse, je suis bien trompé si le coup n'est mortel. Les vraisemblances de la réussite ne m'empêcheront point assurément de veiller et d'être sur mes gardes. A présent, je ne sais si je ne vous ai pas déjà écrit sur le sieur Poussin, secrétaire du cardinal de Bouillon, qui a été toujours très nettement dans cette affaire, et nous a été toujours très utile depuis trois mois. Il n'a jamais eu pour loi que les intentions du Roi quand elles lui ont été connues ; le cardinal de Bouillon le hait à cause de cela. Je vous supplie de lui rendre la justice qu'il mérite dans cette occasion.

Le Pape ne voit pas à présent trop volontiers M. de Chantérac.

On vient de me dire qu'il était arrivé une réponse latine de M. de Cambrai au Mystici in tuto, Schola in tato de M. de Meaux. Je ne sais si cela est vrai; mais assurez-vous que cela ne servira de rien.

Le grand avantage qu'a toujours eu depuis le commencement de cette affaire M. de Cambrai, c'est qu'il n'y a point eu de secret dans le Saint Office pour ses amis, et qu'ils ont été avertis de tout dans l'instant2. Il était impossible que nous v fussions aussi bien servis, et il a fallu deviner presque tout.

La lettre que vous avez écrite à M. Phelipeaux l'a encouragé; avez la bonté de continuer, et de louer ses travaux, il a fait plusieurs écrits fort utiles à la bonne cause.

2. Ceci est fort douteux; du moins, sur les séances du Saint Office, les lettres de Chantérac sont Ioio de fournir autant de renseignements précis que celles de l'abbé Bossuet. Celui-ci (lettre du 20 janvier 1699) se procura même une copie du registre de la Congrégation.

On s'est étonné que MM. les docteurs n'aient point touché la séparation des deux parties3. Mais il ne tiendra qu'aux cardinaux de relever leurs omissions; on aura sujet de s'en consoler. Je verrai sans discontinuer ceux qu'il est à propos d'informer jusqu'à la fin. Je suis, etc.

690 Jean Phelipeaux à Antoine de Noailles.

À Rome, ce 18 novembre 1698.

Depuis la dernière lettre que j'ai eu l'honneur d'écrire à V. G., les choses se sont beaucoup plus déclarées qu'elles n'étaient. Vous aurez lu par le dernier courrier que M. de Chantérac avait demandé au Pape un délai pour répondre aux Remarques. Les plus puissants protecteurs l'avaient flatté qu'il l'obtiendrait; mais le Pape l'a refusé, et, deux jours après, il intima les congrégations pour la décision de l'affaire. Mercredi et jeudi dernier, on traita de modo agendi, et hier lundi se tint la première congrégation extraordinaire, où parla le cardinal de Bouillon. Mercredi, on continuera, et jeudi se fera devant le Pape le rapport de ce qui aura été fait dans les deux précédentes congrégations, ce qui se continuera chaque semaine. Je crois qu'on traitera la matière par rapport à sept chefs principaux, suivant le projet que nous donnâmes dans le temps de l'examen. Tous les cardinaux paraissent bien instruits et bien intentionnés.

L'archevêque de Chieti voudrait bien changer son vœu, voyant bien que cela lui nuira dans l'esprit du Pape. Au retour de la campagne, il en devait conférer avec Mgr Giori, qui est toujours fort chaud pour nos intérêts. Le sacriste a

3. « Il se fait, disait Fénelon (Maximes des saints, art. XIV), dans les dernières épreuves pour la purification de l'amour, une séparation de la partie supérieure de l'àme d'avec l'inférieure; en ce sens que les sens et l'imagination n'ont aucune part à la paix et aux communications de grâce que Dieu fait alors souvent à l'entendement et à la volonté d'une manière simple et directe qui échappe à toute réflexion. » Voir plus loin, p. 453.

69° — Inédite. Ms. de Saint-Sulpice.

dit au P. Estiennot qu'il voudrait que le livre n'eût jamais paru. Il a raison, car il s'est déshonoré en trahissant lâchement l'Église et la vérité. Vous savez les raisons de ses engagements. Ce qui surprendra V. G., c'est que le cardinal de Bouillon semble changé. Il voit le ridicule qu'il se donnerait en allant contre le torrent. Il a agi pour M. de Cambrai et les jésuites tandis qu'il a cru pouvoir embrouiller ou faire différer l'affaire.

