Nicolas Papin, p^rc de Denis Papin
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demeurer ici, d'ici à Alençon, puis revint ici où il prétendait être remployé sous les auspices de l'étendard de Valot, aujourd'hui premier médecin, sed spcs illa stalim decollavit. Voyant qu'il n'y réussissait point, il vendit tous ses meubles et ses livres, et s'en alla à Nantes pour être d'un embarquement que l'on y faisait pour l'Amérique, où quelque argent lui fut avancé : de là querelle et procès; il fut emprisonné, il en sortit et s'en alla, pour être hors des atteintes de ces gens-là, à Ncufchàtel en Suisse, où il est mort. Sa femme est à Saumur avec trois enfants.
A Cii. Spon '. — Nouvelles sont arrivées que le cardinal Mazarin est chu malheureusement sur une montée; et quoique apparemment il dût être traité rudement du coup, néanmoins il ne lui en est resté qu'une contusion. Voilà comment Dieu préserve de grands désastres les ministres des grands Etats qui emploient tous leurs soins et toutes leurs veilles à la conservation : voilà à quoi servent les prières des gens de bien.
Landrecies est assiégée de 6 à 8 000 hommes de pied et 3 000 chevaux sous les commandements de M. le maréchal de Grammont et de Fabert, gouverneur de Sedan ; et MM. les maréchaux de Turenne et de la Ferté-Sennecterre commandent une autre armée de 15 000 hommes pour aller au-devant du prince de Coudé, et pour l'cmpècher d'approcher de Landrecies, si d'aventure il voulait entreprendre faire lever ce siège.
Le roi s'en va à Soissons pour être en place de plus grande sûreté; on a jeté 2 000 hommes dedans Saint- Quentin, pour la peur que l'on a eue que les Espagnols ne l'assiégeassent.
Il faut que je vous fasse rire et pitié tout ensemble : les pauvres antimoniaux ne savent où ils en sont; ils
1. Celte letlre dans l'édition Réveillé-Parise ne porte pas de date. Elle est évidemment du commencement de juillet 1055.
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cherchent un homme qui écrive pour leur parti. Tardy leur demande 200 pistoles et la moitié d'avance pour faire un livre sur leurs mémoires. Sachant bien qu'il est fou ils n'osent s'y fier, et en cherchent quelque autre. Jugez de quelle capacité est toute cette troupe stibiale, qu'ils n'y peuvent trouver un homme qui défende leur parti. 'Voilà où en est réduite l'iniquité, la forfanterie et le mensonge.
Notre siège devant Landrecies va fort bien et il est probable que nous l'aurons dans un mois. Le prince de Condé ramasse ses troupes pour faire diversion.
M. Bourdelot est toujours en son abbaye de Macé en Berri, où il plaide fort contre ses moines, et les moines, contre lui. 11 a eu peur de l'imposition de leurs mains, et afin d'obvier à ce malheur, qui jiourrait arriver une autre fois, il va se faire prêtre, afin que s'il vient à être battu et bien frotté, il puisse faire le procès à ces gens- là comme à des batteurs de prêtres.
A Cii. Spon. 26 juillet 16oo. — Un courrier est arrivé aujourd'hui qui apporte la nouvelle que Landrecies s'est rendu au roi, et que le prince de Condé s'est retiré avec ses Espagnols devers Cambrai.
On a chanté ici le Te Deum pour Landrecies, et fait des feux de joie. On a mis prisonnier dans la Bastille un fourbisseur de la rue Saint-Honoré, nommé Dantan, pour avoir parlé contre l'éminence du cardinal Mazarin.
Un noble vénitien, nommé Camaro, a été convaincu de trahison et d'intelligence avec l'ambassadeur d'Espagne, et en a eu le poing coupé, a été étranglé, et puis pendu par les pieds.
Le roi est à la Père avec la reine.
A Cii. Spon. .30 août 16oo. — Nos apothicaires sont ici au désespoir de ce qu'ils gagnent si peu; la cheité de leurs drogues les a fait haïr dans les familles, où les
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médecins ont introduit une domestique et familière médecine, dont le peuple est fort soulage, môme les chirurgiens-barbiers, autrement dits maîtres de chefsd'œuvres, font l'office des apothicaires, où ils se rencontrent de connivence avec les médecins, en dépit et au grand rcgi-et des apothicaires, qui en grondent fort, et ces chirurgiens-barbiers, afin de se fortifier davantage contre tels ennemis, veulent s'unir et faire alliance avec les chirurgiens de Saint-Côme, autrement dits de robe longue, ce qu'ils ne peuvent faire sans notre consentement.
