‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 125 sur 226 · LETTRE DE M. LE CHEVALIER DU PARC-MARTEL · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. LE CHEVALIER DU PARC-MARTEL

A M. L ARCHEVEQl E DE BORDEAUX.

Mo.NSElG.VELK ,

C'est aujourd'hui que nous reconnaissons des eflets de votre charité envers nous autres pauvres esclaves. Pour mon particulier, en rendant grâce à Dieu de la sainte inspiration qu'il vous a donnée d'avoir cousidéré la misère que souffrent ces pauvres chrétiens en cette maudite ville, je n'oublie pas de tout mon cœur à l'invoquer pour qu'il vous donne autant de prospérité comme en méritez, et bonne et heureuse vie, tant pour l'utilité des affaires de notre hon roi , que celle de la chrétienté, et pour châtier un jour cette canaille , qui sont remplis d'insolence jusqu'à un dernier point, qu'ils ont affligé une partie de toute la chrétienté , tant l'année passée que cette année, jusqu'à avoir pris plus de mille âmes en deux descentes qu'ils ont faites avec leurs galères l'été passé, tint en Italie qu'en Espagne, sans comprendre ce qu'ils ont fait avec leurs navires, qui est une très-grande pitié de voirie nombre des pauvres marchands qu'ils ont pris de toute sorte de nations, et principalement d'Anglais. Je proteste qu'ils en ont pris plus de vingt, tant grands que petits, dont il s'en est trouvé pour la plup-irt fort riches, a\ec grande quantité d'hommes. Ils n'ont pas épiai gué l'Espagnol plus que les autres nations, pouvant assurer qu'ils ont pris que mis à fond dix navires des Indes, riches tout ce qui se pouvait ; h's Flamands n'ont pas été exempts non plus que les autres ; les Allemands et Ham-

bourgeois s'y sont trouvés pareillement; si bien, monseigneur, que, pour dire avec vérité, il ne se peut nombrer le bien qui est venu en cette ville depuis trois mois. 11 faut que j'avoue que Dieu voulut bien châtier les chrétiens lorsque M. de Manty reçut ce coup de vent qui lui fit séparer sa (lotte, d'autant qu'il venait à un temps où tous les navires étaient dans le port, et ne pouvaient éviter d'être tous brûlés, étant chose très-facile, et même les galions qui avaient empêché qu'ils n'eussent fait ce ravage, et même, en ces extrémités, dans peu de temps, à donner toute sorte de contentement, vu qu'ils n'avaient pas du blé pour un mois. Encore avec cette disgrâce de navire , lorsque M., de Manty parut dans la rade, ils prirent telle épouvante que cela leur fit prendre résolution de donner toute sorte de contentement; et en eflet l'auraient fait, si ce n'eût été un perfide et déloyal qui porte l'habit de chrétien , mais son âme est tout-à-fait turque , appelé Saut, qui est celui qui faisait les affaires des bastions , qui s'opposa méchamment par des brigues et des sollicitations couvertes envers ceux qui gouvernent et ont autorité en ce lieu, si bien qu'il leur persuada , et par présents qu'il fit, que l'on ne devait leur donner d'otages pour M. Sanson. Si j'osais vous (aire une supplication très-humble, monseigneur, ce serait que lorsque les vaisseaux viendront de par delà , de donner ordre que la première chose que l'on demande à ceux d'Alger, ce soit Saut, pour qu'il aille se justifier devant vous; je sais que l'on l'obtiendra , et cela empêchera qu'il ne fera plus de brigues contre les dessein:, du roi; et, ce faisant, tous les chrétiens vous feront voir que mes accusations sont véritables , comme je suis avec vérité ,

Monseigneur, etc., etc.

Le chevalier du Parc-Martel.

AOUT 4638. 413 Cette lettre de M. Lequeux est relative aux affaires des Barbaresques de Tunis et d'Alger.

LETTRE DE M. LEQUEUX a. m. db sourd1s.

Monseigneur ,

En exécution du commandement que je reçus, il y a quatre mois, de la part de votif excellence, de faire ce que je pourrais pour disposer Amurat, roi de Tunis , à quelque bon traité de paix, j'ai fait tous mes efforts pour lier correspondance avec lui , et mis en liberté ses sujets pris en mer par les vaisseaux du roi. Depuis, j'ai été prié par messieurs de Marseille île vouloir m'era ployer pour faciliter auprès dudit Amurat le relaxementde deux polacres et quelques Provençaux pris par les corsaires dudit Tunis depuis l'hiver. Je l'ai fait, monseigneur, avec le fruit que votre excellence apprendra pr les lettres dudit Amurat et par celles du marchand envoyé pour le rachat desdites polacres et de leurs équipages, qui ont été renvoyés sans rançon. Ce sera maintenant à votre excellence de m'ordonner ce qu'elle voudra que j'écrive audit Amurat et que je fasse de ses sujets.

