‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 82 sur 224 · Editeurs : Us exagèrent la vieillesse de ce prince · texte numérisé non relu

Editeurs : Us exagèrent la vieillesse de ce prince

[\. On a du même jour une lettre delà princesse des Ursins recommandant chaudement Poussin, à qui, dit-elle, on attribue tout ce que le cardinal du Bouillon peut faire de bien (Affaires étrangères, Rome.

i58 CORRESPONDANCE [août 1698

Douai". Nous attendons la suite du Quielismus, qui viendra toujours un peu tard.

Les amis de M. de Cambrai commencent à avouer que le livre sera défendu; mais ils ne s'attendent, pas encore à la qualification, qui doit'1 être une suite nécessaire de la solennité de l'examen, quand d'autres raisons ne l'exigeraient pas.

Je suis, Monseigneur, avec un profond respect, etc.

Phei.ipeaux.

176/i. — A Pierre de La Broue.

A Paris, 3o août 1698.

M. le cardinal de Bonzy1 s'excuse, Monseigneur, pour cette année, par les engagements déjà pris ; mais il promet pour l'année prochaine, de tourner les choses de voire côté". Je suis fâché de ce retarde-

5. La Bibliothèque Nationale possède trois éditions différentes de la Réponse à la Relation, toutes les trois s. 1. a. d., imprimées à peu près en même temps, sans doute par divers éditeurs, en in-12 de 106, ou 170 ou 2Ô2 pages. Il n'y eut point d'édition française de la Réponse à M. de Paris : elle ne fut imprimée qu'en latin, et à fort peu d'exemplaires. Le 5 juillet, Fénelon en envoyait vingt-cinq à Rome (Corresp. de Fénelon, t. IX, p. 23g).

6. Edit. : aux qualifications des propositions, qui doivent. Lettre 1164. — Copie authentique. Grand séminaire de Meaux. I. Pierre de Bonzy appartenait à une noble famille florentine, dont

cinq membres se sont succédé, de 1576 à 1669, sur 'e s'èjje épiscopal de Béziers. Né à Florence le i5 avril i63l, il fut élevé en France, l'emplit avec succès diverses missions diplomatiques, fut successivement évèque de Béziers, archevêque de Toulouse, puis de Narbonne, et présida pendant trente ans les États du Languedoc. Il eut une influence considérable sur l'administration de cette province. Il mourut à Montpellier le 11 juillet 1703. Il avait été créé cardinal en 1G72 (D. Vaissète, Histoire du Languedoc, t. XIII, p. 4g4 et suiv. ; Saint-Simon, t. III, p. 325 ; t. VI, p. ^7 ; H. Monin, Essai sur l'histoire administrative du Languedoc pendant l'intendance de Basville, Paris, i884, in-8). 3. Edit. : tourner les choses de manière que vous soyez député des Etats. — Chaque année les Etals de Languedoc députaient à la Cour

août 1698] DE BOSSUET. 10g

ment de ma joie, et de la privation du secours dont j'aurais besoin dans les occurrences présentes. Le cardinal m'a parlé avec toute sorte d'estime pour vous, et de plaisir à vous obliger.

La Réponse à ma Relation est si pleine de déguisement et d'artifice, qu'on croit que je dois répliquer. Je pars pour Meaux, et de là pour Compiègne, où je tacherai de ne pas perdre de temps. Vous savez mon respect, mon cher Seigneur.

J. B., é. de Meaux.

Le livre dont vous m'envoyez le titre3 n'est rien.

1760. — A l'Abbé de Cordemoy.

(Extrait.)

A Meaux, 3o août 1698.

Le petit livre que vous m'avez communiqué contre les nouvelles erreurs est net et fort : la doctrine en est très solide et très précieuse.

Je suis, Monsieur, etc.

J. Bénigne, é. de Meaux.

quelques-uns des membres des trois Ordres pour porter leurs doléances, l'our le clergé, ce fut, en 1698, Le Goux de La Berchère, archevêque d'Albi. En 169g, ce ne fut pas M. de La Broue, mais Jean-François Brizay de Denonville, évêque de Comminges (Archives Nationales H 748, n° 109, Cahier des doléances de la Province de Languedoc, 1685-1700).

