Un article de M. Jules Levallois sur Montausier
2r»6 CORRESPONDANCE
procès. Je ne lui connais de bon que Tamitlé de Fléchier : c*est sa circonstance atténuante.
Je fais comme vous, cher ami, je pioche.
Tout à vous et à Ghesneau.
AU MÊME
Ce 16 décembre 1880.
Enfin, cher ami, je Fai, cet article tant désiré^, moins encore comme faveur que comme expression d*une pensée il laquelle j'attache tant de prix et j^accorde tant de valeur. J'espère, avant tout, que votre santé n'aura pas trop soaffert de cette reprise de travail; car, quand vous vous y mettez, c'est d'une façon si sincère et si intense, que la machine physique doit s'en ressentir, et que la lame fait trembler le fourreau. Je vous remercie d'avoir maintenu Chateaubriand, que je n'ai jamais voulu diminuer, «ncore moins dégrader. Le vrai est que ce cours était devenu un peu vieux ; j'ai lâché de le rajeunir et de le fortifier, de le radouber par toute sorte de documents et de curiosités authentiques. Mais les conséquences que j'en ai vu tirer, je ne les tire pas, et même en vingt endroits je dis le contraire. Vous dites des choses excellentes sur la statue qui, en définitive, continuera de montrer le front inspiré, le reste
1. Un article de M. Jules Leyallois sur rouvrage de Sainte- Beuve : Chateaubriand et son groupe littéraire sous rSmpirû.
se dérobant sous le nuage. Mais, nous qui sommes dans les coulisses, nous étions derrière le nuage, qui continuera de se reformer pour d'autres. Il n'y a que ceux qui le voudront qui viendront nous y chercher. — Je vous trouve seulement trop sévère pour les pages de la fin, qui n'ont point paru manquer si fort à la convenance, l'homme étant ce qu'il était; et le monde, si sévère d'ordinaire pour les confidences de ce genre, a paru goûter et accepter celles-là. Mais vous êtes, me direz-vous, plus sérieux que ce monde frivole; sur ce point, j'ai retrouvé un croyant .' C'est un privilège de la jeunesse et de la vie austère que vous menez. — L'âge vous en ôtera assez. Cet âge (le vôtre) est sans pitié !
Je vous serre bien cordialement la main, en attendant que j'aie le plaisir de vous voir.
Merci encore et tout à vous.