La réponse latine. Cf. p
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en sorte qu'elle peut tenir lieu d'original à M. de Paris, à qui je l'envoie. J'ai cru qu'il était bon de prendre cette précaution contre des gens de si mauvaise foi. Ils débitent qu'ils (ont réimprimer cette Réponse pour la corriger et l'adoucir. mais c'est un prétexte dont ils veulent couvrir la bonté de leur procédé.
On commence à faire voir ici en secret la Réponse à la Relation du quiétisme : elle est très sûrement arrivée imprimée en français. Trois ou quatre personnes m'ont dit l'avoir vue imprimée et entendu lire. Je ne sache pas qu'on l'ail encore donnée à aucun cardinal, et je doute qu'on la distribue. Ainsi il y a apparence qu'il y aura encore plus de mystère sur cette pièce que sur la Réponse à M. de Paris. On ne l'a donnée qu'à des gens aflîdés, qui la lisent et font lire, et on ne la laissera à personne. Vous croyez bien que je ferai l'impossible pour la lire et pour vous l'envoyer ; mais vous aurez vu par la Réponse à M. de Paris sur quoi il peut appuyer sa Réponse à votre Relation ; car il en a jeté tous les fondements dans cette pièce. On m'a dit seulement que sa Réponse à votre Relation était très faible, quoique les jésuites disent qu'elle vous accable. Il répète souvent : Voilà ce Montan, voilà cette Priscille6! Il distingue trois temps sur Mme Guyon. Le premier est celui où elle était exempte de tout soupçon ; c'est celui de sa liaison avec elle, et qui était fondée sur le témoignage que lui avaient rendu MM. de Genève et de Grenoble. Le second temps est celui où vous examinâtes cette femme ; le troisième, celui qui suivit les censures des évêques. Dans les deux derniers temps, il n'a eu aucun commerce avec elle : voilà ce que j'ai pu tirer des différents récits.
J'ai cru, dans toutes ces circonstances, à la veille de la fin de l'examen, au milieu des cabales furieuses qui se forment
6. Allusion à un mot de Bossuet : « Si l'on dit que c'est trop parler contre une femme dont l'égarement semble aller jusqu'à la folie : je le veux, si cette folie n'est pas un pur fanatisme, si l'esprit de séduction n'agit pas dans cette femme, si cette Priscille n'a pas trouvé son Montan pour la défendre » (Relation, sect. XI, n° 8).
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pour faire donner une décision précipitée et insuffisante, et enfin parmi les sujets de crainte que doit causer la manière dont M. de Cambrai et ses agents parlent et agissent; j'ai cru qu'il était nécessaire et important d'aller aux pieds de S. S.; mais auparavant j'ai voulu voir la disposition des ministres, du cardinal Spada et du cardinal Albane. Ils m'ont confirmé qu'on faisait toutes sortes d'efforts pour avoir une décision précipitée, et qui ne fût pas forte. Le cardinal Spada m'a assuré pourtant qu'on qualifierait les propositions, et qu'on ferait bien ; mais le cardinal Albane m'a dit franchement que tout était à appréhender de la cabale, de l'impatience naturelle du Pape, des lettres pressantes du nonce pour finir promptement, et qu'il croyait très à propos que je visse S. S. et lui exposasse ce que je lui disais, afin de la déterminer à ne rien précipiter, pour que les cardinaux pussent qualifier les propositions, et qu'on fît bonne et forte censure, sans néanmoins perdre de temps.