3. Peut-être le livre de D. Gerberon, imprimé à Toulouse, dont il a été question plus haut, p. 53.

Lettre 1165. — Extrait publié eu guise d'approbation en tête de l'ouvrage intitulé : les Désirs du ciel ou témoignages de l'Écriture sainte contre le pur amour des nouveaux mystiques, par l'abbé de Cordemoy, Paris, 1698, in-12.

IÔO CORRESPONDANCE [août 1 698

1766. — A Antoine de Noailles.

A Germigny, ce 3i août 1698.

Voilà, mon cher Seigneur, la lettre de mon neveu1, apportée par le valet de chambre de M. le marquis de Torcy. Il me semble qu'elle est importante, et fait bien voir l'état des choses. Il faut obliger M. le cardinal d Estrées d'écrire fortement à Carpegna. Faites, je vous prie, réflexion sur les circonstances de la lettre de mon neveu, et prenez la peine de m'en dire votre sentiment. Il est vrai qu'une simple prohibition, après un si grand fracas, serait honteuse au Saint Siège et d'ailleurs un remède peu proportionné à la grandeur du mal : le respective les tirera d'embarras, et cependant il aura l'effet de proscrire les propositions.

Je crois ' qu'on attend que je fasse quelque réponse ; j'y travaille. Il me semble, mon cher Seigneur, que vous ne pouvez en refuser une à la réponse latine, quelque mine3 qu'on fasse de vous vouloir ménager : il n'y a rien de sincère. Ils ne veulent que nous désunir, parce que notre union les confond. Vous connaissez mon respect.

J. Bénigne, é. de Meaux.

Lettre 1166. — L. a s. Biblioteca civica de Turin. Revisée par M. L.-G. Pélissier dans la Revue Bossuet du 25 juin igoo. Une copie par le P. Pincliart, Bibliothèque de Reims, ms. n45.

I. La lettre du ig août, en extrait, comme il est dit, p. 161.

a. Édit. : Je vois.

3. Edit. : à la réponse latine que M. de Cambrai vous a faite- Quelque mine.

août 1698] DE BOSSLET. 161

1767. — A l'Abbé Boséuet.

A Germigny, 3l août 1698.

Je reçus hier, avant que de partir pour Meaux, votre lettre du 19, par les mains du valet de chambre de M. le marquis de Torcy, qui avait ordre d'aller rendre quelques paquets à M. de Paris. J'envoie à ce prélat un ample extrait de votre lettre. J'ai reçu aussi la lettre qui est venue par le courrier. Votre lettre est très importante : j'en ferai usage le plus tôt qu'il sera possible.

Je ne m'étonne pas des ménagements qu'on a pour M. de Paris. Tout l'effort de la cabale va maintenant contre moi, parce que l'on sait que je suis inexorable quand il s'agit de la religion, et qu'on ne m'en imposera pas sur la doctrine.

J'attends avec impatience quel effet la nomination de M. le prince de Monaco pour ambassadeur à Rome y produira. Ici, elle marque beaucoup, et l'on ne croit pas que M. le cardinal de Bouillon soit bien à la Cour.

J'ai vu Mme de Lanti une seule fois1. Elle me témoigna être tout à fait de vos amies. Je ne pus lui parler en particulier; mais je sais qu'elle a bien parlé sur votre compte aux personnes les plus intimes. Elle est fort mal, et tout le monde la plaint : elle croit être mieux.

Lettre 1161. — y. Voir plus haut, p. i35, et t. IX, p. 25o,

l62 CORRESPONDANCE [août 1698

Vous avez bien répondu au secrétaire d'ambassade de M. le cardinal de Bouillon. Le zèle du Roi s'anime plutôt qu'il ne se ralentit.

On ne songe nullement à accommoder l'affaire de M. de Cambrai2 ; mais ses amis, étourdis de l' effet de la Relation, font semblant de le vouloir abandonner.

Le jésuite italien3 dont vous me parlez, est tel que vous le peignez.

Selon toutes les apparences, M. le cardinal de Bouillon aura peu de crédit dans le conclave, et le cardinal Carpegna se rassurera, quand il verra M. l'ambassadeur.

Je vois dans toutes les lettres du P. Estiennot, qu'il en revient toujours à une condamnation ut jacet, qui est très mauvaise : on donnerait lieu à mille détours sur l'explication, ce qui serait pire que le premier mal.