Je crois avoir pénétré que le Roi a écrit fortement par le dernier courrier qu'on rendrait le cardinal de Bouillon responsable de l'événement, et qu'on verrait par le succès s'il méritait qu'on effaçât les soupçons qu'on avait pris contre lui. Vous jugez bien, Monseigneur, quel parti on doit prendre dans cette conjoncture. Le cardinal de Bouillon aura peine à se déclarer ouvertement en faveur de M. de Cambrai. 11 y a quelques jours que je le vis. Il me fit entendre que les choses n'étaient plus dans le premier état ; qu'on verrait à la fin comment il s'était comporté dans l'affaire ; qu'il m'en disait trop, mais que, l'affaire étant finie, il voulait avoir une conversation avec moi, où il me dirait des choses qu'il ne pouvait me dire à présent. Ayant vu qu'il était fait mention de trois écrits dans les Remarques de M. de Meaux, il me dit qu'il ne les avait point vus. Il me demanda si je les avais, et me pria de les lui faire voir. Je l'ai fait, et il a été lui-même étonné de l'insolence des auteurs. Il en a voulu avoir des extraits. V. G. aura vu ces écrits. Je les ai envoyés à M. de Meaux, et lui ai marqué les auteurs. Ils sont très insolents. On n'a rien épargné pour décrier les trois prétendus accusateurs du livre, principalement M. de Meaux, contre qui la rage éclate davantage.

Poussin dit que, si le cardinal de Bouillon avait voulu suivre ses conseils, il se serait épargné bien de la peine, aussi bien qu'aux autres. Mais il y a trop de travers dans une telle tête pour prendre le bon parti. Les jésuites l'ont toujours gouverné, et persistent encore à vouloir secourir celui sur qui ils avaient de si grandes prétentions. Le jugement doctrinal des

LETTRES SLR LE QUIÉT1SME. £/|Q

docteurs de Paris est bon, et fera tout l'effet qu'on en peut attendre. La malignité ne manquera pas d'exciter la jalousie de cette cour; niais en vain. Ils soutenaient que la Sorbonne favorisait le livre. Il était juste que les docteurs s'expliquassent du moins en particulier. Ces jugements sont préparatoires à la censure décisive de Rome. Cela s'est pratiqué dans les jugements rendus contre Luther, Baius, Jansénius. Ces raisons apaisent les esprits qui pourraient se formaliser. Cela fera du bien. J'aurais souhaité qu'ils eussent qualifié un plus grand nombre de propositions, et qu'ils se fussent servis des qualifications que m'avaient envoyées M. de Meaux, afin de se trouver en tout unanimes.

70" L'Abbé de Gomli à l'Abbé Bossuet.

Florence, 18 novembre 1698.

Son Altesse Sérénissime le Grand duc, mon maître, faisant avec justice un prix infini de tous les savants ouvrages de M. de Meaux, a reçu avec une extrême joie l'exemplaire de la traduction en italien que M. l'abbé Régnier a faite de la Relation du quiétisme, que ce digne prélat avait mise au jour peu de mois avant. Son Altesse n'a point manqué de comprendre incontinent le bon effet que cette traduction produirait dans Rome et par toute l'Italie, attendu la facilité qu'on y aurait par ce moyen de mieux approfondir la vérité, que mon dit Sieur votre oncle découvre à merveille dans sa diter?é>/afc'o7i,etque mon dit sieur l'abbé Régnier, de qui je suis ancien serviteur et dont je connais à fond le rare mérite, fait goûter par sa version fidèlement faite en italien à tous nos connationauxqui n'entendent pas le français. Après ce que je viens de vous dire, je ne doute point que vous ne soyez entièrement persuadé que Sa dite Altesse estimant, comme elle fait, le don que vous lui avez fait dudit exemplaire, ne vous en remercie avec une cordialité qui y réponde ; et comme elle m'a chargé de vous en rendre de sa part ce témoignage,

45o APPENDICE II.

elle vous prie de lui faire la justice d'en être tout à fait convaincu.