Quelque accommodement que fassent les députés de Pigncrol pour les princes qui les y ont envoyés, ils n"y rappelleront point en vie tant de pauvres innocents qu'ils ont méchamment et cruellement massacrés.
Le roi revient aujourd'hui à La Fére y revoir la reine sa mère, laquelle l'y attend impatiemment, étant fort désireuse de le revoir après tant de villes prises et tant de prouesses valeureuses exécutées dans les pays ennemis. Au moins si l'on n'a pas pris beaucoup de villes, on a bien tué des vaches et des poules à de pauvres gens qui sont innocents et qui rachètent les péchi'S des princes guerriers. La guerre d'aujourd'hui n'est guère meilleure ni plus raisonnable que jadis la guerre de Troie.
Le curé de la Madeleine n'a point voulu aller à la cour pour y recevoir les défenses de rien faire exécuter des commandements du cardinal de Retz, touchant la direction de l'archevêché de Paris. Son confrère, le curé de Saint-Séverin, a été à la cour et a promis d'obéir, et l'autre demeure caché et ne veut se montrer. Le lieutenant civil, pour obéir et complaire à la cour, l'a fait proclamer à Irois briefs jours.
11 est arrivé un courrier d'Italie qui apporte la nouvelle de la prise de Pavie : voilà un pauvre pays en mauvais état, ce sera au pape à s'en remuer, et pour en venir à bout, de s'allier de la faveur des autres princes
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d'Italie, afin de chasser de leurs provinces un ennemi si remuant et si insolent que sont nos Français.
Notre armée a tout nouvellement assiégé Bouchain. Ces petites places seront fortifiées par nos gens et leur serviront de retraite l'hiver prochain.
Voilà deux grands voleurs que l'on vient de pendre à la Grève; mais hier à la croix du Trahoir fut rompu, avec toutes les solennités requises, un corps d'osier à la place du vrai corps qui est mort dans le Fort l'Évoque, où il était prisonnier On dit que c'était un criminel à qui ses parents ont envoyé une bouteille de vin empoisonné afin de l'enlever au supplice et de le délivrer d'une mort publique.
A Cii. Spon. 21 septembre 1C35. — On imprime ici un livre en cachette pour les jansénistes, duquel est auteur M. A. Arnauld, auteur du livre De la fréquente communion. J'apprends qu'ils n'ont point tant de peur comme ils ont eu par ci-devant, et qu'ils ont quelque assurance des bonnes grâces du cardinal Mazarin. Ce livre est particulièrement contre le père Annat, qui est aujourd'hui à la cour en qualité de confesseur du roi.
Le grand-duc de Moscovie est entré dans la Pologne d'un autre côté que le roi de Suède; il a assiégé Yilna, qui est la capitale de la Lithuanie, qu'il a prise par force, où il a tout fait mettre à feu et à sang. De 12 000 juifs qui y ont été trouvés, il y en a 8 000 qui ont composé et qui ont reçu le baptême, et quatre autres mille, avec la loi de Moïse gravée dans leur cœur, ont été brûlés n'ayant pas voulu se convertir.
Le roi et la reine sont allés à Fontainebleau le 19 septembre, et le môme jour le cardinal est allé à La Fèrc. Le duc de Mantoue est parti aujourd'hui; il s'en va dire adieu au roi à Fontainebleau, et de là s'en retournera en Italie. On dit qu'il a vendu au roi Cazal, et ce qu'il a dans le Montferrat: mais on ne dit ni à quel i)rix, ni à quelles conditions.
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A Ch. Spon. 28 sei)tembr(3 i6oo. — Voilà qu'on nous apprend que le siège de Pavie est levé : voilà des prouesses du prince Thomas. Cet homme est bon à faire tuer des pauvres huguenots innocents, mais il ne saurait faire une bonne exécution sur le roi d'Espagne, son cousin. Voilà nos capitaines et nos soldats récompensés de la charité et de toutes les autres bonnes œuvres qu'ils ont prêtées à leurs hôtes durant le quartier d'hiver, tant en Bresse qu'en Dauphiné. Je voudrais que tous ces bourreaux fussent abîmés et que la terre en eût englouti le dernier. Les princes et les favoris iraient eux-mêmes faire la guerre, ainsi les armées ne seraient guère grandes. Les pauvres gens de la campagne ne seraient pas foulés de leur retraite.
