X. Max Morillon, prévôt d'Aire
mander chose qui ne soit raisonnable, facile à obtenir et profitable à la républicque autant qu*à mon particulier, et mesmes me tiendray grandement honoré, favorisé et pourveu d'un grand bénéfice par V. R. S., s'il lui plaist .impétrer de Sa Saincteté que je puisse seul imprimer par deçà, les Bréviaires, Journaux, Missels, Cathéchismes et autres tels livres" duisables et nécessaires aux ecclésiastiques, qui sont ou seront ordonnés par Sa Saincteté d'estre imprimés, publiés, leus et tenus de toute la chrestienté. Et si, par le moyen de V. R. S., j'obtiens ceste niienne requeste, je promects de m'employer tellement à les bien imprimer et en fournir ces paiis de par deçà, que V.R. S. ne se repentira de m'avoir pourveu de tel bien, que j'espérerois ne m'estre puis après refusé de Sa Majesté en ses paiis de par deçà.
Que si d'adventure (ce que je ne pense pas), il ne plaisait à Sa Saincteté de me favoriser un tel bien que je peusse estre son très humble serviteur, particulièrement en cela, je supplie au moins à V. R. S. qu'il luy plaise me faire tant de bien que de me faire envoyer le Bréviaire nouveau, que j'ay entendu, par ung mien ami qui se tient à Rome, que Paullus Manutius ' imprime
I. Paul Manuce, le célèbre imprimeur italien, fils d'Aide Manuce, de Venise. Il naquit en 15 12, dirigea pendant sept années Timprimerie des Aides, en son nom et celui de ses cohéritiers, mais en devint ' Tunique chef en 1S40. En 1561, il s'établit à Rome pour y devenir l'imprimeur des papes. Il obtint le privilège exclusif d'éditer les Bréviaires et Missels revus par le Concile de Trente. C'est de la cession de ce privilège, à Plantin, pour les Pays -Bas, qu'il s'agit dans la présente lettre et dans les suivantes. Il quitta Rome en 1570, résida dans différents lieux et revint mourir dans la ville papale, le 6 avril 1574. (Voir pour l'accord conclu entre Plantin, Paul Manuce et SCS successeurs, concernant le privilège des Bréviaires et des Missels: Max Rooses, Christophe 'Plantitty chap. VII.)
maintenant par l'ordonnance de Sadicte Saincteté,de sorte que (quoy que le port me deust couster à l'apporter par la poste) je peusse avoir le premier qui seroit envoyé par deçà, pour incontinent tascher d'en obtenir le privilège, et de l'imprimer pour l'utilité des gens d'église qui en auront besoing. Et, pour mieux venir à mon desseing, il me sembleroit expédient qu'il pleust à V. R. S. faire prendre de chés l'imprimeur telles feilles qui pour lors de la réception de cestes seroyent imprimées et me les envoyer incontinent, pour avoir le moyen de pourvoir à ce que je désire touchant ladicte impression, cepenpendant que le reste s'acheveroit par ledict Signeur Manutius et s'envoyeroit par après, choses que je m'asseure estre faciles d'obtenir et commander estre faictes par V. R. S., et que j'estime devoir estre grandement proffitables et honorables pour ces paiis, et d'honneste moyen pour pouvoir entretenir ma famille et estât (qui est grande et de grands cousts) et en quoy j'espérerois tellement m'acquiter que jamais V. R. S. ne se rçpentiroit de m'avoir faict ce bien, et de rechef obligé si estroictement à prier Dieu, sans cesse, pour la prospérité et santé d'icelle, et à perpétuellement demeurer (ce que
aussi je feray toute ma vie). '
De V. R. S. le
très humble, très obéissant
et très aflfectionné serviteur