‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 253 sur 398 · Plantin à de Gotteville · texte numérisé non relu

Plantin à de Gotteville

Le 16 décembre 1369.

A Mons' de Goneville, auditeur de M. le Cardinal. Monsigneur.

J'espère que, par mes précédentes, V. S. aura entendu que j'ay reccu le Diurnal et l'autre Bréviaire, avec les rubricques pour dix ans, imprimées à Venise (dont je la remercie très humblement) et le désir que j'ay de satisfaire au Signeur Paulus Manutius et à tous autres. Mons*" de S* Bavo m'a envoyé, de sa grâce, son grand Bréviaire, passé quelques semaines, auquel j'ay aperceu ce dont V S. m'escrit.

J 'envoyé les feilles imprimées de la partie hiémale du Bréviaire à son illustriss. S'"^; en quoy, si V. S. aperçoit quelque chose obmise ou y requise, je la supplie de m'en advertir, ;ifEn que j'y puisse remédier, à la partie d'esté et à la seconde impression de ceste-ci, que j'espère de recommencer incontinent après, et, à ceste fin, j'en imprime fort petit nombre.

Je remercie très humblement V. S. de tant de biens qu'il luy plaist me procurer, sous la faveur de V. 111"* S'*", et mesmes de la licence d'imprimer le Missel, pour faire l'accord duquel, avec celuy qui en a le privilège, j'envoye ici ung double estât à Venise du contract passé en ladicte ville avec le peuple romain, et, quand à la teneur du Bricf, il est entièrement imprimé aux Bréviaires que j'ay imprimés, dont j^envoye ici la page ; mais, au lieu du nom Donkerum, je désirerois, pour plus grande cornmoditc, cju'il y fust mis Henricum Dunghaum^

pour superintendant de la correction etc., tant à cause que ledict Donkerus est assés occupé à d'autres affaires plus graves de sa charge, que pour ce que ledict H. Dunghaeus est docteur en théologie, homme sçavant, studieux et bien congneu et approuvé à Rome, où il a demeuré en bonne réputation, et s'en est retourné avec le tiltre de Pœnitentier de Sa Saincteté, passé longtemps. De sorte que j'ay tousjours estimé que, par la faute de l'escrivain du bref de Sa Saincteté, l'un nom ait esté escrit pour l'autre.

Nonobstant quoy, je me contente de tout ce que V. S. en ordonnera et fera, tant en cest endroict qu'en toutes autres choses, luy suppliant de m'employer en tout ce qu'il luy plaira, car j'ay désir de monstrer combien je me tiens obligé vers icelle, et que je ne veux être ingrat.

Qui sera l'endroict où je prie Dieu nous la conserver en toute prospérité et santé.

D'Anvers.

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