M. de Meaux, aussi bien que les autres évêques de France, au nom desquels vous témoignez leur satisfaction du soin assidu de Son Altesse Sérénissime à contribuer dans Rome par tout ce qu'elle a pu à la condamnation d'une erreur qui peut causer tant de désordres dans notre sainte religion, obligent dans cette rencontre Sa dite Altesse d'une manière dont elle n'en saurait assez faire d'estime, ni leur en avoir plus de reconnaissance. Vous lui ferez une grâce toute singulière de les assurer tous de la vérité de ses sentiments, et du vrai désir qu'elle a de répondre en tout temps aux bontés qu'ils ont pour elle, par la sincérité de son affection et de son amitié pour eux. Au reste, Son Altesse ne se lassera jamais de poursuivre la bonne cause contre les fauteurs de la mauvaise; et elle espère, aussi bien que vous, que dans peu le Pape prononcera conformément à nos souhaits, à ceux de la France et de tous ceux qui aiment la paix dans l'Église et l'honneur du Saint Siège.

Je ne saurais finir cette lettre sans y joindre encore mes très humbles remercîments pour l'autre exemplaire de cette même traduction, que je garde auprès de moi comme une chose précieuse, aussi bien que son original en français, avec tout ce que M. de Meaux a mis au jour sur cette matière ; vous suppliant de croire que rien ne m'est si cher que la continuation de vos bonnes grâces, je m'étudierai toujours à les mériter par mes services les plus passionnés, étant aussi respectueusement que je le suis, etc.

710 Antoine de Noailles à l'Abbé Bossuet.

Le 2/je de novembre 1698.

Je crois que vous aurez su, Monsieur, que c'est une petite

72° — L'autographe a fait partie de la collection Bruyères-Chalabre.

fièvre tierce qui m'empêcha de vous écrire par le dernier courrier: comme je suis, Dieu merci, guéri, je ne veux pas manquer de vous remercier de vos deux dernières lettres.

J'y vois avec plaisir l'espérance que vous avez d'une bonne condamnation, malgré les efforts de la cabale. 11 faut présentement redoubler les vôtres pour faire connaître la vérité, car les partisans du livre ne manqueront pas sans doute de travailler avec une nouvelle ardeur à couvrir la mauvaise doctrine.

J'espère que les autres congrégations feront plus d'ouvrage que celle du mercredi n'en fit ; je suis bien aise néanmoins qu'elle ait été rompue par la sortie du Pape, puisque cela marque que Sa Sainteté est en parfaite santé.

M. de Monaco s'en ira bientôt ; vous pouvez l'assurer : l'intention du Roi est de le faire partir le plus tôt qu'il se pourra.

Comme nous voici à la crise de l'affaire, je vous prie de ne nous laisser rien ignorer de tout ce qui se passera, afin que nous prenions nos mesures de ce côté-ci, et que nous vous soutenions fortement. Je suis toujours, Monsieur, à vous comme vous savez.

720 L'Abbé Testa au Cardinal de Bouillon.

Ce i!\ novembre [1698].

La dernière lettre que Votre Altesse m'a fait l'honneur de m'écrire, datée du 28e du mois passé, ne m'a été rendue que le mardi matin ; ainsi je n'ai pu y faire réponse aussitôt que je l'aurais souhaité.

Vous désirez savoir, Monseigneur, ce que je pense de l'Instruction pastorale de M. de Chartres et des deux lettres de M. de Cambrai en réponse à cette Instruction.

72° — L. a. s. Archives de l'Institut, publiée par Roger Graffin, Jacques Testu, abbé de Belval, membre de l'Académie française , dans la Revue historique ardennaise, janvier-février 1901, p. 44- Voir notre t. VIII, p. 538.

