DE RENNES
Ce 17 novembre 1864.
Monsieur,
Je vois avec plaisir que vous avez avancé dans Texécution de ce vœu dernier du poëte notre ami; il restera pourtant une difficulté pour la publication : je doute fort que Michel Lévy, ni même aucun autre éditeur achète et paye le volume. — Vous ne pouvez vous faire idée de Tétat matériel de la librairie en ce qui concerne surtout la poésie : presque tous les volumes qu'on publie se font aux frais des auteurs, ou tout au plus le libraire consent-il à faire les frais d'impression, — 11 n'y a pas de nom d'éditeur ni d3 préfacier qui tienne. Voilà le vrai ! Votre présence sera nécessaire daus tous les cas pour cette petite négociation.
Après les premiers jours de janvier, je compte être plus libre de relâcher un peu ma chaîne (j'appelle ainsi ma corvée hebdomadaire). Jusque-là, je n'ai que de misérables quarts d'heure vers la fin de la matinée, — vers quatre heures et demie; — mais, si vous veniez ici, ayez l'obligeance de jeter un mot à la poste avec votre adresse, et je vous répondrais aussitôt en vous indiquant le plus prochain jour possible.
Veuillez agréer, monsieur, l'expression de mes sentiments les plus distingués et dévoués.
CGLXXIX.