Je souhaite très fort que les députés de Cromwell tirent bonnes raisons de la duchesse de Savoie, pour le massacre qu'elle a fait faire de ces pauvres huguenots des vallées de Savoie : en voilà le prince Thomas puni.
Le cardinal Mazarin est à La Fère, pour faire passer un convoi dans la Flandre à nos villes de nouvelle conquête.
On persécute ici de bénéfices saisis et impétrables le curé de la Madeleine, nommé Chassebras, docteur en Sorbonne, pour avoir eu la hardiesse de faire afficher, par les carrefours, un monitoire en faveur du cardinal de Retz, et n'avoir pas voulu aller à la cour, où il avait été mandé, où on lui voulait défendre de se mêler en aucune façon des affaires dudit cardinal, ni comme particulier, ni comme ai'chiprètre.
Notre ambassadeur a eu grosse querelle à Rome contre le cardinal de Retz, pour la solennisation de la fête de Saint-Louis... Le roi et la reine sont à Fontainebleau. La peste continue en Hollande, où l'on a de nouveau imprimé un livre intitulé : Georgii Ilornii, Dissertationes historicœ et poUticœ, dans lequel il y a un chapitre de Sojanismo, où il est fort parlé du marquis d'Ancre, de Buckini?ham. du cardinal de Granvelle et autres sanarsues
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du peuple. C'est M. l'abbé Margotin qui ne me l'a que montré et qui m'a dit que l'on n'en osait faire venir, de peur qu'ils ne fussent saisis, à cause que ce livre était fort contre Mazarin. J'espère pourtant qu'à la fin nous n'en manquerons point.
A Cii. Si'ox, 5 octobre IQ'6'6. — H y a ici grand bruit et nouvelle querelle entre le curé de Saint-Paul et les jésuites de la rue Saint-Antoine, pour le corps d'une vieille femme, veuve d'un commissaire au Chàtelet, que les prêtres de Saint-Paul ont enterrée dans leur église. Ce qui fàclie le plus les bons pères, c'est que celte bonne femme leur avait légué 4 000 livres, à la charge qu'elle serait enterrée chez eux. Voilà les scribes et les pharisiens en guerre ouverte les uns contre les autres. Si le Messie revenait encore une fois au monde, ils s'accorderaient dereclief ensemble pour ropjyression du juste et pour le crucifier : ce n'est que l'intérêt des uns et des autres qui produit tout le scandale qui est au monde.
Hier fut ici pendue devant la porte du Fort l'Évèquc une femme de trente-deux ans, belle et grasse, pour avoir exposé de la fausse monnaie, et celui qui la faisait a eu sa grâce... 11 y a de l'apparence qu'il avait de bonne monnaie outre la fausse qu'il faisait.
A Cii. Spon. 19 octobre 1655. — Le roi est à Fontainebleau, malade d'une fièvre continue, pour laquelle il a été saigné des bras et du pied. Ce mal a succédé à l'usage des eaux minérales de Forges, desquelles il n'avait point besoin; mais c'est que les médecins de cour ne savent que faire powr tâcher de se faire payer leurs gages. Les princes sont malheureux en médecins, et il y a longtemps qu'ils le sont. Voilà de mauvaises nouvelles pour le cardinal Mazarin, bien près l'une de l'autre, la levée du siège de Pavie et la dissipation de notre armée; le convoi qu'il faut envoyer à Saint-Guillain qui n'a pu jusqu'ici avancer à cause que le prince de
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Condc est là auprès de lui qui les empêche, et la maladie du roi, auquel plaise à Dieu qa une sanlé assurée soit bientôt rendue, et qu'on ne lui donne point d'antimoine.
La plupart de ce convoi a passe ; le prince de Condé n'a osé les attaquer.
Le pape a dit aux jésuites que leur cabale et leurs artifices étaient cause de la perte de la Pologne, où l'on dit que le mal est bien grand, et qu'ils se mêlaient de trop d'affaires.
La reine a refusé à Valot la permission de faire venir des médecins pour traiter avec lui le roi et consulter pour lui à Fontainebleau; il lui avait nommé A. Daquin et Vezou; elle lui répondit en colère : « Je me doutais bien du choix que vous feriez, voilà de beaux médecins pour le roi! Je m'en rapporte bien à vous! Je veux avoir Guénaut qui l'a déjà traité autrefois en sa petite vérole. » Guénaut a donc été mandé et y est à présent. On tient Valot en danger d'être chassé, combien qu'il n'ait pas encore touché l'argent depuis trois ans qu'il avait avancé pour y entrer; au moins en est-il en grand danger si le cardinal ne le maintient et ne le remet aux bonnes grâces du roi et de la reine, avec lesquels il est fort mal.
