‹ Correspondance de Bossuet. Nouv. éd. augm. de lettres inédites et publiée avec des notes et des appendices sous le patronage de l'Académie françaiseChapitre 97 sur 224 · François Annibal, duc d'Estrées, petit-neveu du cardinal · texte numérisé non relu

François Annibal, duc d'Estrées, petit-neveu du cardinal

190 CORRESPONDANCE [sept. 1698

Il ne faut rien précipiter ; si l'on ne frappe fort, on ne sera pas longtemps sans s'en repentir7. M. de Cambrai est un homme sans mesure, qui donne tout à l'esprit, à la subtilité et à l'invention ; qui a voulu tout gouverner, et même l'État, par la direction, ou rampant, ou insolent outre mesure.

Je ne puis encore vous8 rien dire de fort particulier sur la réception du P. Dez ; je sais, il y a quelque temps, qu'il [est] bien éloigné d'être jamais confesseur du Roi. Je crois vous avoir mandé que ce Père Dez, nouveau provincial, allant en Flandre et demandant à voir M. de Cambrai, a eu des défenses précises.

La jalousie dont je vous ai parlé9 ne regarde point la Cour, mais M. de Paris plus que personne et quelques évêques, entre autres le diocésain10 d'ici.

On fera ce qu'on pourra pour M. Poussin, et je

d'Estrées, était mort le 11 septembre. De Madeleine de Lionne, sa première femme, il laissait Louis Armand, duc d'Estrées après son père, et comme lui gouverneur général de l'Ile-de-France et Soissonnais, gouverneur particulier des villes de Laon, Noyon et Soissons (Cf. Saint-Simon, t. III, p. 37o à 372; t. V, p. 34 1 et 34a).

7. « M. Bossuet, sur une feuille séparée, avait écrit ces mots: Le monde se remplit de fanatisme. Si l'on frappe fort à Rome, il tombera ; si l'on tâtonne, on n'attirera que du mépris, et l'erreur n'attendra que l'occasion de lever les cornes » (Note de Deforis). Ce que Deforis dit être une feuille séparée, n'est que la suite de la lettre du 10 août, qu'il n'a pas su rattacher à sa vraie place. Voir p. 11 1 et 1 1 3.

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