‹ Correspondance de C.-A Sainte-BeuveChapitre 98 sur 139 · A MADAME VERTEL · texte numérisé non relu

A MADAME VERTEL

Ce 22 août 1862.

Glière madame et amie,

J*ai reçu le double portrait; ni Tun ni l'autre ne quittera la cheminée; j'en ai un autre dans ma mémoire du cœur, qui ne me quittera pas non plus.

Je suis fâché de vous avoir fait quelque peine sur l'ar*

licle de ce digne homme*. lia été vraiment un adversaire assez maussade à notre égard. Je lui ai rendu d'ailleurs justice, ce me semble, sur bien des points. Je vous assure que ce portrait d'Etienne a paru très-ressemblant à ceux qui le connaissent de près.

Je ne me sens aucune .supériorité. Condamné par les circonstances à écrire sur tous sujets, je ne choisis pas, je traite les sujets qui s'offrent d'eux-mêmes à ma rencontre, tâchant de faire honnêtement et en conscience mon métier, voilà tout.

Je suis toujours heureux d'avoir des marques d'attention de vous. Je présente mes hommages et compliments à mademoiselle Noëma, et mes amitiés à votre hls.

A vous, chère madame, de tout cœur et de tout respect.

A M. l'abbé MARGAINE, CURÉ DE DOMPAIRE-LÀVIÉVILLE (vOSGES).

Ce 2 octobre 1862.

Monsieur l'abbé,

J'ai bien à vous remercier du témoignage aimable de confiance que vous me donnez. J'avais trouvé en effet la modestie de notre vicaire poète des Vosges^ bien grande et

1. M. 9)^écluze, à qui Sainte-Beuve venait de consacrer deux articles, dans le Constitutionnel.

% M. l'abbé Roussel, qui ne voulait pas que Sainte-Beuve le nommât, en reproduisant dans les Nouveaux Lundis, son article sur les sonnets traduits de Wordsworth. (Voir ci-dessus les lettres du 12 et du 30 avril 1862.)

:m CORRESPONDANCE

même excessive, mais je craignais aussi que quelque convenance ecclésiastique ne fût engagée dans la question de publicité. Je vois îivec plaisir qu*il n'en est rien, et votre lettre, monsieur le curé, me fait entrevoir un coin de paysage des Vosges où Ton est heureux, où Ton s'aime et l'on s'apprécie, et où il doit être très-doux de vivre.

Veuillez agréer, monsieur, l'expression de ma considération respectueuse et offrir mes amitiés h M. l'abbé Roussel.

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