Le Mazarin est arrivé le mardi 12 d'octobre au bois de Vincennes où il a couché, et dès le lendemain matin il est allé à Fontainebleau pour voir le roi, qui y est malade d'une double tierce, avec quelques autres sijmptômes.
Le pape a envoyé trois brefs : l'un au roi, l'autre à la reine, le troisième au cardinal Mazarin, pour les exhorter à une bonne paix pour sauver la religion catholique et pour résister aux étrangers qui la veulent détruire : il entend Cromwell et le roi de Suède. Il en a envoyé autant en Espagne. Sur la fin des brefs, il les menace s'ils n'y condescendent, et dit qu'il se servira, en cas de refus, de l'autorité qu'il a et des censures ecclésiastiques : ad populurn phaleras. Toutes ces excommunications sont des marchandises éventées et de bas aloi.
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Le jeune archevêque de Rouen a soutenu la cause du cardinal de Retz contre le Mazarin touchant le gouvernement et l'administration de l'archevêché de Paris contre quatre évéquos de Normandie qui se tiennent du côté de la cour; cela ayant été su, on lui a envoyé une lettre de cachet par laquelle on lui a fait commandement de venir dans huitaine à la cour y rendre compte de son opinion. On dit que s'il sort de Rouen pour venir ici, il trouvera en chemin un antre billet de commandement de se retirer dans Avignon... Le plus iort l'emporte. Il y a longtemps que la fortune gouverne le monde.
MM. les chancelier, garde des sceaux et procureur général parlent demain pour aller à Fontainebleau, afin d'y tenir conseil touchant l'affaire que le pape leur a proposée de la paix générale. Le nonce presse d'une réponse; c'est sur la qualité d'icelle que l'on va délibérer. Le pape offre à ce dessein Boulogne-la-grasse [Bologne], afin que les deux rois y envoient leurs députés, et lui-même promet de s'y rendre.
A Cii. Spon". 20 0' tûbre 165o. — Le pape a envoyé 400 000 écus au roi de Pologne, et il a fait nouvellement cinq cardinaux; mais il n'y a pas de jésuite, comme ces bonnes gens espéraient pour un des leurs, nommé Palavicin.
Le nonce qui est ici espérait être fait cardinal à cette première promotion. Le voilà déchu de son espérance; mais en récompense le pape le fait payer de ses appointements, qui lui sont dus depuis plusieurs années; car le feu pape. Innocent X, qui était un terrible galant, ne lui en paya jamais rien...
On dit ici à l'oreille que nous sommes d'intelligence avec le roi de Suède, et qu'il n'a point mis le pied hors de Sotckholm qu'il n'ait touché 200 000 écus de notre argent, et que nous sommes aussi à la veille de rompre avec le pape, à cause de plusieurs pouvoirs qu'il prétend en France. Je pense que c'est qu'on lui veut faire une
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querelle d'Allemand, afin de troubler et d'empêcher le dessein qu'il a de la paix générale.
Le roi est ici attendu dans peu de jours. Il revient particulièrement pour aviser aux propositions du pape, et il y a grande apparence que nous allons nous brouiller avec Rome; et même, comme l'on parlait de ces affaires, M. le garde des sceaux a dit que bientôt l'on verrait quel pouvoir le roi avait en France. En ce cas-là on fera ressusciter le richerisme' en Sorbonne, et on rognera les ailes au prétendu pouvoir du pape en France; ce qui est fort raisonnable, car il y en a trop : alors on verra ce que feront les jésuites et les autres âmes moutonnières de moines, qui sont tous créatures papelines. Que ce serait un beau déblai si l'on mettait tous ces moineaux dans des bateaux avec autant de moinesses, et qu'on les envoyât cultiver le Purgatoire dans les îles de l'Amérique, ou à la Mozambique, où les habitants de ces lieux n'ont point encore vu d'oiseaux de tel plumage! Ce serait là le vrai moyen de décharger la France de tant de bouches inutiles et de tant d'hommes oiseux, dont le nombre ici est innombrable.
M. Gassendi a été enterré ce matin en belle compagnie dans Saint-Nicolas des Champs. Les obsèques ont été honorées de la présence de quantité d'honnêtes gens, et entre autres de plusieurs savants, outre quelques conseillers au Parlement. M. S. Sorbière y était entre autres à qui j'ai parlé; MM. Dupuy, Ménage, Quillet, Chapelain, La Mothe Le Vayer, de Valois, Padet, l'abbé Bourdelot.
