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tenus aux escoles '. Pour auquel livret donner auctorité envers le vulgaire (ainsi que la face et nom royal donne valeur à la monnoye), j'ay délibéré de préposer quelques petits vers, au nom de la grandeur de nostre Prince très souverain, fils de Sa Majesté, afin d'induire ainsi peu à peu la jeunesse croissante à recongnoistre, révérer, admirer et aimer ce nostre Prince souverain, héritier légitime des royaumes, signeuries, et qui plus est des vertus héroïques de nostre grandissime Roy très chrestien et très catholique et aux justes commandements duquel, par conséquent, ils devront un jour fidèlement obéir.
Or me tiens je comme asseuré que plusieurs estimeront, jugeront et condamneront telle faceon de faire, d'oser, comme ils diront, prophaner, par impression, le nom d'un tel Prince en une chose totalement enfantine. A quoy je pourroys, entre autres arguments, respondre que, si tels considéroyent, à droict, combien il importe à un Prince, pour le gouvernement de ses paiis, comment la pauvre jeunesse y soit instituée et duite, dès l'enfance, à aimer, révérer et prester toute obéissance à ceux sous l'auctorité desquels ils sont eslevés et nourris, quelle chose y soit imprimée et quelle est pour l'instruction décidée, ils trouveroyent, à mon advis, que l'instruction des pauvres enfants, par laquelle on leur donne l'adresse
I . P. Heyns. ABC oft exempîen om de kinderen hequamélick te leertn schryven. Id. ABC pour apprendre à escrire en françoiSy Plantin, 1 568, in-80 oblong. Dans la lettre adressée à Çayas, le 15 décembre 1567, on verra que Plantin abandonna ce projet et n'inséra pas, dans le livre d'écriture, la pièce de vers dont il parle ici. L'ouvrage ne renferme que quelques vers signés par Plantin, dans lesquels il n'est fait aucune allusion au fils du roi. (Voir sur ce livre F. Van der Hae- GHEN, Tibîiotheca 'Beîgica, U, 52.)
à devenir bon peuple et à se contenir et contenter de chaicun son estât, ni le faict de Timprimerie, par laquelle on publie la doctrine aux absens ou qui n'ont le moyen de se trouver assiduellement aux eschoUes, ne sont de moindre importance pour la grandeur d'un Prince, asseurance, tranquilité et heureuse prospérité de ses paiis et subjects que les enseignements des disciplines plus graves, ou le battement des monnoyes pour le trafEc public, ausquelles, tant s'en faut qu'il y ait celuy qui tourne à profanation ou vitupère de la majesté d'un prince que son nom soit imprimé, voire aux plus villes ou de moindre valeur que ceux mêmes, qui s'ingéreroyent d'en faire autrement, seroyent accusables et à bon droict punissables de crime de laese-maj esté. Nonobstant lesquelles raisons, toutesfois je n'oserois pas entreprendre de faire telle chose, sans l'appuy que je prends sur vostre Magnifique et Révérende Signeurie qu'icelle, par sa prudence^ m'impétrera de Sa Grandeur la grâce et faveur que telle chose ne soit mal prinse, ou bien m'advertira incontinent que je ne le face. A quoy j'obéiray volontairement et d'aussi bon cueur que je prie Dieu continuer envers V. R. S. sa saincte faveur et grâce, et m'entretenir en la vostre. D'Anvers, ce 24 novembre [1567].