Je vous avouerai sincèrement que je ne les ai pas lues avec assez d'attention pour en dire mon avis. J'ai renoncé depuis quelque temps à la lecture des ouvrages que l'on a faits de part et d'autre sur cette matière. Elle me paraît épuisée ; il me semble qu'on ne dit plus rien de nouveau, et que, bien loin de s'éclaircir par les derniers écrits, on ne fait que s'embarrasser davantage. Et après tout, à quoi cela peut-il être bon pour juger le livre de M. de Cambrai, et c'est de quoi il s'agit? L'on n'a aucun besoin, ni de tout ce que l'on a écrit pour le condamner, ni de tout ce que l'on a écrit pour le justifier. Je crois, Monseigneur, avoir fait sur cela un raisonnement dans une de mes lettres que vous avez honorée de votre approbation, auquel il me paraît qu'il est assez difficile de répondre. Si personne ne s'était avisé d'écrire ni pour ni contre ce livre, il ne laisserait pas d'être bon ou mauvais ; il me semble que c'est ainsi que l'on doit l'examiner, et, pour moi, je vous avoue que j'ai formé mon jugement indépendamment de ces écrits. Et en effet, Monseigneur, supposons qu'il n'y ait rien dans tout ce que M. de Cambrai a donné au public pour l'explication de son livre qui ne soit très orthodoxe, serait-ce une conséquence bien juste de conclure que ce livre ne contient qu'une très saine doctrine? Les explications pourraient être bonnes, que. le livre ne laisserait pas d'être très mauvais. Son véritable sens est celui qui se présente naturellement à l'esprit, in sensu obvio, comme l'on dit ordinairement. Le sens que l'on ne peut trouver que par des détours et des subtilités qui font violence au texte et qui renverse tout le système de l'ouvrage ne peut jamais passer pour le véritable sens. Mais je pousse ce raisonnement plus Loin et je prétends que, quand ces explications qui sont venues après coup seraient répandues dans le livre même, elles ne suffiraient pas pour en justifier tous les endroits.

Pour appuyer ce que je dis, trouvez bon, Monseigneur, que je vous en donne un exemple tiré du xive article, où il est parlé de la séparation qui se fait quelquefois dans les dernières épreuves entre la partie supérieure et l'inférieure.

Lettres si r le quiétisme, J53

Voici les propres ternies de M. de Cambrai : « Les actes de la partie inférieure, dans cette séparation, sont d'un trouble entièrement arewjle et involontaire, parce que tout ce qui est intellectuel et volontaire est de la partie supérieure. » Voilà le principe; voici le correctif. Il ajoute: « Mais <[uoiqur celte séparation prise en ce sens ne puisse être absolument niée, il faut néanmoins que les directeurs prennent bien garde de ne souffrir jamais dans la partie inférieure aucun des désordres qui doivent dans le cours naturel être toujours censés volontaires et dont la partie supérieure doit par conséquent être responsable. »

En vérité, Monseigneur, ètes-vous content de cette réflexion, et trouvez-vous qu'elle apporte tout le remède nécessaire pour empècber le mal que peut faire un principe si dangereux? Tout ce qui est de la partie inférieure est involontaire, et cependant la partie supérieure doit être responsable de ce qui s'y passe dans le temps que ces deux parties sont entièrement séparées. Quelle logique ! S'il n'y a rien de volontaire du côté de la partie inférieure, il ne peut y avoir du péché. Et la conséquence que les quiétistes peuvent tirer de ce principe me parait si juste, que je ne comprends pas comment M. de Cambrai l'a pu condamner dans l'article faux qui suit immédiatement ce principe.

Il me serait facile, Monseigneur, de vous citer plusieurs autres endroits de son livre très semblables à celui-là. Quand on a établi des principes très dangereux, suffit-il, pour se justifier, que l'on en condamne les conséquences, quand il est aisé de voir que ces conséquences sont renfermées dans ces principes et qu'elles en suivent naturellement ?

Quand j'ai pris la plume, Monseigneur, je ne croyais pas vous fatiguer par la lecture d'une si longue lettre ; mais mon imagination s'est échauffée, si j'osais, je dirais mon zèle, car il m'a porté plus loin que je ne pensais. C'est votre lettre qui vous a attiré celle-ci ; permettez-moi d'y ajouter un mot pour vous rendre mille grâces de toutes les marques de bienveillance que vous avez la bonté de me donner. Je suis, Mon-

soigneur, avec un profond respect, votre très humble et très obéissant serviteur.

L'Abbé Testu.

^3° L'Archevêque de Reims à l'Abbé Bossuet.

