‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 72 sur 224 · Cet alinéa et le suivant manquent aux éditions · texte numérisé non relu

Cet alinéa et le suivant manquent aux éditions

7. LeDuc,Cesarini,qui avait intérêt à sauver la réputation de sa fille.

128 CORRESPONDANCE [ao.U 1698

Tachez de regagner M. Giori8, et j'en parlerai au cardinal de Bouillon. Je suis bien aise que votre fluxion soit passée. Ne soyez pas en peine de votre courrier9.

J'ai reçu une lettre de M. le cardinal de Bouillon, du 22. Voici ce qu'il dit en parlant de vous : « Je souhaite que M. votre neveu soit content de moi ; au moins puis-je vous assurer qu'il en a sujet10. » Et dans un post-scriptum : « M. votre neveu m'a donné votre dernier ouvrage, que j'ai lu avec toute l'attention et les réflexions que demandent les faits qui y sont rapportés. Je suis sûr que, loin de désirer que je vous mande mes sentiments sur ce dernier ouvrage, non plus que sur les précédents, concernant cetle trop malheureuse affaire, vous me prescririez de ne vous en rien faire connaître, si je voulais vous le faire savoir. »

J'avoue pourtant que ce silence sur une affaire de procédé, dont on n'est pas juge, me paraît bien sec11.

8. « Quant à M. Giori, auprès de qui on vous a brouillé, il ne faut rien oublier pour rétablir la confiance » (Antoine Bossuet à son fils, 18 août IÛ9S, dansE. Griselle, Fênelon, p. 197; cf. plus loin, p. i^t/j)-

9. L'autographe de la collection Rothschild est incomplet et s'arrête ici.

10. Il n'en avait guère sujet, s'il faut en croire Giori, qui écrivait à M. de Noailles, le 21 juin 1698, que l'abbé Bossue! « se laisse un peu tromper par le cardinal de Bouillon », « ce que je sais certainement, ajoutait ce correspondant, parce qu'il dit une cbose à l'abbé et une autre aux cardinaux; ce que je sais des cardinaux mêmes » (jCorresp. des agents, ms. de Saint-Sulpice). Voir aussi p. 5i.

11. Le cardinal s'était montré moins sec en remerciant Bossuet de ses précédents ouvrages. Il semble qu'ici, il garde la réserve qui sied à un juge. Ses ennemis, il est vrai, l'accusaient d'être moins scrupuleux quand il s'agissait de favoriser M. de Cambrai. L'évêque de Meaux

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Pour vous, vous ne sauriez faire trop d'honnêtetés à Son Éminence.

Home, ce 19 août ifujS.

Je vous écris par le valet de chambre de M. de; Torcy, que- M. le cardinal de Bouillon renvoie cette nuit.

J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'ecrire de Versailles, du 28 juillet : j'ai reçu en même temps les premières feuilles du Qaietismus redivivus. J'ai commencé à en donner à quelques cardinaux, et en donnerai à tous. mais à mesure que je les pourrai rencontrer, pour leur pouvoir expliquer le tout moi-même. Vous recevrez ma lettre du [2 par le courrier ordinaire, à peu près en même temps que celle-ci ; ainsi je ne répéterai dans celle-ci que ce qu'il y avail d'essentiel dans l'autre : j'y ajouterai ce que je sais de nouveau.

Je vous parlais, dans ma lettre du 12, de ce qui regarde le duc Cesarini, et je vous disais qu'il s'était expliqué avec un de mes intimes amis, qui est aussi des siens, sur ce qui me regarde; qu'il avait déclaré que M. le cardinal de Bouillon l'avait fait tenter par des voies indirectes sur mon chapitre, pour tâcher de l'irriter contre moi et de lui faire prendre de l'ombrage sur les bruits qui avaient couru ; que cela lui avait causé un peu de chagrin contre moi pendan!

se plaint du silence qu'il garde sur les procédés reprochés à Fénelon dans la Relation et sur lesquels le Saint Office n'avait pas à prononcer. Néanmoins, dans la pensée de Bossuet, cet ouvrage devait avoir une influence décisive sur l'esprit des juges ; c'était même, « au gré de tous, écrivait Antoine Bossuet, la pièce décisive du procès » (Lettre du !i août. Cf. E. Griselle, Fénelon, p. 188).

