LETTRE ÉCRITE D'ALGER
A M. L'ARCHEVEQUE DE BORDEAUX-
MoNSEIGNBUR,
Votre illustre grandeur apprendra par cette missive comme je vous ai écrit par trois diverses Ibis, où je n'ai réponse qu'elles soient venues entre vos ruaius. Vrai est que celui à qui j'ai adressé le dernier paquet, qui est le sieur Thomas Richard, marchand à Marseille, m'a fait réponse, me disant l'avoir consigné entre les mains de M- de Burgues, et qu'il lui a douué ordre le vous rendre avec toute diligence; qui me donne à croire que l'aurez reçue et aurez fait tenir l'incluse jointe à la vôtre à son adresse. Se présentant l'occasion, ne l'ai voulu laisser perdre, pour vous faire savoir la bonne volonté que j'ai au service de mon roi et de ma pitrie , vous disant (pie ce mois de mai doivent partir les galères de cette ville, exprès pour aller ravager Senary en Provence. L'espie est un qui s'est renié du même lieu. Je vous supplie très-humblement vous servir de l'avis , et me pardonner si ne trouvez ma signatare. Mais je vous supplie très-humblement croire que vous suis et vous serai jusqu'au tombeau ,
Monseigneur, votre très-humble et plus obéissant serviteur.
D'Alj-ei, le n janvier i638.
Votre grandeur apprendra que depuis la partance du sieur de Manty,
LETTRE ÉCRITE D'ALGER. — JANVIER 1638. 411 les galères de cette ville sont allées mettre le feu au bastion de France et ont apporte tout son bagage et trois cent dix-sept personnes, lesquelles partie ont été vendues, les autres réparties aux galères, non autre. La charité des pauvres Français vous soit en recommandation , car tous les jours il s'en renie.
M. le chevalier du Part-Martel instruit H. de Bordeaux de la pénible position des chrétiens en Alger.