A Paris, a5 novembre 1698, mardi matin.

Je dois réponse, Monsieur, à deux de vos lettres, dont la dernière est du 4 de ce mois. Je vous rends mille grâces de la continuation de votre souvenir.

Vous m'assurez par cette dernière lettre que, dans la fin de la présente année, l'affaire de M. de Cambrai finira glorieusement pour le Saint Siège et pour l'Église de France. Dieu le veuille ! C'est une honte qu'elle ait duré si longtemps.

M. de Meaux doit arriver de Meaux ce soir en cette ville.

Le Roi a donné au baron de Breteuil1 la charge d'introducteur des ambassadeurs vacante depuis quelque temps par la mort du feu Sr Boneuil2,à la charge de payer quarante mille écus aux héritiers du défunt pour satisfaire au brevet de retenue de pareille somme qu'il avait sur sa charge. S. M. en donne un de vingt mille écus au baron de Breteuil.

Le Roi est, Dieu merci, dans la plus parfaite santé où j'aie jamais vu S. M.

Je vous embrasse de tout mon cœur.

L'Ar. duc de Reims.

A Monsieur, Monsieur l'Abbé Bossuet.

73° — L. a. s. Grand séminaire de Meaux. M. E. Griselle, le premier, a donné cette lettre in extenso (Le Quiétisme, Paris, 1902, in-8, p. 120), les précédents éditeurs n'en ayant imprimé que le second alinéa.

1. Louis Nicolas, baron de Breteuil, fils de Louis Le Tonnelier de Breteuil, intendant de Paris et contrôleur général des finances. Il avait d'abord été lecteur de la chambre du Roi. Il fut le père de la célèbre Mme du Chàtelet. Saint-Simon (t. VI, p. 38) dit qu'il ne manquait pas d'esprit, mais faisait volontiers le capable, quoiqu'il fût fort ignorant, au point d'attribuer le Pater à Moïse.

2. Michel Chabenat de Bonneuil décédé le 16 juillet 1698 (Saint- Simon, t. VJ; p. 37).

74° L'Abbé Bossuet à Antoine de Noailles.

A Rome, le a5 novembre 1698.

Le cardinal de Bouillon revint hier très fatigué et se retira fort chagrin : apparemment il apprit des choses qui ne le divertissaient pas. Sa présence tient en respect; sans cela, on n'épargnerait non plus la personne que la doctrine. Je crois bien savoir qu'il avait presque pris la résolution de se retirer des congrégations, mais que les jésuites et les amis de M. de Cambrai l'avaient engagé à être présent à tout pour tâcher de rabattre les coups. Il y a plus de trois semaines qu'il s'aperçoit que tous ses efforts sont inutiles, et il parle d'un autre ton. Son personnage est très triste et fait pitié. Sa faiblesse et sa malice le tourmentent également. L'impuissance de faire du mal décidera de tout.

Le Pape est plus ferme et plus résolu que jamais. Le cardinal Casanata m'en assura hier ; il lui parla, et le Pape lui dit qu'il voulait l'entretenir souvent sur cela en particulier. Il en fera de même avec tous les cardinaux, mais il a une estime particulière pour Casanata. Il hait tous les autres, hors Noris et Ferrari. L'intention du Pape est de faire finir promptement. Pour moi, je suis persuadé que, quand les cardinaux auront fini la qualification, il ne sera plus question que de faire la bulle : il ne serait pas impossible qu'avant les Rois, tout fût fini.

On fait dimanche faire abjuration au Saint Office à deux quiétistes, le fameux P. Bénigne et un autre qui faisait des miracles et qui passaient pour saints. J'espère y assister.

