‹ Correspondance de Gui Patin. Extraits publiés avec une notice bibliographiqueChapitre 11 sur 36 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

sont de tout temps méchants, insolents, ingrats, perfides, portés au mal plutôt qu'au bien, « si ce n'est à celui d'autrui pour l'envahir ». Peut-être ont-ils été un peu moins mauvais autrefois, quand « l'esprit de fourberie était encore jeune », mais, depuis Machiavel et Pomponace, règne une injustice générale; partout lâcheté, cabale, trahison, o tempora, o mores! Le siècle de Juvénal était mauvais, le xvii<= (en 1666) est pire, le dépasse en impudence, en extravagance, en traîtrise et il n'y a pas apparence que les âges à venir soient meilleurs : frustra querimur. Etonné de la folie publique, Patin se demande si la postérité ajoutera foi « à des choses si incroyables ».

Hostile aux femmes, à qui il impose brutalement silence, attendu qu'elles sont des animaux d'intelligence inférieure, il impute plus particulièrement à la sienne un mauvais caractère. Il parle de son fils mort récemment en termes qui seraient inexcusables même s'il avait eu des griefs très sérieux. Il pense trop aux vingtmille écus qui lui reviendront à la mort de son beaupère; il ne souhaite pas la mort de ce vieillard, le soigne consciencieusement, le saignant huit fois pour une attaque à l'âge de quatre-vingts ans et lui tirant chaque fois neuf onces de sang, mais il voudrait que de si grands soins ne restent pas sans récompense et il écrit : « La vieillesse et l'avarice sont toujours de bonne intelligence, ces gens-là ressemblent à des cochons qui ne sont bons qu'après leur mort... Il faut avoir patience ».

Il invective avec violence, parfois avec extravagance, les apothicaires, les chirurgiens, les médecins qui ne partagent par son culte féroce pour la saignée, n'osent la pratiquer sur le même malade, dix-huit, vingt et

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