On croit ici qu'il faut répondre quelque chose à M. de Cambrai. J'y ai travaillé, quoique tous les gens sensés voient bien qu'il ne fait qu'éluder et se rendre plus odieux par ses artifices et ses déguisements.

On garde votre courrier pour porter la traduction italienne de ma Relation, faite par l'abbé Régnier. J'envoierai ma réponse au nouvel écrit de M. de Cambrai contre cette Relation, par un extraordi-

2. Voir plus haut, p. i36. En réalité, l'évêque de Chartres, à l'insu de Bossuet, avait fait une tentative d'accommodement (Cf. les lettres de Fénelon, 6 et 12 septembre i6g8, et Algar Griveau, Étude sur la condamnation des Maximes des saints, t. II, p. io3 et suiv.).

3. Le P. Amonio, que l'abbé (p. 137) avait dit être « grand charlatan ».

août 1698] DE 110SSL ET. l63

naire : j'y joindrai un petit écrit sur les actes imperati a charitate*.

Votre conversation avec le cardinal Noris me fait grand plaisir. Puisqu'il a bien voulu que vous m'en écrivissiez, dites-lui que l'espérance de la bonne cause est toute en son savoir et en son courage, qui a paru avec tant d'éclat dans ses livres précédents ; que cette affaire mettra le comble à sa gloire. Sans doute qu'il ne croira pas tout ce qu'on dit contre moi. ?Sul autre motif ne me fait agir, que celui d'empêcher que les vaines dévotions ne prévalent contre 1 ancienne piété enseignée par saint Augustin et par saint Thomas.

Le détour des actes commandés par la charité est un pur plâtrage, qui ne s'accommode nullement avec le dénouement d'amour naturel. M. de Cambrai n'a non plus parlé de l'un que de l'autre dans son livre des Maximes. Le quatrième amour a cet avantage, aussi bien que le cinquième : Omnia in charitate fiant ; omnia propter gloriam Domini nostri Jesu Chris ti'1 . Soit qu'on regarde l'amour comme précepte avec l'école de saint Thomas, ou comme conseil avec l'école relâchée, il s'étend à tous les états, et ne se borne pas au seul état passif, où l'on avoue que tout le monde n'est pas appelé. Enfin on n'explique pas pourquoi la charité commanderait l'espérance, qui, selon le nouveau système, ne lui sert de rien et ne la peut augmenter.

l\. Dans l'édition Lâchât, t. XIX, p. 772.

5. Le premier de ces textes est tiré de I Cor., xvi, i^ ; le second n'est pas dans l'Ecriture ; ce qui s'en rapproche le plus est : Omnia in gloriam Dei facile, I Cor., x, 3i.

l64 CORRESPONDANCE [sept. 1698

Je suis très aise d'avoir la traduction latine du livre de M. de Cambrai : j'en ai dit dans la Relation ce que j'en ai su par les mémoires de M. Phelipeaux, et M. de Cambrai y répond très mal.

Le P. Alexandre6 n'a point fait de réponse sur la proposition de la pure concupiscence qui sert de préparation à la justice quoiqu'elle soit sacrilège. Je n'ai rien non plus à dire là-dessus que ce que j'en ai dit dans ma Préface sur V Instruction pastorale de M. de Cambrai, n° h']. M. Phelipeaux a très bien marqué dans un de ses écrits et dans la qualification de cette proposition, qu'elle égale un acte sacrilège à la crainte ex impulsu Spiritus sancli, qui ne fait que removere prohibens. On ne peut résistera ses raisons, ni s'empêcher de mettre cette proposition avec les autres censurables.

1768. — L'Abbé Bossuet a son Oncle.

Rome, ce 3 septembre 1698.

J'ai reçu en même temps, quoique par différentes voies, vos lettres de Germigny du 10 août, et de Jouarre du i3. On n'a pu m'envoyer que quatre autres feuilles du Quietismus redivivus, dans une petite boîte où il y en avait dix exemplaires : apparemment la dernière feuille n'était pas achevée.

Selon mon compte, on doit recevoir demain, par l'ordinaire, nouvelle du courrier que j'ai dépêché, dont je n'ai rien appris d'aucun endroit, mais j'espère qu'il ne lui sera

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