‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 52 sur 224 · Noter cette insinuation · texte numérisé non relu

Noter cette insinuation

5. Phelipeaux dit ailleurs (Relation, t. II, p. 13a) : « Fra Pietro Paolo et Fra Benigno, religieux augustins déchaussés du couvent de Giesu Maria. » Outre les deux religieux augustins, cette société quiétiste comprenait quelques femmes et des ecclésiastiques. À ce sujet, Giori écrivait à Noailles : «... On voit une illusion pareille à celle de Mme Guyon touchant la plénitude de grâce et la communication des dons spirituels. Un de ces augustins, qui avait le don de contrefaire des extases quand il lui plaisait, même après des attouchements déshonnètes, feignait qu'il avait reçu une si grande plénitude de dons spirituels qu'il lui en était venu une enflure du côté du cœur II appliquait cette partie nue sur la chair de ces filles et leur communiquait ses dons... Mgr Marciani a eu la sottise de se faire communiquer ces dons, qu'il a depuis communiqués nu à nu à ces mêmes filles. On l'accuse aussi d'être dans les erreurs les plus grossières des quiétistes » (Lettre du 3 juillet, nis. de Saint-Sulpice, f° 11).

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avoir été guéri miraculeusement par saint Cajétan 5, qui avait eu des apparitions de la Vierge, dont la chambre avait été convertie en une chapelle magnifique après un procès-verbal fait par ordre d'Innocent XI, et pour lequel il se faisait tous les ans une fête solennelle avec de grandes illuminations, a été condamné à une prison perpétuelle ; son confrère, aux galères. Ce dernier était intime ami de Mgr Marciani, qui ne s'est sauvé que par une accusation volontaire. Ces gens faisaient des retraites et des exercices spirituels où il se commettait beaucoup d'impuretés. On dit que le prêtre sicilien dont je vous ai parlé fera abjuration publique7 : par là, on apprendra en détail ses erreurs. Le quiétisme n'est pas moins répandu à Madrid qu'en France et en Italie. L'Inquisition de Madrid a fait arrêter plusieurs personnes qui, sous prétexte de perfection, tombaient clans les derniers excès 8.

Hier, il y eut consistoire, où le cardinal Carpegna proposa le cardinal de Bouillon pour l'évêché de Porto. On ne proposa point le cardinal d'Estrées, ni pour Albano, ni pour Palestrine, à cause du différend survenu sur la dispense du cardinal Porto-Carrero 9. On prétend qu'il a consommé son droit dans

6. Saint Gaétan de Thiennes (i^8o-i547), fondateur de l'ordre des théatins, canonisé en 1670. Sa vie a été écrite par le P. Castaldo, Modène, 1612, in-4 ; par Antoine Caraceioli, Cologne, 1612, in-4, parle P. de Tracy, Paris, i^'lx, in-12. CP. les Bollandistes, au 7 août.

7. La lettre du dernier courrier, qui devait en parler, n'a pas été conservée.

8. « On apprit par le chevalier Maffei, qui avait un frère à Madrid, que le quiétisme s'y était répandu, et, quelques jours après, on reçut le décret de l'Inquisition d'Espagne contre plusieurs personnes convaincues de quiétisme. L'abbé de Vintimille écrivit de Palerme qu'on trouve beaucoup de quiétistes dans la Sicile... On se servit utilement de ces conjonctures pour montrer la nécessité de remédier promptement à un mal si universel » (Phelipeaux, Relation, t. II, p. i32 et i33).

9. Louis Manuel Fernandez Porto-Carrero, d'une famille considérable en Espagne, cardinal depuis 1669, archevêque de Tolède, primat d'Espagne, commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, évêque de Palestrina, vice-roi de Sicile, ambassadeur d'Espagne à Rome, lieutenant général de la mer, mort à Madrid, le i4 septembre 1709, à

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l'option de Palestrine, la dispense ne lui donnant faculté que d'opter une des églises épiscopales : cette contestation sera jugée pour le premier consistoire.

On m'a dit que M. le cardinal de Bouillon avait demandé permission de passer trois mois à Frescati, et qu'on attendait incessamment la réponse. Je souhaite que cela soit vrai : les affaires n'en auront qu'un succès plus prompt.

L'Empereur renouvelle ses prétentions sur les fiels situés dans l'Etat ecclésiastique10. L'ambassadeur a cité le prince Chigi, pour prendre dans deux mois l'investiture et faire hommage du fief de Farnèse situé dans l'évèché de Castro. Le cardinal Chigi acheta ce fief en 1 658 du cardinal Hiérôme et de Pierre, duc de Farnèse. Alexandre VII mit dans son chirographe : Salvis juribus Imperii, si quœ fuerint ; et dans la suite il mit sa famille sous la protection de l'Empereur, en obtenant un titre honoraire de prince du saint Empire, pour la mettre à couvert contre les ressentiments de la France, brouillée alors avec Rome pour l'affaire de M. de Créquy. Le dimanche i3, il y eut sur cela une congrégation d'État; et, dès le lundi au soir, on afficha à la porte de l'église de l'Anima un placard en allemand, injurieux aux cardinaux qui y avaient assisté. On a expédié un courrier à la cour de Vienne, et celte affaire pourra avoir des suites.

On avait publié que M. de Chantérac avait une réponse aux faits, manuscrite, qu'on n'imprimerait pas, pour ne pas commettre des personnes intéressées. Je lui ai envoyé secrètement

soixante-quatorze ans. C'est surtout à lui que Philippe \ dut le trône d'Espagne. Sa rivalité avec la princesse des Ursinset avec le cardinal d'Estrées, alors ambassadeur de France en Espagne, est l'un des plus curieux épisodes du règne de Philippe V (\ oir les Mémoires du mnréchal de Noailles, de Louville, et de Saint-Simon ; Fr. Combes, la Princesse des Ursins ; A. Baudrillart, Philippe V et la cour de France, t. I, p. 01 et suiv.).

ic. Il voulait obliger tous les possesseurs de fiefs impériaux situés dans les Etats de l'Église à prendre de lui l'investiture, à commencer par Augustin Cliigi. Ce seigneur l'avait mécontenté en refusant de prendre la main gauche chez l'ambassadeur de l'Empire (Affaires étrangères, Rome, t. 391, f° 67).

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un ami pour s'en informer; il a nié le fait. On est bien aise de répandre ces bruits pour arrêter l'impression que fait la Relation ; mais tous ces artifices retombent à la fin sur les auteurs. On a traduit en italien la Relation : on tâchera de la faire imprimer11. Nous attendons la traduction latine que vous promettez, et le Quietismus redivivus ; après quoi, je ne crois pas qu'il faille produire aucune écriture. Je suis avec un profond respect, etc.

1742. — A Antoine de Noailles.

A Versailles, 37 juillet 1698.

Je vous renvoie, mon cher Seigneur, la lettre de mon neveu, du ier juillet, déchiffrée.

$£, c'est le général de la Minerve; ccc, c'est le commissaire du Saint Office ; u u est le maître du sacré Palais. Quatre lignes tracées sous les endroits qui peuvent faire la difficulté vous les désigneront et vousôteront la peine de les chercher dans la lettre'.

Encore qu'on soit entré dans les expédients d'abréger, les instances du Roi seront toujours nécessaires.

Mes lettres du 8 juillet semblent marquer un dessein d'accélérer les affaires. Nous en sommes à [dépendre de] la vie du Pape. Mais, s'il venait à mourir et qu'aussitôt vous fissiez une censure, comme vous me le dites dernièrement, plusieurs évêques vous suivraient, et la vérité n'y perdrait

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