Je me rendis donc avant-hier aux pieds de S. S. : je lui témoignai la satisfaction que les évêques et les gens bien intentionnés avaient de pouvoir espérer dans peu la fin du rapport des qualificateurs, dont la division qu'on avait travaillé à procurer était le scandale de la chrétienté. Je l'assurai que c'était ce partage causé par la cabale, qui touchait si vivement le Roi et les évêques, et dont ils souhaitaient ardemment voir incessamment la fin à quelque prix que ce fût, sentiments qui répondaient à ceux de S. S. et des cardinaux ; que c'était sur ce point qu'on faisait tant d'instances en France auprès de M. le nonce. J'ajoutai que, pour ce qui regarde la décision, on ne pouvait nier que les circonstances de l'affaire n'en demandassent une prompte, mais néanmoins qui ne devait pas être précipitée, c'est-à-dire qu'il convenait que MM. les cardinaux eussent le temps convenable et nécessaire pour former leur vœu sur la doctrine des propositions examinées, et pussent les qualifier; que là-dessus les évêques n'avaient jamais prétendu donner des règles ; qu'ils se contentaient de témoigner leur désir de voir partir du Saint Siège
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une décision qui déterminât le plus tôt qu'il serait possible l'erreur et la vérité, eu montrant ce qu'on devait suivre et éviter en ces matières, afin de ne laisser aucun prétexte à M. de Cambrai de défendre la pernicieuse doctrine de son livre et de ceux de Mme Guyon. Je lui fis sentir qu'un mois de plus ou de moins n'était rien, après un examen si long, si solennel, pour parvenir à une décision qui honorât le Saint Siège et l'épiscopat, qui fût agréable à S. M. et utile aux fidèles. Je lui dis là-dessus beaucoup de choses qui tendaient au même but. S. S. me témoigna beaucoup de satisfaction de tout ce que je lui disais, et de me voir persuadé, aussi bien que les évèques, de ses bonnes intentions ; elle m'assura du désir qu'elle avait de finir, et me déclara en même temps qu'elle sentait combien il était essentiel de ne pas précipiter, pour pouvoir faire quelque chose de bien : elle me témoigna là-dessus être très résolue d'entrer dans le fond de la doctrine, et de faire qualifier les propositions. Le Saint Père m'ajouta que la division des examinateurs ne faisait rien à cet égard; que c'était aux cardinaux à dire leur sentiment, et à lui à décider ; qu'il pouvait m'assurer qu'il voulait faire bien et pacifier le royaume par une bonne et honorable décision.
Je lui fis ensuite mes justes plaintes du procédé de M. de Cambrai et de ses agents, à l'égard des Réponses à M. de Paris et à vous. Je lui rappelai l'effet de votre Relation, sur l'esprit même des plus intimes amis de M. de Cambrai, le témoignage authentique du Roi et le décri universel où était ce prélat et sa doctrine ; en sorte qu'on avait honte à présent d'avoir été de ses amis, et que tout le monde avait reconnu ses mauvaises intentions et son peu de bonne foi dans toute sa conduite. Je lui fis observer que le procédé dont ce prélat usait, en montrant et en cachant ses Réponses, non seulement à la plupart des cardinaux du Saint Office, mais aux parties ~, à moi qui résidais à Rome et aux évêques de France, était
7. Ce mot semble bien indiquer que l'abbé se considérait comme partie dans l'affaire. En droit, deNant le tribunal du Saint Office, ni
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inouï et injuste et marquait la fausseté du contenu de ses écrits ; que les prétextes qu'on employait pour justifier une telle conduite étaient encore plus frivoles, et également injurieux au Roi et aux évêques, à qui le Roi avait rendu un témoignage si authentique. Je m'étendis sur cet article essentiel, et rapportai plusieurs choses de cette nature, que je vis bien faire impression sur l'esprit de S. S., qui me parut fort surprise d'un procédé si artificieux. Elle me demanda si je souhaitais qu'elle fît quelque chose là-dessus. Je lui répondis que je la suppliais seulement de n'avoir aucune créance à des libelles qu'on n'osait publier, et à ceux qui tâchaient de la prévenir à cet égard.
Comme le Pape me donnait une audience favorable, je me servis de l'écrit imprimé de M. de Chartres, pour lui faire voir démonstrativement le peu de confiance que l'on devait avoir à ce que disait M. de Cambrai, qui avait pris Dieu à témoin d'explications dans ses précédents écrits, qu'il contredisait manifestement dans son Instruction pastorale ; et je lui démontrai ainsi le parjure8. Je le suppliai de se ressou-
les évèques adversaires de Fénelon, ni l'abbé Bossnet n'étaient parties. Mais, devant l'opinion publique, après les vives discussions qui avaient eu lieu, l'affaire apparaissait comme devant se décider entre Fénelon et Bossuet. Et les agents à Rome de l'un ou de l'autre se qualifient mutuellement de ce nom. Cf. Corresp. de Fénelon, t. IX, p. 22^. Du reste, Bossuet et ses agents à Rome se comportaient comme s'il eût lui-même accusé son confrère devant la cour de Rome, récusant certains examinateurs du livre, sollicitant contre Fénelon les consulteurs et les cardinaux, se plaignant au Pape des procédés des uns et des autres et s'efforçant de tout leur pouvoir d'obtenir une condamnation. Bossuet, il est vrai, se défendait d'être partie dans l'affaire ; mais le public ne s'y trompait point, et lorsque la décision fut intervenue, il dit que M. de Meaux avait gagné son procès contre M. de Cambrai.