Le cinquième état du pur amour de M. de Cambrai sera déclaré illusoire, faux et erroné, peut-être hérétique et impie: cela est encore secret, mais je crois le savoir. Les autres propositions ne toucheront pas terre et iront vite. Voilà, ce me semble, Monseigneur, de bonnes nouvelles. Je ne doute pas que M. le cardinal de Bouillon n'informe le Roi de tout ce

74e — Inédite. Ms. de Saint-Sulpice.

qui se fait, et M. le cardinal Spada le nonce mieux que je ne le puis être. Plusieurs cardinaux m'ont dit qu'ils avaient déclaré à M. de Chantérac ne vouloir pas lire cette dernière réplique de M. de Cambrai. Ils ont tous lu avec plaisir les remarques de M. de Meaux. M. de Monaco est ici attendu avec la dernière impatience. La cabale est aux abois et n'a plus d'autres ressources que de rejeter sur le Roi qu'il demande la condamnation de M. de Cambrai: ils prétendent par là blâmer le Roi, et ne songent pas que Dieu ne lui a mis la couronne sur la tète que pour servir de soutien à la religion, à la vérité, et pour être le protecteur de l'Église et des bons évêques, de quoi aussi ce grand prince fait sa plus grande gloire.

La censure de nos docteurs ne fait ici qu'un bon effet à présent. Le peu de fracas que nous avons fait ici sur ce sujet et la manière dont tout s'est passé a fait prendre assez bien à cette cour-ici ce qu'on avait voulu d'aLord empoisonner. Au fond, cela les a assurés dans la résolution qu'ils avaient déjà prise et les fait marcher plus sûrement.

Louvain a refusé net M. de Cambrai. On dit qu'il a extorqué de quatre ou cinq docteurs inconnus des Pays-Bas une approbation ambiguë.

M. de Chantérac s'est beaucoup plaint de cette censure. Mais les cardinaux et le Pape lui ont dit que le Saint Siège déciderait ce qui conviendrait sans que la consultation des docteurs servît de loi. Le bon homme se paye de peu de choses, s'il se paye de ces discours.

On prétend que les amis de M. de Cambrai ont empêché M. de Chieti d'exécuter ses bonnes intentions. Je crus être obligé de lui parler hier là-dessus avec sincérité, avec force et avec respect. Jamais homme ne fut plus embarrassé. Je voudrais qu'il se rétractât, mais il n'en aura pas le courage.

On tint hier lundi la seconde congrégation. Les cardinaux qui n'avaient pas parlé dans la première devaient parler. Je ne sais si tous auront parlé. On s'attendait à entendre parler

les cardinaux Noris et Ferrari. Je sais que tout va bien, sans en savoir le détail. Dans la première congrégation, le cardinal Carpegna parla fortement et bravement ; le cardinal Nerli, comme il m'avait parlé, etj'ose dire promis; le cardinal Casanata, d'une manière qui fit grande impression ; le cardinal Marescotti, avec vigueur et rigueur ; le cardinal de Bouillon, longuement et faiblement. Il parut plus embarrassé qu'on ne peut dire : il loua extrêmement les grandes qualités personnelles de M. de Cambrai et ses bonnes intentions. Il dit qu'à la rigueur, on ne pourrait peut-être pas s'empêcher de trouver à redire aux propositions. Je ne sais pas ce qu'ils firent sur les qualifications : je crois qu'ils se sont réservés à les donner au Pape.

Je conviens que, par rapport au jugement du livre, tout ce qu'on écrira dorénavant n'est pas nécessaire. Je le dis hautement et l'ai toujours dit au Pape et aux cardinaux; mais, par rapport à la vérité en soi, et pour ne laisser aucune ressource, il est à propos qu'on ne laisse jamais en repos de pareils écrits, et que la vérité soit éclaircie dans ses moindres circonstances, et l'honneur des bons évêques à couvert des moindres reproches. La hardiesse avec laquelle M. de Cambrai parle de tout, même des personnes qu'il veut faire entendre ' et à qui il doit plus de respect, cause ici de l'indignation à tous les bons Français. La défense qu'il entreprend plus que jamais de Mme Guyon et de son prétendu sens le précipite de plus en plus: je ne dis pas davantage, vous en jugerez mieux que nous tous. Je suis avec respect, etc.

Rome, ce [2] décembre 1G98.

