‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 138 sur 398 · Plantin au Cardinal Granvelle · texte numérisé non relu

Plantin au Cardinal Granvelle

Monsigneur Révérendissime,

Incontinent que j'ay, le 5 du présent mois de juing de ceste année 1567, receu les lectres qu'il a pieu à Vostre Révérendissime Signeurie de m'envoyer de Rome,

le 7 de may, j'ay rescrit à Monsigneur le Provost * qu'il m'envoye le livre du Signeur Fulvio [Ursino] pour le commencer, afin de le mectre en œuvre et d'envoyer bien tost la première feille à V. R. S. et de continuer le reste en la plus grande diligence qu'il me sera possible. Car il ne me soroit estre commandé chose que je fisse plus volontiers et de quoy je me tinsse mieux favorisé que de valoir d'estre employé à faire quelque service à V. R. S., qui tant vertueusement s'est tousjours estudiée à l'advancement de la tranquilité, prospérité et ornement du bien public, qu'à bon droict elle est révérée de tous ceux qui souhaittent la paix en la chrestienté et principallement en ces nobles paiis de par deçà, jadis tant florissants sous le gouvernement de son prudent et admirable conseil, par lequel j'espère les revoir de bref redressés et confirmés en sa bonne et heureuse pollice, que les maladvisés et outrecuidés cognoistront tellement leurs fautes, que de mémoire d'homme n'entreprendront chose qui tant soit peu puisse troubler le repos public ne diminuer l'auctorité de Sa Majesté, ainsi qu'en eflFect nous commençons d'en voir les apparences.

J'envoye ici à V. R. S. Tespreuve de la Bible en quatre langues, et le double des lectres de Monsigneur le Secrétaire Çayas, quant à ce qui concerne l'impression desdictes Bibles, avec l'espreuve du commentaire sur Tépistre ad Galathas du R. Cardinal Seripandii, que j'espère d'avoir achevé devant un mois.

J'envoye aussi le double de mon privilège de Tempereur que j'ay faict escrire en forme autentique, à l'imitation duquel toutesfois je ne désire aucunnement de-

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