8. Dans son Instruction, M. de Chartres reprochait ainsi à Fénelon ses contradictions et ses changements : « Enfin, et c'est ce qui paraît de plus étonnant, après avoir donné cette première explication en la présence de Dieu, avec des protestations bien sérieuses qu'on n'a point eu d'autres sentiments dans le cœur en faisant le livre, et que cette explication en contient le système avec toutes ses
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venir toujours de ce fait, quand on voudrait lui parler en laveur de M. de Cambrai. Il me témoigna une extrême douleur de l'obstination de cet archevêque, et me donna sa bénédiction.
Le Pape me parut un peu plus pâle qu'à son ordinaire. Il a eu une espèce de fluxion sur le nez, qui se guérit. On dit que ses jambes sont un peu enflées ; je ne m'en aperçus pas, mais cela n'est pas extraordinaire à un vieillard de son âge. 11 n'y a rien encore dans son état qui menace une prompte ruine. Il est bien certain que, depuis un an, il est baissé et devenu infirme : doit-on s'en étonner à quatre-vingt-trois ans?
Par les manuscrits répandus à Paris, jugez des discours qu'on tient ici : ils sont de la dernière insolence.
Au reste, les jésuites publient avec une affectation surprenante que M. de Monaco est tout jésuite. Je réponds à cela qu'il est et sera ce que le Roi lui ordonnera d'être. Il est bon qu'il ait des instructions là-dessus. Comme apparemment je me trouverai encore ici quand il v viendra, il serait avantageux pour moi que la Cour lui recommandât de me témoigner de la bonté et de la confiance.
M. Giori a connu que j'avais raison. Il a eu depuis un mois la goutte. Il parla dimanche au Pape conformément à ce que je lui avais représenté le matin : voilà sa réponse originale que je vous envoie.
Le général de la Minerve m'a promis de parler aux cardinaux dans l'occasion, comme je le souhaite. Il a su par le P. Alexandre 9 que les jésuites publiaient à Paris qu'il ne suivrait pas les sentiments de Massoulié et du maître du sacré Palais : cela lui a fait faire bien des réflexions.
Ayez la bonté de me faire savoir comment le P. Dez a été reçu du Roi. Les jésuites publient sur ce sujet les plus belles choses du monde. Le P. Dez est très sûrement le plus
restrictions, on ne laisse pas de se départir visiblement de cette explication dans Vlnstruction pastorale, pour y en substituer une autre qui n'a aucun fondement et qui n'en peut avoir, ni dans le dessein, ni dans les termes du livre. »
9. Les éditeurs : M. Nicole. C'est un nom de guerre. Cf. p. 66.
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dangereux de tous les hommes. Les jésuites et le cardinal de Bouillon seront toujours les mêmes.
Je suis fâché qu'on n'ait pas encore vu à Paris, et dans les provinces, et en Flandre, le Mystici et Schola in tuto. Votre première résolution, de faire de petits écrits dans les circonstances présentes, était, selon moi, la meilleure, car beaucoup de gens auraient lu volontiers ces traités l'un après l'autre, qui seront effrayés de la lecture des trois ensemble. J'attends avec impatience les dernières feuilles du Quielismus redivivus, la traduction italienne et la censure qualifiée.
La France et les évèques auront une obligation infinie au cardinal Casanate, qui, s'il en est cru, fera aussi bien que nous. La jalousie que vous me dites qu'on a eue sur l'effet de la Relation, regarde-t-elle M. de Paris? Il en est bien capable ; ou bien concerne-t-elle les jésuites, ou la Cour en général ?
Les amis de M. de Cambrai sont-ils revenus de bonne foi10? Je ne parle pas des jésuites; il ne faut pas attendre qu'ils reconnaissent jamais leurs égarements.
Voici une feuille pour vous en particulier.
Il est de la dernière conséquence pour la religion et pour le Roi, que le cardinal de Bouillon ne soit pas protecteur de la France. Il emploierait assurément tout son crédit en faveur des jésuites et contre les évèques et la bonne doctrine, surtout à présent qu'il a la rage dans le cœur.
Poussin soubaite que je vous écrive en sa faveur, pour que vous rendiez témoignage à M. de Pomponne et à M. de Torcy qu'il s'est toujours bien comporté sur l'affaire de M. de Cambrai, et qu'il n'est pas entré là-dessus dans les sentiments de M. le cardinal de Bouillon. Effectivement je puis assurer que tout ce qu'il m'a dit a toujours répondu à cette disposition, et tout ce qui m'estrevcnu de ses discours et de sa conduite à cet égard a toujours justifié ses bonnes intentions11.
Il croit que votre témoignage et la manière dont vous par-