Imprimeur à Louvain
quam occasionem conquerendi de me vel de scriptione mea, quod sciam, dederim. Paratus sum ad omnia quas indicaveris,modo ne ultra, ut jam dixi,i5o, imo ducentos florenos ex libris, quos adhuc habeo, jactura proponatur. Atque ne existimes etiam aliquid aliud de me quam de amicissimo, et tibi tuisque studiis atque adeo toti reipublicœ bene faventi paratus sum dare rationem omnium qu^ accepi exemplarium et quicquid inde lucri provenit cum his qux in mea adhuc sunt, tam hic tum alibi, potestate ei qui voluerit suo commodo vel tuo novam editionem emittere. Aut excogita quem volueris modum vel conditionem, modo non excédât summam prasdictam, accipiam et gratias habebo.
Quod de supplendis foliis nihil responderem, non ea certe fuit causa quod, ut tu judicas, non meminerim totus attentus ad rem de qua agebam. Ego namque^ ex tempore et absque meditatione anxia, id quod res est et ut sese offert respondeo. Idque facio plerumque multis aliis distractus negotiis et curis variis obrutus. Hinc fit ut ad ea tantum sa^pissime respondeam qu^e mei solius sunt officii. Caetera namque institori meo committo, qui ne omnibus quidem sufficere vel aliquando quod petitur invenire potest, quod postremum ei nunc sibi accidisse dixit et ad te se scripturum recepit atque missurum quie invenerit.
— 3^0 — 148. — Tlantin au Cardinal de Granvelle.
24 juillet 1568.
Au très illustre Card. de Granvelle.
Le mesme jour que j'ay receu les lectres de V. I™^ et j^me gie j^ j^ ^u passé, j'cu rcceu aussi de Paris du S' Guido Lolgio, agent du très illustre cardinal Farnèse, touchant l'œuvre du Sig' Hieronymo Mercuriale ' de Arte Gymnastica, lequel, à la recommandation de V. 1°'^ S*, je me suis résolu d'imprimer, le plus tost et diligentement que je pourray, ainsi que je l'ay rescrit audict Lolgio et prie que, pour cest effect, il me l'envoyé à sa première commodité.
Suivant ce que V. I""" S. m'advertist, au dernier article de sa lectre, avoir piéçà enchargé à ses gens à Bruxelles de m'envoyer son exemplaire de la Bible grecque corrigée, j'ay par lectres prié cejourd'huy Monsg'' le Provost d'Aire de la m'envoyer, d'autant que, dedans 3 ou 4 jours, nous espérons de commencer à bon escient, de la faceon qu'est ceste présente espreuve, laquelle n'est encores leue ne corrigée, et pourtant je supplie à V. I""^ S^ qu'elle ne soit veue d'autres, pour le moins qu'elle ne vienne es mains de ceux qui voudroyent juger de la correction d'icelle. Car ce n'est
I . Mercurialis (Hieronymus), docteur en médecine, né à Forli en 1530, exerça d'abord son art dans sa ville natale, entra en 1562 au service du cardinal Alexahdre Farnèse, fut nommé professeur de médecine à l'Université de Padoue en 1569, puis à celle de Bologne en 1587, et enfin à celle de Pise. Il mourut dans sa ville natale en 1606. Il écrivit un très grand nombre d'ouvrages sur la médecine dont aucun ne fut imprimé par Plantin. Le de Arte Gymnastica parut à Paris, en 1577, in-40.
qu'une première espreuve, laquelle, pour le degré que Vostre Ilh= S'^ tient en la chrestienté et le zèle qu'elle porte au bien d'icelle et à l'advancement de toutes sciences libérales, je ne luy ay peu celer.
Quant à Summa S. Thomae, j'espère que par plusieurs miennes précédentes, V. I™= et R™^ S'% aura entendu que, pour ne charger trop les premières postes, j'en ay mis 142 feilles en une des basles que, le mois passé, j'ay ici délivrées au conducteur pour les adresser au S' G. Ferrari, libraire à Rome, et depuis veu par autres feilles, envo3^ées depuis par la poste à deux fois, et par les 14 feilles que j 'envoyé maintenant, comment je procède en l'impression dudict livre, que j^eusse espéré pouvoir achever (ainsi que je l'avois escrit à V. I™^ S''=) environ la S* Jehan, s'il ne m'eust convenu faire le voyage en France et entendre à faire les préparatifs de la Bible et d'autres œuvres que j'espère de faire suivre.
