A M. DÉSIRÉ LAVERDANT, RÉDACTEUR DE LA DÉMOCRATIE PACIFIQUE
Ce 5 mars 1845.
Cher monsieur,
Je serais très-sensible à votre reproche amical si je le méritais. Mais j'avais laissé, en effet, cinq ou six exem-
se compose de poëmes rappelant la plupart des scènes italiennes. Sainte-Beuve a cité un vers de ce recueil tout en tête de son article sur Leopardi^ (1844, Portraits contemporains, tome IV de l'édition Lévy) : a ... Quelques-uns de nos poètes qui ont voyagé en Italie ont rapporté comme un vague écho de sa célébrité ( la célébrité de Leopardi) :
Leopardi dont l'âme est comme un encensoir,
lisions-nous, l'autre jour, dans l'album poétique d'un spirituol voyageur. » — Il s'agissait, comme on vient de l'indiquer, de M. de Montlaur. On peut voir aussi un passage très-délicat sur M. de Montlaur dans les Nouveaux Lundis, t. X, p. 127-128 (article de la Poésie en 4865)»
1. Cette lettre nous a été communiquée par M. Maurice Tourneux, auteur d'un travail très-consciencieux sur les Portraits de
plaines de mon discours au Secrétariat pour les journaux qui le viendraient prendre, et, de plus, j'en ai laissé à ma domestique un pareil nombre au cas qu'on vînt. Dans ce brouhaha de la sortie, il m'a clé impossible , non pas de me souvenir, mais de rien envoyer. Veuillez donc ne pas m'attribuer ce qui n'a été qu'un malentendu.
Quant à l'autre regret tout littéraire que vous m'exprimez, cher monsieur, il faudrait causer pour s'expliquer. Je n'ai jamais aimé le drame moderne tel que l'ont fait Hugo et Dumas, et je n'y ai jamais reconnu le moins du monde l'idéal que je conçois à cet égard. — Et puis je crois que chacun doit rester dans sa nature : Delavigne, en devenant vraiment classique dans le vrai sens, dans celui de Sophocle et des vrais maîtres, aurait conquis, à une certaine heure, la position d'Ingres en peinture. Au lieu de cela, il a fait non pas transition (car rien n'est venu), mais transaction, ce qui n'est jamais bon en art ni en critique. C'est vous dire que je ne crois pas en faire. Je ne saurais exprimer ce que je ressens contre les énormités qui ont en partie démenti nos espérances; mais il est des points sur lesquels je tiens bon, et me flatte de n'avoir en rien dévserté mes convictions premières. 11 m'est très-égal que madame de Girardin vienne me dire que je fais de la réaction pure et sicnple, et je ne me donne pas même la peine (l'y songer; mais, si vous me le dites, je me permets de vous dire non, et que vous vous méprenez complètement; ce qui tient peut-être à ce que vous n'attachez pas la même
Sainte-Beuve dans l'Amateur d'autographes (juin-juillet 1874), et qui achôvc en ce moment Y édition^ Diderot, commencée par le regrettable Jules Assézat (chez Garnier frères).
importance que moi aux points purement littéraires sur lesquels je suis resté à très-peu près le niôuic.
Merci d'ailleurs, cher monsieur, de votre amicale attention et à vous d'estime et de cœur.
A MADAME DESBOKDES-VALMORE.
Ce 7 mars <845.
Chère madame.
J'ai été bien occupé : de là mon absence. Comment ôtesvous tous et toutes? et la chère malade^? .récris vn co moment un article sur Louise Labé : il me semble que vous l'avez chantée. Pourriez- vous ni'indiqucr Tondroit ou me prêter la pièce? Je serais si heureux de mêler une fleur de vous à ma prose.
A vous et aux vôtres, chère madame.