Lettre il 51. — L'autographe a fait partie de la collection Bruyères-Chalabre.

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quelque temps * ; mais que, depuis qu'il avait su les manèges du cardinal de Bouillon dans l'affaire de M. de Cambrai et l'aversion qu'il avait pour moi, il avait aisément reconnu sa malice ; qu'il avait fait dire à ce cardinal depuis quelques mois, par les mômes gens qui lui en reparlaient, qu'il n'avait eu jamais aucun sujet de se plaindre de moi ; que les auteurs de ces faux bruits étaient ses ennemis autant que les miens, et qu'il n'avait garde de s'en prendre à moi, qui en étais innocent en toutes manières.

J'ai été bien aise de savoir ces intrigues, qui me font voir ce qu'il faut attendre de l'amitié du cardinal de Bouillon. Vous devez être assuré que, s'il pouvait me voir mort, ou hors de Rome, rien ne lui causerait plus de joie; mais je vas toujours mon train à l'ordinaire, et le cardinal est obligé extérieurement d'avoir pour moi de grands égards2. Ainsi je ne puis croire que le mal que le cardinal de Bouillon a fait dire de moi par son homme regarde la calomnie débitée contre moi cet hiver, qui est entièrement oubliée, et sur laquelle tout le monde ici me rend justice. Mais ses propos ont infailliblement pour objet l'affaire de M. de Cambrai, et, à cet égard, il devrait se contenter de tâcher de se justifier, sans accuser les gens qui font leur devoir en honneur et en conscience. Il s'imagine que j'écris contre lui, parce que la conscience lui reproche beaucoup de choses qu'il voudrait être ignorées. Mais je n'écris que ce qui est public et ce que je sais à n'en pouvoir douter : je ne suis ici que pour cela. Il n'ose entrer dans aucun éclaircissement avec moi, parce qu'il sait que j'ai raison en tout et qu'il ne m'en imposera pas. Il y a cinq ou six mois qu'il voulut me parler, mais il s'en tira très mal. Il parle plus qu'il ne veut, et, malgré lui, il montre son cœur et ses dispositions : c'est pourquoi il juge à propos à présent de n'avoir avec moi aucune discussion sur

1. Dans sa lettre du 12, l'abbé n'avouait pas ce mécontentement passager du duc. Cf. p. 118.

2. Sans doute, à cause de l'évèque de Meaux et de l'archevêque de Paris, puissants à la Cour. Cf. t. IX, p. 229.

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ce qui le regarde ; et je n'en suis pas fâché. Au reste, je puis vous assurer que je ne me mêle de rien que de cette affaire, sur laquelle je m'exprime toujours très modestement touchant cette Eminence, mais très fortement sur les faussetés qu'on répand perpétuellement et qu'on répandra jusqu'à la lin de l'affaire. Toute l'application des ennemis est à présent de faire croire que c'est une cabale de cour 3 qui persécute M. de Cambrai, et qui veut lui imposer silence. Là-dessus on tient, sur le Roi et sur Mme de Maintenon, toutes sortes de discours indécents, que le cardinal de Bouillon ne prend aucune peine de détruire. II faut cjue nous et nos amis le fassions.

Il ne faut plus espérer que la Réponse de M. de Cambrai contre M. de Paris devienne publique : ils tâchent d'en retirer doucement les exemplaires qu'ils en ont donnés à quelques cardinaux. Aucun de ceux à qui je l'ai demandée ne me l'a voulu laisser voir 4, me disant qu'ils avaient promis de ne la montrer à personne. Sur les plaintes que j'ai faites bautement du procédé des agents de M. de Cambrai, qui cachent ainsi un livre imprimé auquel ils veulent qu'on ajoute foi, et d'après les remarques que nous avons faites sur le peu de droiture d'une pareille conduite, en nous récriant contre la fausseté du contenu de cette Réponse, M. de Cbantérac est allé déclarer chez les cardinaux, et en particulier chez le cardinal Casanate, qui me l'a dit, qu'il ne publiait pas encore

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