‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 64 sur 224 · La société des Missions étrangères · texte numérisé non relu

La société des Missions étrangères

août i698] DEBOSSUET. 119

Jinal de Bouillon lui avait fait parler il y a trois mois contre moi ; mais qu'il avait répondu qu'il ne pouvait me savoir mauvais gré d'un bruit qui m'avait fait autant de peine qu'à lui, et auquel on savait que je n'avais jamais donné sujet. Le cardinal est resté couvert de honte de sa démarche, et il n'est depuis un temps infini non plus question de cela que si l'on n'en avait jamais parlé. Tout le monde a été convaincu de la fausseté de ce mauvais bruit et de la malice de mes ennemis. Je fais semblant de tout ignorer, et je méprise tout ce qu'on peut dire. On est ici témoin de ma conduite, qui est, Dieu merci, sans reproche, sans affectation et pleine de sincérité en tout.

Les traductions en latin et en italien viendraient bien à propos, aussi bien que le Quielismus redivivus, que tout le monde demande.

J'ai oublié de vous dire dès l'ordinaire passé que des ennemis de M. l'archevêque de Reims ont écrit ici qu'il était disgracié, et qu'on vous avait donné son bureau7. Je me suis récrié, comme je devais, contre cette nouvelle.

I~53. A Mme DE BeRINGIIEN.

A Meaux, i3 août 1698.

Je n'ai, Madame, qu'à louer Dieu de la déclaration de votre obéissance pour votre bénédiction. Vos excuses m'avaient fait beaucoup de peine, parce que je les trouvais, à ne rien dissimuler, peu dignes de vous, aussi bien que peu convenables aux obligations de ma conscience. Vous ordonnerez comme il

7. Sans doute l'un des bureaux généraux, ou Chambres supérieures, établis au nombre de neuf par l'édit du 10 janvier i58o pour la levée des décimes.

Lettre 1153. — L. a. s. Collection de M. Le Blondel, à Meaux.

120 CORRESPONDANCE [août 1698

vous plaira des prédicateurs, et je m'en repose sur vous.

Quand Mme de Roquépine1 vous mènera Mme sa belle-fille, je serai 1res aise que vous la traitiez comme Mme sa mère2.

Je suis bien aise que la Relation3 vous ait contentée. Je vois de tous côtés qu'elle a ouvert les yeux à tout le monde. Dieu soit loué de ce bon effet et du triomphe manifeste de la vérité! JNous le verrons, s'il plaît à Dieu, bientôt déclaré à Rome, où la Relation paraît avoir fait le même effet qu'à Paris et dans toute la France. Mme d'Armainvilliers me fait plaisir de me dire par vous ses sentiments, et je vous salue, Madame, toutes deux de tout mon cœur.

J. Bénigne, é. de Meaux.

1. Mme de Roquépine a déjà été mentionnée dans la lettre du Ier décembre i6g3, t. VI, p. 88. Son fils aîné, François Jules du Bouzet de Roquépine, mestre de camp de cavalerie, avait épousé le a5 juillet 1698 Louise Madeleine Brulart, fille de Pierre Brulart du Broussin, écuyer du Roi, et de CatherineBauyn.il fut tué à Castrezato, le 2/1 septembre 1701, et sa veuve se maria, le 11 novembre 1704, avec François de La Vergne de Tressan. Cette union ne paraît pas avoir été heureuse. Mme de Tressan demanda aux tribunaux, en 1707, de protéger ses biens contre les dissipations de son mari, qui lui refusait le nécessaire. Elle mourut à s<>i\ante-trois ans, le 10 février 1733. Elle fut la mère du comte de Tressan (1705-1788), grand maréchal de la cour de Stanislas, connu surtout pour son bel esprit et ses connaissances, membre de l'Académie française (Cf. Saint- Simon, édit. de Boislisle et Lecestre, t. XXII, p. 2^9).

2. Catherine Bauyn était morte le i4 mai 1G98, dans sa soixantetroisième année. Elle était fille de Prosper Bauyn et de Marguerite Boucherat, sœur du chancelier. Lorsqu'elle épousa Pierre Brulart du Broussin, elle était veuve d'André Goislard, seigneur de La Gravelle, maître en la Chambre des Comptes.

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