J'ai appris, Monseigneur, avec un extrême déplaisir par

I. C'est-à-dire qu'il se garde de nommer, mais qu'il veut faire entendre à mots couverts. Il s'agit du Roi et de Mme de Maintenon. 75° — Inédite. Mss. de Saint-Sulpice.

le R. P. Roslet votre incommodité; mais, en même temps, ce qui m'a consolé un peu, c'est qu'il paraît qu'il n'y a pas le moindre danger à craindre d'une petite fièvre tierce comme la vôtre, qui ne vient apparemment que de trop de travail et d'application. Oserait-on vous dire que vous êtes obligé pour le bien de l'Église, à laquelle vous êtes si nécessaire, de vous ménager et de modérer le zèle qui vous fait négliger votre santé ? Je ne serai pas en repos que je n'aie su par le premier ordinaire des assurances de votre parfaite santé, comme je l'espère.

Vous aurez vu, Monseigneur, par mes dernières lettres le bon état de nos affaires. Dans la seconde congrégation, qui se tint il y eut bier lundi huit jours et dont je ne savais pas encore le détail quand je me donnai l'honneur de vous écrire, le cardinal Spada parla, et bien, le cardinal Marescotti aussi, le cardinal Ferrari se surpassa et établit le mauvais sens du livre de l'auteur certain et foudroya l'amour pur; le cardinal Noris de même. Restait à parler le cardinal Ottobon et Albani, qui parlèrent hier. Il est bon que vous sachiez que, dans la première congrégation que le cardinal de Bouillon parla, il jugea à propos de parler assez longuement sans s'expliquer précisément sur rien ; il battit la campagne, loua et blâma l'un et l'autre parti également, affecta une grande indifférence et jugea à propos de ne s'expliquer en rien sur la doctrine. Il ne donna aucune qualification, attendant à se déterminer à coup sûr après avoir vu le sentiment des autres. Jamais homme ne fut et ne parut plus embarrassé. Je le sais de science certaine. Hier, après que les cardinaux Ottobon et Albani eurent parlé, le cardinal de Bouillon recommença ; je ne sais pas encore comment, mais il revint fort satisfait de lui-même. Je ne sais s'il aura dit quelque chose de nouveau sur la même matière, ou s'il en aura entamé une autre. Je sais seulement qu'il dit hier à une personne en particulier qu'il avait fort bien parlé et qu'il fallait couper la racine du mal et déterminer ce qu'il fallait croire sur l'amour pur, et ne se pas contenter d'un respective sur cette matière. Comme

LETTRES SUR LE QUIÉTISME. £5q

il entend finesse à tout, je ne sais ce qu'il a voulu dire. J'espère le découvrir bientôt.

Jeudi dernier, M. le cardinal de Bouillon alla à Frescati avec sa compagnie ordinaire, c'est-à-dire le P. Charonier, qui fait son vœu ; il n'en revint qu'hier pour la congrégation du soir.

Le P. Pierre Paul, compagnon du fameux P. Bénigne, qui était ici depuis quinze ans un faiseur de miracles, fit abjuration mercredi au Saint Office publiquement. Sa fonction fut semblable à celle de Molinos, à l'exception du lieu, qui est très resserré. On lut son procès et ce dont il était convaincu et avec sa confession. Pour dire tout en un mot, c'est le second tome de Molinos pour la doctrine et les actions infâmes sur lesquelles ce religieux avait enchéri. Il fut condamné comme hérétique formel parce qu'il enseignait et pratiquait l'amour pur, qui fut nommé dix fois, la conformité à la volonté de Dieu sur nous, la séparation de la partie supérieure d'avec l'inférieure, et les tentations, et principes sur lesquels se fondait ce malheureux. Je me trouvai à cette fonction en face de MM. les cardinaux, et quand on nommait l'amour pur, ils me regardaient, et presque tous me faisaient quelque signe. Quand tout fut fait, je m'approchai d'eux et chacun me dit un petit mot sur la part que je prenais à cette action, et le tout en présence du cardinal de Bouillon qui ne faisait pas à cette abjuration aussi bonne figure que faisait le cardinal d'Estrées à celle de Molinos.

Le cardinal de Bouillon à présent ne cherchera qu'à allonger en donnant l'exemple de parler longtemps et servira jusquesau bout son ami : cela est indubitable. Il est un lâche et n'est que cela ; il croit encore tromper tout le monde. La dernière réponse de M. de Cambrai à M. de Meaux soulève contre lui tout le monde plus que jamais, surtout les gens sensés et désintéressés. On voit par là quel est le trop dangereux caractère de ce prélat et de quelle nécessité il est de l'abattre.

