‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 9 sur 139 · A M. DUVERGIER, IMPRIMEUR · texte numérisé non relu

A M. DUVERGIER, IMPRIMEUR

U juillet 1835.

Apportant moi-même un soin très-minutieux, et que je ne crois pas superflu, aux détails de style et aux épreuves, je ne puis qu'être charmé de rencontrer le même soin analogue cheii monsieur Duvergier et je l'en remercie beaucoup. Je n'ai rien à objecter aux corrections légères qu'il propose, qràcv,, pane parler ^ satisfaisant.

Quant aux guillemets, ils doivent se trouver dans Grimarest même; car ce discours est donné comme étant celui de Molière, sauf le tour indirect, et les guillemets indiquent cela»

Quant au signe — , je ne voudrais pas choquer les habitudes typographiques, mais voici mes raisons : ce signe — , qui est d'introduction assez récente, ne me semble pas devoir être uniquement affecté aux dialogues. En anglais, où il est fréquent, il intervient dans les longues phrases pour aider à s'y retrouver. Je lui attribue une signification de pause légère à faire, d'inflexion dans le tour de la pensée qui, sans l'avertissement de ce signe, serait brusque pour le lecteur. C'est dans cette intention précise que je l'ai employé deux ou trois fois. Au milieu de tant d'autres innovations, c'en est une très-légère et qui me paraît avoir son utilité, à l'employer sobrement. Que monsieur Duvergier fasse là-dessus, au reste, selon sa volonté, car ceci est sur les limites de la typographie et du style, et le typographe a le droit de revendiquer ce détail : ma pensée pourtant est que, dans notre style à la moderne, ce signe est quelquefois un appendice utile à la ponctuation ; dans les vers, par exemple, je le crois en certains cas indispensable.

XYl.

ÀMADAME LA COMTESSE CHRISTINE DE FONTANES

Lyon, le £«.

En regrettant de n'avoir pas eu l'honneur de vous rencontrer à Genève dans le peu de jours que j'y suis resté,

1. La fille de Fontanes. Les originaux de ces lettres, adressées à madame la comtesse Christine de Fontanes, appartiennent aujourd'hui à la Bibliothèque de Genève,

je ne pensais pas avoir si tôt ce que j'ose croire une occasitin de vous parler de nouveau des œuvres de monsieur votre père. Mais, en passant à Lyon, un de mes amis, M. Collombet, m'offre le rp^t écrit dont je vous adresse un exeniplaire et qui, en vous apprenant ce que M. de Chateaubriand a déjà écrit sur M. de «Fontanes, vous prouvera aussi le juste intérêt qui s'attache toujours à ces productions si senties et si pures. Vous voyez que*, si on juge à propos de faire à Lyon un recueil incomplet, il ne saurait être indifférent d'en faire un complet, avoué, définitif, avec des portions inédites. Ce morceau de M. de Chateaubriand (qu'il augmenterait peut-être), le discours d'Académie de M. Yillemain lorsqu!il succéda à monsieur votre père, une autre notice plus détaillée et plus minutieuse, formeraient un préambule naturel à ces deux volumes choisis. Mille pardons, madame, de prendre la liberté de revenir de loin sur un sujet qui d'ailleurs m'excusera près de vous. J'ai voulu vous réitérer aussi (ce que je n'ai pu. de vive voix) l'assurance que j'étais tout à vos ordres pour ce que vous décideriez plus tard et à quoi je pourrais aider.

Veuillez, madame, recevoir l'expression de mon respectueux hommage.

N.-B, —J'ose vous prier aussi de vouloir bien offrir mes humbles respects à mademoiselle votre amie et mes souvenirs reconnaissants à M. Hentsch, lorsque vous le rencontrerez.

Mon adresse à Paris, rue du l&ont-Parnasse, \ ter.

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