Pensées d'août
nous avon& cru éternel. Voyez- vous, c'est à jamais fini de ce côté que vous savez; je ne reverrai ni n'écrirai jamais; j'ai été si blessé d'une telle indififérence! mais hksséj cela veut dire que j'en souffre encore.
Je suis ici chez de bons amis, M. et madame Olivier, nobles cœurs, natures simples et profondes, poètes des anciens jours et des délicatesses d'aujourd'hui. Votre nom revient souvent dans le dénombrement que nous faisons des amis absents, dans ce petit nombre de purs et de bons qui consolent des corrompus et des méchants. Vous passerez ici un jour, et vous y parlerez de moi avec nos amis, comme je parle avec eux de vous : car j'y aurai fait une longue et profonde trace en ces beaux lieux que je désespérais de jamais visiter. Adieu. Écrivez-moi, aimez-moi.
Tous mes vœux du cœur pour celte année.
XXFl.
A MADAME VERTËL.
Lausanne, 31 décembre 1837.
Je ne veux pas ici plus qu'à Paris laisser passer, chère madame et amie, le jour de Fan sans vous offrir tous mes vœux habituels et sans vous rappeler qu'ils ne cessent de se former pour vous. Comment êtes-vous? que faites-vous de votre santé? Vos enfants sont chez vous en vacances. J'aurais baisé au front mademoiselle Clotilde et sur les joues mademoiselle Noéma si j'avais été à Paris. Veuillez le leur dire. Je suis ici un peu en vacances moi-même pour quel-
ques jours, mais bien entièrement occupé et absorbé d'habitude. Je fais trois leçons par semaine, d'une longue heure chacune; il y vient des dames en assez grand nombre, mais je leur souris peu et ne suis qu'à mon grave sujet. Dans cinq mois, je retournerai vous voir. Quel bonheur, quand je monterai votre escalier et que je ressaisirai le passé interrompu! Adieu; ce n'est que pour vous saluer, car qu'auraiton à se dire plus au long sinon des souflfrarices? Écrivez-moi un mot.
Je vous embrasse respectueusement.
P.'S. — Mes amitiés à votre frère.