Je suis avec respect, etc.

46o APPENDICE IL

Le 2 décembre 1698.

Je vois avec plaisir dans votre lettre du 11, Monsieur, le» bonnes dispositions où vous croyez qu'on est contre la doctrine du livre; mais je suis bien fâché aussi de la lenteur que l'on continue d'avoir à juger. Il n'est pas naturel que deux congrégations de suite se passent sans rien faire, et qu'à celle du jeudi il ne se trouve que quatre cardinaux. Il paraît une affectation à cela, qui me fait craindre qu'on ne veuille encore allonger, malgré les bonnes intentions du Pape : ainsi pressez toujours tant que vous pourrez.

L'avis des docteurs, conduit sagement, comme il le sera, ne peut faire qu'un bon effet: il donnera du courage aux juges timides, à qui on faisait craindre notre Faculté. Vous pouvez dire, Monsieur, à qui vous jugerez à propos, que je suis sûr de cent signatures nouvelles au moins, quand je voudrai; qu'ainsi on peut compter qu'il n'y a rien de plus faux que les bruits qu'on avait répandus.

M. de Monaco est ici depuis huit jours, et se prépare à partir incessamment. J'eus hier matin une grande conférence avec lui: je lui recommandai fortement vos intérêts, et le priai d'avoir une liaison particulière avec vous. Il me le promit très honnêtement: ainsi vous pouvez compter sur lui, et assurer à Rome qu'il y arrivera bientôt. Je lui parlai aussi, comme il fallait, du P. Roslet: j'ai oublié de le lui mander; je vous prie de le lui dire. J'espère qu'il vous traitera très bien l'un et l'autre. Le départ du courrier me presse de finir.

Je suis toujours, Monsieur, à vous de tout mon cœur.

770 Pierre de La Broue à l'Abbé Bossaet.

J'espère qu'avant que cette lettre arrive à Rome, vous aurez eu la satisfaction de voir la mauvaise doctrine du livre de M. de Cambrai condamnée, et je vous supplie de vouloir

LETTUKS SI II LE QUIÉTISME. /»6l

bien m'en écrire le détail, car je crains que ses émissaires n'altèrent extrêmement la vérité île tout ce qui se sera passé.

J'ai rendu compte à M. l'évêque de Meaux des soins que vous avez bien voulu prendre à Rome pour maintenir la discipline de mon diocèse contre un clerc rebelle qui s'en voulait soustraire. Je prends pari d'avance à la gloire qui vous reviendra à l'un et l'antre d'avoir si courageusement et si habilement défendu la bonne doctrine.

Je suis toujours, mon très cher Abbé, avec toute l'estime «'l tout l'attachement possible, votre très humble, etc.

Piehri;, év. de Mirepoix.

A Narbonne, le 6 décembre 1698.

780 Jacques Langlois au Cardinal de Bouillon.

A Paris, ce 8 déc. 98.

Monseigneur, j'ai cru devoir rester chez Mgr le prince Frédéric1 jusqu'à présent, en allant pourtant manger dehors pour n'incommoder personne. La raison pourquoi j'y reste est pour étouffer en partie les conséquences qu'on veut tirer de ma séparation d'avec le prince, car, pour l'éloignement de Rome, j'ai bien réussi à persuader le public que c'est tellement moi qui ai voulu revenir que je serais plutôt venu à pied et sans congé de V. A. que de m'exposer plus longtemps au pouvoir d'un tribunal2 que je ne saurais m'empêcher de mépriser à cause de son extrême ignorance ; mais, pour répondre aux conséquences de la séparation d'avec le prince, j'ai été jusqu'à me déshonorer moi-même en quelque manière en m'imputant des desseins d'études si outrés qu'on ne m'en croirait pas si je n'en donnais des preuves comme je ferai si M. de Chartres ne répond bientôt et bien à mon gré. J'ai dit que je veux étudier nuit et jour contre M. de Gam-

78° — L. a. 11. s. Affaires étrangères, Rome, t. 3g r, f° 226. Inédite. Cette lettre est de l'abbé Langlois, de qui il a été parlé; p. 829.

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