I. to
Chine, d'un peu sûr, j'en serai reconnaissant. — Je recommence une nouvelle campagne, fort sombre, mais fort résolu à m'en tirer seul ^ et sans autre appui aue mes amis« — dont vous ôtes; continuez de m'aidera Tout à vous.
FRAGMENT d'UNE LETTRE A M. OCTAVE LACROIX, ALORS RÉDACTEUR DE L'EUROPE,
Ce 30 octobre 1864.
— Maintenant, puisqu'il est question de cette
affaire^ sur laquelle j'hésite par convenance à m'expliquer, je désire bien cependant qu'on sache que je n'ai jamais rien sollicité ni demandé de ce gouvernement; qu'à plus forte raison il en est ainsi d'un pareil honneur qui est hors de proportion avec les travaux et les mérites purement littéraires ; que, s'il a été tant question de moi, et il y a trois ans, et tout récemment encore, c'est que l'opinion a jugé à propos de devancer le gouvernement; que l'opinion n'a sans doute agi de la sorte que parce qu'elle voyait en moi un représentant de la littérature, de cette littérature' si peu favorisée et si peu gâtée jusqu'ici. J'avoue qu'il y aurait
1. C'est-à-dire sans aucune des espérances qu'on avait fait briller à ses yeux, et qui ne devaient se réaliser que quelques mois après par sa nomination de sénateur (le 28 avril 1865)*
% L'aiïaire du Sénat, dont on parlait prématurément;
eu une chose qui m'aurait flatté : c'eût été que, sous ce régime de suflrage universel, on eût demandé à Farmée entière des gens de lettres d'élire un certain nombre de noms et de dresser sa liste de candidats. Je suis peut-être bien peu modeste, mais je me figure que, sur une liste de dix noms, s'il y avait eu certainement de grands noms qui auraient passé avant le mien, j'eusse obtenu à mon rang une place, et cela même du gré et de l'assentiment des adversaires. C'est ainsi que j'avais compris en dernier lieu l'opinion des journaux qui étaient généralement favorables à la nomination et qui mettaient à la prédire une obstination véritable. En ce qui est de moi, j'y ai très -peu cru, et mes amis savent comment je répondais aux félicitations anticipées. Je n'ai aucune ambition que celle que j'avais du temps où vous étiez près de moi, celle de faire de bons articles et des travaux littéraires le moins défectueux possible.
À M. HIPPOLYTE VÂLMORE.
Ce 5 novembre 1864.
Mon cher ami,
Il me revient un mot par Veyne* sur une situation délicate et douloureuse à toucher, la tombe d'un poète qui nous est cher. Je crois que le mieux serait d'exposer le cas à
1. Le docteur Veyne, ami et médecin de Sainte-Beuve, mort le 21 août 1875, dans sa soixante-deuxième année.
M. Mcrruau pour qu'il en veuille parler à M. HaussmanD. Au besoin, je crois qu'il serait possible que PAcadémie fît une démarche auprès du préfet; mais il me semble que l'intervention de M. Merruau suffirait. Puisqu'on honore une rue (lu nom de votre mère si illustre et si modeste, il est impossible que la ville n'achève pas et qu'elle se démente. Tout à vous, et à votre cher père.