‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 93 sur 224 · I Cor., xvi · texte numérisé non relu

I Cor., xvi

-j. Gènes., xviii, 27

sept. 1698] DE BOSSUET. J79

strissiirKr et Reverendissimœ vestrse Dominationis humillimus, obsequentissimus et addictissimus famulus.

Franciscus-Maria Campionus, Apostolicus in Lrbo cleri cxaminator.

Roma?, scptemb. 1698.

1 7 7 1 - — L'Abbé Bossuet a son Oncle.

Rome, ce 9 septembre 1698.

J'ai reçu votre lettre du 17 août1, de Meaux, par laquelle vous me marquez l'arrivée du courrier et la réception de tous nos paquets. J'espère apprendre bientôt les mesures que vous aurez prises, M. de Paris et vous, pour faire connaître, le plus tôt qu'il sera possible, les faussetés des derniers écrits de M. de Cambrai contre vous deux. J'en relève ici les impostures fort aisément, car je trouve qu'il n'y a qu'à relire vos deux écrits pour répondre clairement à tout ; mais il me semble qu'il donne encore par ces derniers écrits de grands avantages sur lui. Il faut absolument que vous fassiez quelque cbose ; mais il sera nécessaire de le traduire en même temps en italien, et imprimer l'un et l'autre en même temps : si cela pouvait venir à la fin du mois prochain, ou au commencement de novembre, ce serait à merveille. En ce cas, il faudrait envoyer les exemplaires par un courrier extraordinaire. L'écrit doit être court et fort : il est en bonne main.

Les jésuites triomphent de la Réponse de M. de Cambrai à votre Relation. Ils répandent là-dessus, comme une vérité constante, que le Roi est entièrement revenu pour M. de Cambrai, qu'il a reconnu les emportements des évêques, qu'il a rétabli les pensions de ce prélat ; que c'est moi qui fais courir tous les faux bruits qui se débitent sur la disposition peu favorable du Roi pour lui ; enfin il n'y a rien de si faux qu'ils ne publient. Ils prétendent que tout ce que le Roi

Lettre 1111. — 1. L'original de cette lettre n'a pas été retrouvé.

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a fait dans celte affaire, il l'a fait par force. Ils ont leurs fins dans tous ces mensonges qu'ils avancent; par là, ils conservent plusieurs de leurs partisans. Ils soutiennent jusqu'au bout les qualificateurs favorables, peu inquiets de ce qu'ils pourront penser dans la suite de tant d'impostures dont on les a entretenus.

Des cinq qualificateurs qui sont contre le livre de M. de Cambrai, trois ont achevé de voter devant les cardinaux sur les dix dernières propositions. Le P. Massoulié votera demain, et peut-être aussi le maître du sacré Palais. Pour les quatre favorables à M. de Cambrai, ils ont jugé à propos de ne voter que sur cinq propositions ; et par ce délai, ce qui aurait été fini devant le Pape le 18 de ce mois, ne finira que le 20. Le- Pape a témoigné assez fortement son chagrin de cette affectation à prolonger. Voilà à peu près le temps où j'ai toujours cru, depuis qu'on a suivi mon projet, que le rapport finirait.

La nouvelle que M. Phelipcaux vous avait mandée, il y a quinze jours, touchant les consulteurs qu'on pourrait entendre après les examinateurs, n'est pas vraie. Je n'ai jamais vu MM. les cardinaux disposés à prendre cet expédient: ils se croient suffisants pour lever ce partage; je les laisse faire. S'ils choisissent ce moyen, ce sera pour l'honneur de la cause, et afin qu'on ne dise pas dans la chrétienté que le* théologiens de Rome ont été partagés ; ce qu'on dira éternellement.

Le cardinal de Bouillon fut fort embarrassé, il y a huit jours, voyant la tournure de l'écrit que je lui donnai2. Son conseil fut d'avis de ne le pas envoyer, étant fait de manière à ne pouvoir être qu'approuvé ; mais il le voulut, parce qu'il s'imagina que je l'envoyais de mon côté. Je sais qu'il a mis dans la dépêche à S. M., que le Pape lui avait dit que je lui avais représenté qu'il ne fallait rien précipiter : ce seul mot me justifie entièrement sur tout ce qu'on voudrait insinuer. Je sais aussi qu'on a dit ici que je cherchais à différer, et on

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