LETTRE DU VICE-ROI D'ALGER, — NOV
soixante-dix chacun, et dudit Chegalle, beaucoup pris sous la bannière de Malte. Ces trois personiies ont cinq galères à eux, et les plus riches de biens, crédit et alliance de la ville; lesquels pourraient faire naître beaucoup de difficultés : est vrai que toutes ces raisons tiennent de la vérité, qui mérite que vous y fassiez quelque considération. Ce faisant, j'estime ils seront toujours prêts à recevoir toutes conditions honnêtes , et le reste sera facile à vaincre. Le sieur bâcha, nonobstant qu'il ait en sa main la pix , il est homme de si peu de vertu et autorité parmi eux qu'à grand'chose ne peut-il servir; et depuis la partance de celui qui était ici à votre voyage passé, le divan s'est formé en divers partis, et c'est la cause qu'avec beaucoup de difficulté se peut lier l'affaire. Us se montrent difficiles ne croyant eux avoir été les premiers agresseurs en le traité de paix , et sur cela se prononcent de raisons tant qu'ils peuvent. J'estime qu'il ne vous en manquera pas de meilleures que les siennes, au moins plus véritables, pour rembarrer lecnntrairepar son contraire. L'on m'a fort particulièrement demandé si les navires pourraient demeurer ici long-temps : j'ai répondu qu'ils y seraient tant qu'il plairait au chef, et quand ils manqueraient de provisions, ils en enverraient quérir, et d'autres navires , s'ils en ont de besoin ; et ne m'y ayant répondu, je crois qu'ils n'y voient pas leur compte : ne sachant si par là ils se voudraient servir de prolongation pour vous lasser. Voilà , monsieur, les principaux propos qui ont été tenus ici sur votre venue; au demeurant, je n'entends pas que vous receviez ce que dessus, sinon par forme de particularités , aussi est-ce à la vérité ce qui s'est passé depuis huit jours, pendant lesquels j'ai pratiqué beaucoup d'amis. Croyez que j'emploierai toujours ce qui sera de mes forces pour le service de sa majesté , comme y étant obligé. S'ils demandent des otages, et que vous vouliez vous débarquer, ils ne devront faire de difficultés d'en donner, auquel cas je vous écrirai toujours ce que je pourrai apprendre. Je vous baise les mains de tout mon cœur, et prie Dieu vous donner le comble de vos désirs.
Votre, etc.
Jacqces Masset.
D'Alger, le vj novembre 16Î7
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