XXVI INTRODUCTION
Il s'amuse à tenir des discours qui sentent le républicain farouche : ses regrets de ne pas s'être trouvé dans le sénat aux ides de mars pour donner à César un coup de poignard de plus, on fait du bruit dans le monde. Il ne paraît pas s'apercevoir que les gouvernants qu'il déteste si fort, s'appuient sur la classe sociale dont il fait partie et l'emploient à combattre l'ennemi commun, la noblesse; il ne leur en sait aucun gré. Mais suivez-le dans une visite aux tombeaux de Saint-Denis : il va manifester un royalisme fervent, exalté, il s'attendrira d'une façon incompréhensible, baisera en pleurant la tombe de Louis XII, celle de François 1*=^. Il a réprouvé la condamnation de Charles I''"", approuvé l'assassinat de Henri de Guise en 1588, « effet d'un fort bon et généreux conseil ». Assez frondeur pour rimer une mazarinade, il ne l'a pas été jusqu'à critiquer l'accord avec la cour, il a donné tort h ceux qui voulaient la guerre à outrance pour obtenir que Mazarin fut chargé du royaume. Il trouvait la paix utile et bonne; tandis que les articles du traité entre les députés de la Reine et ceux de Paris, déplaisaient à messieurs les princes et à une partie du Parlement, Patin, las de la lutte, écrivait : « Le bourgeois impertinent et le peuple mécontent criaillent : ils s'apaiseront ».
N'oublions pas que Patin avait une brillante situation dans le monde. Il descendait d'une famille dont les armes étaient « de gueules au chevron d'or accompagné de deux étoiles d'argent en chef, d'une main de môme en pointe. » Il jouissait d'une large aisance destinée à devenir encore plus grande. Doyen de la Faculté de médecine, professeur au collège de France, il avait une belle clientèle, des relations qui satisfaisaient pleinement sa vanité. Il se voyait recherché, écoulé, applaudi. Le