‹ Correspondance de Gui Patin. Extraits publiés avec une notice bibliographiqueChapitre 14 sur 36 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

tout se fait pour de l'argent.... J'ai peur qu'à la fin Dieu ne se lasse d'être chrétien ».

Tant qu'il s'agit de la régence d'Anne d'Autriche, ce langage se justifie assez bien. On traversait en effet un fort misérable temps; la France, tombée aux mains d'une femme espagnole et d'un prêtre italien, était vraiment bien malade, bien à plaindre, et si l'on pense que Patin vit sa belle maison de Cormeilles pillée par les soldats de Mazarin, on l'excuse d'avoir pris ce ministre pour un « grand larron, ignorant en tout et piùncipalement au métier dont il se mêlait, grand fourbe, bateleur de longue robe, tyran à bonnet rouge, et faisant au milieu des courtisans la figure d'un âne au milieu d'une troupe de singes ».

Mais, avant de mépriser Mazarin, il avait détesté, maudit Richelieu, « qui ne faisait que du mal, tellement que si la peste l'avait étouffé, la France n'y aurait rien perdu ».

Louis XIV n'est pas traité aussi durement, mais les espérances qu'il avait données se sont bien vite évanouies. Patin crut, pendant quelques mois après la mort de Mazarin, qu'enfin il pourrait annoncer à ses correspondants « quelque bonne nouvelle touchant le soulagement du peuple ». Il ne tarda pas à déclarer que les choses n'étaient point, comme il s'y était attendu, entrées dans une voie meilleure. « On ne parle plus que d'argent, écrivait-il. 0 tempora, o mores! Nous aurions besoin d'un homme de bien qui fît entendre au roi les calamités de son peuple... Dieu nous a réservé pour un sot et malheureux siècle. La lie de tous les siècles, fœcem sœculorum inauditam... Les gens de bien n'ont plus que faire d'attendre un soulagement, 0)7^?^^a in pejusruere. Les pauvres gens meurent partout de misère, d'opression

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