G2 CORRESPONDANCE
M. Sainte-Beuve, n'ayant jamais donné, non-seulement la moindre occasion, mais le plus léger prétexte, à ce que son nom pût être porté sur une telle liste, — n'ayant jamais eu l'honneur de rencontrer M. Duchâtel durant ces huit années, qu'une ou deux fois chez madame de Bergue, — ose prier que la seule personne au fait de ce détail lui veuille venir en aide pour une explication.
Ces fonds, a-t-il été répondu quand il s'est adressé à quelques personnes de l'ancienne administration, ces fonds étaient à la disposition du ministre seul.
C'est à lui donc, c'est à son ancienne bienveillance, à sa justice et à sa délicatesse que M. Sainte-Beuve se permet de faire appel aujourd'hui, dans une affaire qui n'intéresse pas seulement sa propre position très-modeste et qu'il a déjà sacrifiée en idée *, mais qui touche sa délicatesse même et jusqu'à un certain point son honneur.
Sous quel prétexte, par quelle substitution mnémotechnique le nom de M. Sainte-Beuve a-t-il pu se glisser là, et quelle a pu être la personne qui a trouvé plus commode d'être désignée sous ce nom?
En osant interroger M. Duchâtel sur ce point délicat, M. Sainte-Beuve promet de ne faire usage de la réponse qu'avec discrétion^ n'ayant certainement envie de faire aucun éclat, mais désirant simplement être sur la voie d'une ' explication qui ne le mène à soupçonner injustement personne^.