Articles de 1862 sur M. Biot (Nouveaux Lundis, t. II
lait des remercîments. Je conçois, d*ailleurs, qu'une fille [)uisse être plus difficile et veuille indulgence au lieu d'impartialité.
Vous me permettrez, madame, de ne pas toucher au point délicat que vous soulevez. Je n'ai fait que constater un certain changement dans la manière de voir de M. Biot sur ces questions spéculatives. Je ne l'aurais même pas fait si je n'avais trouvé la trace de cette influence dans ses écrits. Ce que j'ai retiré d'ailleurs d'éloges à sa vieillesse, je Tai rendu amplement à sa jeunesse.
Vous m'avez signifié, madame, votre mécontentement d'une manière très-sèche et où il ne tient qu'à moi de reconnaître l'Église.
J'ai l'honneur de vous assurer, madame, de mon profond respect.
A M. l'âBBÉ CONSTANTIN ROUSSEL^
i% avril i862.
Agréez mille remercîments, cher monsieur, et mes compliments bien sincères. Si le Constitutionnel arrive à Dom*
1. M. Tabbé Roussel, un poète très-délicat, de l'école anglaise des laklstes, avait adressé à SaiateBeuve trois sonnels, traduits de Wordsworlh. Le critique des Lundis répond qu'il va les faire entrer dans un prochain convoi de poètes , selon une de ses expressions familières : on peut voir en eûel, dans le^ Nouveaux udisLu^ t. II, la place importante qu'occupe M 1 abbâ Kous^el dans un de ces articles, consacrés à la poésie contemporaine, et qui ont pour titre le Pocme des ChampSt par M. Calemard de Lalayette.
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paire*, veuillez parcourir le numéro de lundi ou* de mardi prochain, vous y verrez une petite indiscrétion, mais vous n'êtes pas nommé et ne le serez que plus tard dans le volume quand je réimprimerai ces choses.
Croyez-moi bien, monsieur et cher poète,
Tout à vous.
GCXXII.
A M. EDMOND SGHERËR.
Ce 23 avril 1862'.
Cher monsieur,
Je ne veux pourtant pas attendre votre second article pour vous dire combien je me trouve déjà comblé et récompensé par le premier. Il m'était impossible de désirer quelque chose de plus agréable et de plus consolant pour l'ancien poëte qui vit, à demi enseveli, tout au fond de moi. Vous avez su toucher tous les points les plus délicats et les plus décisifs, ceux que bien peu de critiques avaient daigné discerner jusqu'ici. En désignant ces points et ces endroits h l'attention, tant dans mes poésies que dans mon roman et dans Port-Royal^ vous m'aurez élevé d'un d^ré dans
1. M. l'abbé Roussel était alors vicaire de Dompaire-Laviéville, dans les Vosges, auxquelles il a emprunté plus tard le titre de son recueil de poésies, Fleurs des Vosges.
2. Sainte-Beuve répond, dans cette lettre et dans celle du 6 mai 1862, à deux articles sur lui qui venaient de paraître dans le Temps ; M. Edmond Scherer les a reproduits depuis dans ses Éiudes sur la littérature contemporaine^ t. l"y 1863.
Topinion de plusieurs, et j'aurai du moins le mérite désormais de m'ôtre posé les grandes questions et d'en avoir senti le poids. Le plus noble de mon ambition est satisfait. Je fais la part de toutes les indulgences. Mais vous êtes un critique sévère, et votre indulgence même est un honneur qui compte à jamais pour moi.
Croyez-moi bien, cher monsieur, tout à vous.
GCXXHI.