Édit. : dispositions du Pape et des cardinaux
ces; mais je ne laisse pas de craindre toujours le retardement. La lenteur est naturelle à votre cour, et les partisans du livre veulent toujours reculer. Si les cardinaux veulent examiner chaque proposition en particulier, ils donneront belle matière à la cabale pour les obliger d'allonger : ainsi vous ne devez point, Monsieur, cesser de demander diligence, non seulement au Pape, qui paraît bien disposé à l'accorder, mais aux cardinaux, qui peuvent n'être pas si pressés que Sa Sainteté.
Je comprends aisément l'embarras du cardinal de Bouillon, mais c'est sa faute : défiez-vous-en toujours. C'est une bonne chose que le commissaire du Saint Office soit si fort de vos amis ; mais vous n'en serez pas pour cela si bien instruit que l'abbé de Chantérac. On continuera à lui révéler les secrets que vous ne pourrez pénétrer; mais la vérité l'emportera, s'il plaît à Dieu.
J'envoyai, dans le moment que j'eus reçu votre paquet, la lettre de l'abbé de ïourrcil.
Vous pouvez assurer M. Poussin que je le servirai de mon mieux : le P. Roslet m'en a déjà écrit.
Je vous demande plus de nouvelles que jamais; car elles vont être toutes importantes. Je souhaite que l'on couronne bientôt vos peines, et que vous me croyiez toujours à vous,. Monsieur, autant que j'y suis.
8o° Antoine de Noailles à l'Abbé Bossuet.
Le i5e de décembre 1698.
Vous n'aurez qu'un mot de moi aujourd'hui, Monsieur; car j'ai très peu de temps. Je reçus hier votre lettre1 du 25 : elle me donne bien de la joie par les bonnes nouvelles que vous me mandez. Il y a lieu d'espérer qu'enfin la bonne doctrine triomphera; mais, comme on n'est sûr de rien, surtout avec de certaines gens, que quand les choses sont entièrement
80° — I. Voir plus haut, p. 455.
faites, ne cessez point de presser et de veiller pour empêcher que les efforts et les artifices de la cabale n'obtiennent encore quelque chose de préjudiciable à l'Église.
M. de Monaco se dispose à partir incessamment : s'il ne le peut faire à la lin de ce mois, ce sera au plus tard les premiers jours de l'autre ; vous pouvez l'assurer, car j'en ai eu encore des nouvelles aujourd'hui.
Le dernier écrit de M. de Cambrai2 est bien mauvais en toutes manières; mais, quelque tort qu'il ait, rien ne retiendra sa plume qu'une décision de Rome. Il ne faut pas compter qu'on le fasse taire à force de lui répondre; il ne voudra jamais avoir le dernier, et ne trouvera rien sans réplique. Nous en conférerons, M. de Meaux et moi. Je ne l'ai pas vu depuis que j'ai lu ce bel ouvrage qui est ici très rare : je l'eus hier quelques heures.
Je suis toujours comme vous savez, Monsieur, à vous de tout cœur.
2. La Réponse aux Remarques de M. l'évêque de Meaux sur la « Réponse à la Relation ».
Mémoires et écrits divers sur le quiétisme.
i° Propositions extraites par les qualificateurs du livre des Maximes des saints de M. l'archevêque de Cambrai.