‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 137 sur 398 · Plantin à Çayas · texte numérisé non relu

Plantin à Çayas

(Plantin commence par répéter les sept premiers alinéas de sa lettre précédente, puis il continue:)

Voylà, Monseigneur, ce que je puis escrire de certain touchant l'impression desdictes Bibles jà désirées de maints grands et doctes personnages, qui m'en escrivent souvent et exhortent à persister en ceste volonté. Ce que devant est double, suivant l'argument et quasi les paroles à mon advis d'une autre que j'escrivi hier et envoyé à monsieur le maistre des postes, avec les livres demandés et les monstres ou feilles de ce que j'ay imprimé de nouveau ou que j'ay sous la presse.

J'espère de commencer, dedans huict ou 15 jours, le cours de droict canon, fort bien et doctement annoté et restitué tout le contexte aux lieux où par cy-devant estoit et infra. Iceluy estant commencé, je ne faudray d'en envoyer les feilles à V. R. S., puisque je suis

derechef acertené que désirés qu'ainsi je le face et continue pour mon bien et honneur.

J'espère de recevoir, dedans 5 ou 6 jours, le très fin papier que j'ay achapté à Francfort, et lors délivreray les six rames que V. S. demande au signeur Curiel, et, si ledict papier arrive sans être endommagé,je ne prendray rien davantage que cela qu'il me couste à Francfort, qui est trois florins et trois patars chacunne rame et six patars que chacunne rame couste de port de Francfort ici. Mais, si, à l'adventure, quelque fortune advient de mouilleure, alors est ce nostre coustume de charger un peu celle marchandise qui sera venue endommagée, afin de ne perdre trop. Si est qu'à l'endroict de V. S. je ne prendray pas davantage que le prix constant et ne délivreray rien qui ne soit net, voire encores que tout le reste vînt mouillé ou autrement endommagé. Et en toutes autres choses qu'il plaira à V. R. S. de me commander quelque chose, je seray trouvé prest et léal, d'aussi bon cœur que je prie nostre Dieu vous conserver en santé et augmenter en biens et honneur comme le mérités. D'Anvers, ce 4 jour d'octobre 1367, par

Celuy qui souhaitte pouvoir faire service à V. R. S.

Christofle Plantin.

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