‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 83 sur 224 · Voir p. 66, i53 et ao · texte numérisé non relu

Voir p. 66, i53 et ao

Lettre 1168. — L'original a passé par les mains de Mme Vve E. Charavay. Voir la Revue des autographes de janvier 189g.

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arrivé aucun accident. Il se pourrait faire que vous jugeriez à propos de le renvoyer avec des exemplaires du Qulelismus et des autres livres, notamment de la Relation italienne. On a su ici depuis quinze jours, et je ne m'en suis pas caché, que je vous avais envoyé copie de la réponse de M. de Cambrai ; mais on ne sait pas le départ du courrier extraordinaire.

M. de Chanlérac reçut le 27 du mois passé, par un courrier extraordinaire venu en droiture de Cambrai, une nouvelle édition de sa Réponse à votre Relation du quiélisme. Une heure après, il en porta un exemplaire à M. le cardinal de Bouillon, et le lendemain il la distribua dans Rome1. Je vous en envoie un exemplaire à tout hasard ; c'est celui de M. de La Trémoille. Il a assuré que M. de Cambrai en avait envoyé mille à Paris. Cela a fait que je ne vous l'ai pas envoyée par un courrier exprès; d'autant plus que, hors le démenti sur les circonstances de son sacre2, vous avez deviné

1. Le même jour, le P. Roslet écrivait à Noailles : « Il est venu un courrier extraordinaire dépêché par M. de Cambrai avec une foule d'exemplaires de la Réponse à la Relation de M. de Meaux sur le quiétisme. Cette pièce, que l'on a répandue d'un air triomphant par tout Rome, a réveillé les parlisans de la nouvelle spiritualité, qui sont tous plus fiers qu'ils n'avaient encore paru. On voit, disent-ils, présentement la passion outrée qui a fait agir contre M. de Cambrai ; on connaît évidemment la fausseté des faits cités contre lui, et M. de Meaux est convaincu d'avoir cité jusqu'à la confession, qu'il (sic) n'a plus aucune vraisemblance. L n certain piètre normand, nommé La Templerie, qui accompagne M. de Chantérac, vint me présenter cet écrit au milieu de notre cloître et s'emporta avec tant d'insolence contre ceux qui agissent contre M. de Cambrai que je fus obligé de le mettre à la porte. » Et, le 7 septembre, le même correspondant écrit : La Réponse à la Relation de M. de Meaux continue à réjouir les partisans de M. de Cambrai ; mais nous avons trouvé le moyen de traverser ce petit avantage en publiant l'histoire du curé de Seurre. J'ai fait lire au Pape ses erreurs et sa condamnation par le Parlement de Dijon. Il témoigna une souveraine aversion de cette ruéebante secte et une .ferme résolution de l'exterminer (Ms. de Saint-Sulpice, foS 4a et 108). Sur le curé de Seurre, voir p. i83-i84 ; il sera parlé de lui tout au long à l'appendice du tome suivant.

a. Voir t. VII, p. 97, la lettre du i5 mai 1G95. Cf. Bossuet, Rela-

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toutes ses défenses ou plutôt toutes ses impostures sur tous les autres points, en voyant l'écrit contre M de Paris. Vous avez bien deviné, ou plutôt vous étiez bien instruit, quand vous m'avez écrit qu'il faisait une autre édition de sa Réponse à votre Relation, dans laquelle il insérait une partie de ce qu'il avait dit contre M. de Paris dans son écrit latin.

Nous n'avons besoin d'être éclaircis ici que sur les soumissions de Mme Guyon, qu'il dit avoir été dictées par vous et par M. de Paris; et vous l'avez fait, ne voulant en aucune façon juger de ses intentions ni de ses mœurs, mais seulement mettre en sûreté la saine doctrine contre les erreurs des méchants livres de cette femme. Le déni que M. de Cambrai fait, de n'avoir jamais lu ses manuscrits des Torrents et sa Vie par elle-même, retombe sur lui, selon lui-même3. Car, outre qu'il est contre toute vraisemblance qu'il vous les ait fait mettre entre les mains sans les avoir examinés, il demeure d'accord que vous lui avez rapporté les folles visions qu'ils contenaient. Après cela, ou il vous a cru, et alors c'est comme s'il avait lu lui-même ces visions ; ou s'il ne vous a pas cru, il n'est pas possible qu'il n'ait voulu voir les écrits pour vous montrer que vous vous trompiez par un effet de votre prévention. Ce raisonnement me paraît une démonstration. Il serait bon aussi d'éclaircir un peu ce qui concerne les lettres de M. de Genève et de M. de Grenoble. Notre homme a retranché ce qui regarde le dernier, parce qu'il est vivant.

M. le cardinal de Bouillon a publié ici que vous aviez dit que vous écraseriez M. de Cambrai, s'il osait nier les faits que vous avancez. Dans le cas où vous jugeriez à propos de répondre, vous le devez faire avec plus de modération que jamais, mais avec autorité. Si vous répondiez sous le nom d'un ami, il vous serait plus libre de rapporter ce que vous jugerez à propos de découvrir. Au reste, l'article de la con-

tion, sect. III, n. 4, et Remarques sur la Réponse à la Relation, art. VII, § 10 ; Fénelon, Réponse à la Relation, chap. IV, lu.

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