Maintenant ay je bon espoir d'avoir achevé ladicte Summe environ la my-aoust. Et pour autant qu'il a pieu à V. Ill™^ et R"^ Signeurie m'advertir du desseing faict pour la récognition de toutes les œuvres de S' Thomas, et que, passé plusieurs années, ayant eu le mesme désir, j'ai incité plusieurs doctes théologiens de Louvain à conférer ceste summe de S' Thomas aux exemplaires escrits à la main et depuis d'autres encores à cercher et annoter les passages cités en icelle, en quoy, outre les frais de l'imprimerie et papier, j'ay employé telle somme d'argent qu'il me seroit impossible de m'en rembourser par l'entière vente de ceste impression, je désirerois avoir argument de la pouvoir dédier à celuy qui me peust tellement favoriser que l'impression desdictes œuvres corrigées me fust commise, ou bien empescher que
je ne vinsse par l'imitation de quelques autres à estre frustré de la jouyssance des despenses par moy desjà faictes, et que pour telles poursuites je fais encore journellement, trop plus grandes que mes facultés ne le peuvent porter, pour continuer ainsi que je le désirerois '. Sur quoy je supplie V. Ill""^ et R"^ Signeurie qu'il luy plaise m'informer au plus tôt qu'il sera commodément possible, afin que pour cela je ne retardasse (comme aussi je n'ay pas délibéré) l'achèvement dudict œuvre qui desjà, pour le peu de vente que nous faisons et le peu de moyens que, par conséquent,. j'ay de fournir aux despens, me poise tellement que, pour ce pouvoir longtemps supporter, j'ay esté contrainct, non seulement de le faire in-4°, mais aussi de mectre bas,pour ung temps, toutes autres charges, afin d'avoir plus tost faict, et ainsi pouvoir retirer de la vente de cestuy-ci de quoy puis après fournir à poursuivre les autres ouvrages entrepris.
Ce faisant, je seray d'autant plus tenu à prier Dieu pour la bonne santé et prospérité de Vostre Illustriss. et Révérendissime Signeurie, à laquelle je désire estre tousjours etc.
I. L'édition plantinienne de 1569 de la Somme de S' Thomas fut dédiée par Augustin Hunnœus au pape Pie V, et par Antoine de Sienne au prince Antoine, neveu de Jean III, roi de Portugal.
149' — Tlantin à Fulvius Ur sinus.
24 juillet 1568.
Monsigneur,
Il me desplaist que nous ayons commis quelque faute en vostre livre des fragments, et encore plus de ce que j'entends, par les vostres du 19 juin, que n'avés pas encores receu le livre entier, lequel j'espère que pour le moins le pourrés maintenant avoir receu.
Quant à Commentaria Cassaris, je n'ay sceu, pour certaines raisons, encores y besongner, ce que j'espère faire dedans 3 semaines.
J'ay rescrit à Paris au signeur Guido Lolgio qu'il m'envoye la copie du livre de Monsigneur Hieronymo Mercuriale, avec espoir de le commencer incontinent après l'avoir receu.
Au reste, je vous remercie très grandement de la bonne affection qu'il vous plaist me porter et du bien que me procurés en advertissant Vostre Signeurie que, quand, à sa commodité et bon loisir, il luy plaira m'envoyer le livre d'Achile Statio, avec l'autre inscrit rà TToifxei'iKà, que je les conjoindray ensemble et ce d'autant plus volontiers qu'elle a le désir de les dédier à Monsigneur le Cardinal de Granvelle, auquel je me sens et confesse volontairement grandement obligé, mais non tant que je ne désire de l'estre encores journellement de plus en plus, ainsi que le semblable j'accepte aussi volontiers de Vostre Signeurie, laquelle jq prie à Dieu etc.