Une partie de ceux d'Alger , appréhendant d'être mis en galère , m'ont fait offrir dix mille livres de rançon , payables dans trois mois. S'ils pouvaient la payer plus tôt, je croirais que votre excellence approuverait que je les prisse au mot, quoiqu'ils soient pour payer six fois plus si la paix ne se fait; sinon j'estime que votre excellence trouvera bon que je les fasse délivrer à MM. des Roches et de Ternes pour en renforcer les galères de votre excellence et les porter audit Alger, en cas que uos vaisseaux y aillent , ou du moins pour épargner les dépenses qu'ils feraient a terre et les disposer d'autant mieux à leur rachat en cas que l'on ne fasse de traité avec ces barbares.

Nos vaisseaux sont aux lies d'Hy ères, attendant les galères et de nouveaux avis des ennemis, vers lesquels monseigneur le comte d'Harcourt a renvoyé M. de Lavoye, et depuis un autre gentilhomme, sur le rap-

port desquels mondit seigneur le comte formera une dernière résolution de ce qui se pourra tenter pour la gloire des armes du roi. Je prie Dieu qu'elle ait un succès agréable à votre excellence , et qu'un jour je M>is assez heureux pour lui pouvoir, par mes très-humbles services, témoigner combien fidèlement je suis,

Monseigneur ,

Votre très-humble, très-obéissant, très-obligé serviteur,

Oc Toiilou , le i «oôt i«38

Pendant les années i638 et 1639, on ne tenta rien sur Alger. O ne ftit qu'au commencement de l'année i64o que M. de Bordeaux reçut l'ordre d'ouvrir de nouvelles négociations. Le traité suivant devait être proposé par le sieur de Coquiel , au sujet de la démolition du bastion de France. M. le cardinal de Richelieu annota, ainsi qu'il suit, ce projet de traité présenté par M. Coquiel.

FAIT PAILLE SIEUH COQUIEL.

Que tonte» les personnes , de quelle L'article , pour ce qui concerne le basnation qu'elle* soient, qui avaient été prises tion , est fort bien ; mais pour ce qui est dans le bastion de France et tout les Fran- de* esclaves, il n'est nullement avanlaçais francs qui ont été pris sans combattre, geux, d'autant que le nombre de ceux qui étant à présent en celte ville , seront pré- n'ont point combaltu est réduit à trente lentement délivrés au sieur Coquiel ; de ou quarante coquins qu'ils donnent , et il même ceux qui sont A la mer ou ailleurs leur faut rendre force renégats et force dans la terre , étant de ceux dudit bas- officiers de leur divan , et retiennent pour tion ou francs , seront à leur arrivée , sans le moins douze ou quinze cents Français , aucune contradiction , remis entre les dont une partie est à la douane, et l'autre mains du consul ou viee-consul français partie , qui a pavé s;< rançon , ne sort parrésidant ici , et sortiront sans payer aucun ce qu'ils leur veulent faire payer encore m»

droit de port ni autres dépens aux officiers droit de port qui va jusqu'à 5o piastres du port. par tête ; de plu* , qu'il» n'ont pat voulu

rendre un équipage de l'armée de trente t , qui était allé , par ordre de de Monligny ,

semble qu'il faudrait le* obliger de rendre tout ce qui a été pria depuis le traité de

Que par contre , à l'arrivée de la nouvelle de cette capitulation en France , seront renvoyés en cette ville tous les Musulmans qui ont été pris en l'équipage de Bernonais-Regep , raïs du flibot et de la polacre pris par lea vaisseaux dji roi et la barque qui a été prise sous Bone.

Qu'il sera aussi délivré au sieur du Coquiel ledit bastion de France, Massacarés dit la Calle , cap de Roses , les échelles de Bone et du Cole . comme il a été du passé.

Ce

gins d'

Qu'à l'avenir, nos vaisseaux se mou- Cet article est contraire à la capitulation trant avec ceux de France , se donneront du grand-seigneur, par laquelle il est le .salut réciproque et nouvelles le» uns aux non seulement permis aux mi jets du roi autres s'ils en demandent , sans que per- de porter la robe' de» ennemis du grandsonne de no» navires puisse entrer dans seigneur, mais même il permet à ses cuceux de France , ni prendre aucun agrès . nemis de trafiquer sous la bannière de vivres ni marchandises , ni quoi que ce France, soit , ni leur rendre aucun déplaisir, ni battre aucun pour (aire confesser s'ils ont des marchandises appartenantes a nos ennemis , lesquels ils déclareront sans contrainte et les délivreront en leur payant les nolis.

Ne pourront aussi forcer les enfants ou autres à »e taire Turcs , et que eeox qui le ' f,a m.irchimlis».

Bon.

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