Phrase omise par les éditeurs
2. Bossuet reviendra sur ce sujet, p. 216, et dans ses Remarques sur la Réponse. Je suis accusé, écrit-il dans ce dernier ouvrage, « de n'avoir pas gardé fidèlement le secret d'une confession générale; j'ai fait entendre que je pouvais parler de quelque chose dont il s'est confessé
à moi sur le quiétisme » (Lâchât, t. XX, p. 180; cf. p. 297).
En résumant ainsi le texte de son adversaire, Bossuet en exagérait la portée, et Fénelon ne manqua pas de s'en plaindre (Réponse aux Remarques, vu, dans ses Œuvres, t. VII, p. 43 et suiv.). Fénelon (Réponse à la Relation sur le quiétisme, xxx, ibid., t. VI, p. 4io) n'avait pas accusé son adversaire d'avoir révélé une confession. Il avait dit : M. de Meaux « va jusqu'à parler d'une confession générale que je lui confiai, et où j'exposais comme un enfant à son père
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montre son audace à mentir3, et en même temps son emportement.
Il vient encore de faire paraître une première lettre sur ma Réponse aux quatre. Je ne l'ai pas lue, mais je l'ai ici. Un chef de parti doit toujours répondre, et jamais homme n'en a plus eu toutes les qualités.
toutes les grâces de Dieu et toutes les infidélités de ma vie ». Or, dire qu'une confession s'est faite, ce n'est pas la révéler.
3. Les termes dont se sert ici Bossuet : « La con fission qu'il dit m'avoir envoyée », montrent que, dans la pensée de Fénelon, il ne s'agissait pas d'une confession proprement sacramentelle, ni même «l'une confidence de vive voix, telle que peut être une conversation avec un directeur de conscience, mais bien d'un écrit confidentiel. Dans sa Relation (section III, n. i3), Bossuet avait dit : « On a vu dans une de ses lettres (celle du 16 décembre i6g4, imprimée ibid., n. 4) qu'il s'était offert a me faire une confession générale: il sait bien que je n'ai jamais accepté cette offre. » Ces paroles pouvaient s'entendre d'une confession sacramentelle si on oubliait les termes de la lettre de Fénelon que venait de rapporter Bossuet : « Quand vous le voudrez, je vous dirai comme à un confesseur tout ce qui peut être compris dans une confession générale de toute ma vie. » Dans sa Réponse à la Relation (dans ses Œuvres, t. VI, p. 4n)> l'archevêque de Cambrai dit expressément qu'il s'agit d'un écrit que Bossuet a reçu et gardé quelque temps. Mensonge! déclare Bossuet. Cependant Fénelon insiste et raconte dans quelles circonstances il a remis son écrit à M. de Meaux, qui le lui réclamait et qui, après l'avoir vu, lui demanda la permission de le montrer à MM. de Noailles et ,Tronson : ce Je vous le permis, ajoute Fénelon, et je vous le permis sans préjudice du secret inviolable pour tous les autres hommes, qui est de droit naturel et que j'exigeai très expressément, etc. » (Œuvres, t. VII, p. 45 et 46). Or ni M. de Noailles, ni M. Tronson n'ont démenti Fénelon sur ce point (Voir OKuvres de Fénelon, édit. de Versailles, t. IV, p. xlvi ; lettre de Chantérac, du 11 novembre 1O98, dans la Correspondance de Fénelon, t. X, p. 33. On peut voir aussi le Dernier éclaircissement à M. de Cambrai, dans Lâchât, t. XX, p. 457; cet écrit n'a pas été publié par Bossuet et est resté inconnu jusqu'à l'édition Lacbat, en i864 ; Crouslé, Fénelon et Bossuet, t. II, p. 5 18 et suiv. ; Ch. Urbain, Bossuet et les secrets de Fénelon, dans la Quinzaine du Ier août t9o3; H. Bremond, Apologie pour Fénelon, p. 253).
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On rend ici si publique la Réponse à la Relation, qu'on en fera autant à Rome4. M. de Cambrai et ses affidés se fient aux mensonges et aux tours desprit.
Votre audience est avantageuse. Le cardinal de Janson sort d'ici. Il a les mêmes nouvelles que vous sur la censure avec qualifications et sur tout le reste. La lettre de Mgr Giori qu'il m'a montrée est admirable, et la vôtre s'y conforme bien.
J'espère aussi que le Roi parlera en conformité; mais il faut prendre son temps ici, où le camp* occupe beaucoup. M. le cardinal de Janson, dans le diocèse duquel il est situé, fait ici une cbère prodigieuse et la plus polie du monde.
M. le duc d'Estrées est mort après avoir souffert l'opération de la taille. Cela nous a fait perdre pour quelques jours M. le cardinal d'Estrées, qui revient demain. Il a de bonnes paroles pour conserver les gouvernements au jeune duc, qui a seize ans, et dont le cardinal sera tuteur6.
l\. Sa réponse « a si bien expliqué tous ces faits qu'on lui opposait que les personnes les plus prévenues avouent présentement qu'on ne saurait plus avoir le moindre doute, ni même le moindre soupçon ni de la droiture de ses intentions en faisant son livre, ni de la sainteté de sa doctrine ni de son éloigneroent sincère de la mauvaise conduite et des livres de Mme Guyon... » (Chantérac, lettre du 28 septembre 1698, publiée par M. Delplanque, op. cit., p. 64)- L'abbé Bossuet dit, de son côté, le 16 septembre : « Il n'y a ici que ses amis qui applaudissent à sa réponse. » Dom Estiennot écrit de Borne à Mabillon, le a3 septembre : « La réponse de M. de Cambrai à la Relation du quiètisme ne fait pas ici grand bruit, mais je ne doute pas qu'elle n'en fasse où vous êtes et qu'elle ne s'attire quelque autre relation, où l'on dira bien des eboses qu'il serait bon qu'on ne sût pas. » (M. Valéry, Corresp. inédite de Mabillon. Paris, 18A6. in-8, t. III, p. 4o. Cf. p. i65, et Pbelipeaux, t. II, p. 161).
5. Le camp tenu à Compiègne pour former à la guerre le duc de Bourgogne. Voir plus haut, p. 122 et 190.