A Ch. Spox. 2 novembre 1653. — Le Mazarin a fait une belle lettre au pape, sur le dessein qu'il a de voir la paix dans l'Europe : elle sera imprimée. Elle est de trois ou quatre feuilles : il y déclare qu'il ne désire rien
1. Edm. Richer, syndic de la faculté de théologie de Paris (1360-163 1), auteur de De ecclesiasticd et politicd potestate.
tant que cela. Il y a ici deux hommes nommes pour députés qui iront à ce grand traité de la paix, savoir, MM. le chancelier de Servien et le surintendant des finances, qui sont deux hommes des plus riches du royaume. Le pape s'offre lui-même de se rendre au lieu dont les deux rois auront accordé. On parle de Bologne, de Gènes ou de Marseille. A cela près du lieu je voudrais que la paix fût faite.
Le cardinal Mazarin est fort pâle et défait : il se plaint d'avoir souvent la goutte, cela l'oblige de se purger comme il fait, car il hait la saignée.
L'assemblée du clergé est commencée. M. l'archevêque de Narbonne y préside. Le roi leur a fait dire qu'il ne leur permet leur assemblée que pour quatre mois qui est le terme ordinaire, et qu'il ne veut point leur en accorder davantage. C'est qu'ils l'ont fait quelquefois durer un an entier, aux dépens du petit clergé, des pauvres prêtres et curés de village.
Les Espagnols ont assiégé Condé; le maréchal de Turenne en a été repoussé. Le Mazarin part samedi prochain pour aller à la Fère, qui emmène le roi quand et soi. On parle de le marier avec la Mancini et que la reine commence à y consentir.
A Cii. Spon. 1G novembre 1655. — On dit ici que l'assemblée du clergé, qui est commencée, ne prend pas le train de complaire fort au roi ni de donner si grande somme d'argent qu'on leur demande, savoir, cinq millions, à cause de quoi l'on a parlé de les envoyer hors d'ici, à Bourges ou à Melun. Ce dernier serait plus supportable, d'autant qu'on y peut aller par bateau, qui serait une belle commodité pour les dames qui suivent cette petite armée de prélats. M. Tévèque de Coutances, qui y était un des députés de Normandie, s'en est allé vers le roi pour se plaindre de ce que les autres évèques ne l'ont point voulu recevoir dans l'assemblée, prétendant qu'il est irrégulier pour avoir ici conféré les ordres
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de prêtrise dans Notre-Dame, sur l'ordre de Mazarin, sans la permission de l'ordinaire qui est notre archevêque le cardinal de Retz. Même le nonce du pape lui a fait signifier cette irrégularité, et tous ces divers empêchements et oppositions empêchent les progrès de cette assemblée, de laquelle on ne demande que de l'argent.
Le roi est encore à Compiègne, où le cardinal a la goutte. Le prince de Condé a désisté de l'entreprise qu'il avait faite d'assiéger le Quesnoy, et a envoyé une partie de ses troupes prendre leur quartier d'hiver dans le pays de Liège; il avait dessein de surprendre M. de Turenne, que Ton dit qu'il eût réussi; mais il a été découvert par un trompette du prince de Condé, qui se détacha finement et vint en diligence en avertir ledit M. de Turenne, duquel il a obtenu récompense pour son droit d'avis.
Aujourd'hui la reine a envoyé quérir MM. les deux surintendants des finances, de Servien et Fouquet, et leur a dit que la paix d'Angleterre était faite et signée avec nous, laquelle nouvelle a aussitôt été répandue dans toute la ville. C'est-à-dire nouvelle besogne, nouvelles entreprises et nouvelle guerre. Je ne sais quelle mine fera le pape là-dessus; ce Jupiter Capitolin laiicerat-il ses foudres contre noire cardinal? J'en doute; c'est une marchandise éventée, laquelle n'est plus de saison; à peine ferait-elle peur aux bigots, les enfants eux-mêmes n'y croient pas, si ce n'est ceux qui ne payent pas encore aux bains K Quoi qu'il en arrive, voilà toute lEurope en armes. Cette guerre fournira de la matière aux curieux de nouvelles, aux gazetiers et aux historiens. Le roi a fait arrêter prisonnière M"' de Chatillon, veuve de celui qui fut tué à Charenton; elle est dans la Bastille. M. de Hocquincourt s'est enfermé dans sa ville de Péronne, et Mazarin en veut avoir le gouvernement, et lui ne le veut point rendre, si on ne